Tristesse Animal noir

Saint-Josse-Ten-Noode | Théâtre | Théâtre Le Public

Dates
Du 15 mars au 30 avril 2016
Horaires
Tableau des horaires
Le Public
rue Braemt, 64-70 1210 Saint-Josse-Ten-Noode
Contact
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contact@theatrelepublic.be
+32 80 09 44 44

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Tristesse Animal noir

Ça commence comme une série-télé. Trois couples pique-niquent autour d’un feu, dans une forêt où ils vont passer la nuit. Ils s’appellent Miranda, Paul, Martin, Jennifer, Oskar et Flynn. Ils sont amis. Ils ont entre 30 et 45 ans, mènent la vie confortable de citadins branchés. Ils boivent et les langues se délient. Derrière les platitudes échangées se font jour les inimitiés, les blessures mal refermées, les ambiguïtés. Soudain, un incendie éclate, dévastateur, et le sitcom vire au film catastrophe. Pour les survivants, plus rien ne sera jamais comme avant.

Il est incroyable, ce texte ! De la plus affreuse destruction, il fait naître une beauté inouïe. C’est une réelle traversée entre les flammes de la peur… du chaos à la naissance, du feu qui ravage à la lumière qui éclaire. Et avec une telle distribution de comédiens, c’est tout simplement puissant ! Incontournable !

Traduction française : Silvia Berutti - Ronelt en collaboration avec Jean-Claude Berutti
Assistanat à la mise en scène : Florence A.L.Klein
Scénographie et costumes : Renata Gorka
Lumière : Alain Collet
Vidéo et son : Sébastien Fernandez

UNE CRÉATION ET COPRODUCTION DE LA COMPAGNIE BELLE DE NUIT, DU THÉÂTRE LE PUBLIC ET DE L’ATELIER THÉÂTRE JEAN VILAR.

Distribution

De Anja Hilling. Mise en scène : Georges Lini. Avec Laurent Capelluto, Itsik Elbaz, Serge Demoulin, Julien Lemonnier, Nargis Benamor, France Bastoen, François Delvoye

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5 Messages

  • Tristesse Animal noir

    Le 18 avril 2016 à 14:24 par madnad

    Tout simplement génial. Nous avons adoré cette mise en scène d’un spectacvle très moderne qui ne manque certes pas de profondeur. Et si, comme moi, vous vous procurez le texte par la suite, vous vous demandere"z sans donte – comme moi ? – comment vous pourriez mettre en scène un texte qui ne mentionne pas le nom des personnages ... Jolie prouesse de Maître Lini. Cela veut dire aussi qu’à partir du même texte on pourrait avoir une toute autre lecture...
    Et ce qui ne gâche rien évidemment c’est que tous les comédiens sont excellents :-)

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  • Tristesse Animal noir

    Le 24 avril 2016 à 17:10 par cybemi

    Cette pièce m’a fait penser à un repas au restaurant, tous les ingrédients sont bons, les acteurs sont excellents, le sujet intéressant et interpellant, le texte est souvent bien écrit , on comprend parfaitement le propos de l’auteur, son message passe clairement y compris lors de la scène finale très originale ...et pourtant le plat est mauvais. On s’ennuie profondément parce que l’alternance des monologues qui constituent l’essentiel de la pièce empêche de rentrer dans l’histoire, ce sont juste des témoignages juxtaposés . La redondance des propos lasse rapidement même si chacun des personnages vit et réagit différemment à ce drame. Le drame ne doit pas générer l’ennui (sinon nous n’irions plus voir les classiques ). A mon avis, un ratage, un ratage magistral mais un ratage quand même.

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  • Tristesse animal noir

    Le 7 octobre 2016 à 23:34 par mike_bel

    une vraie claque artistique, une mise en scène tantôt simple, tantôt recherchée, tantôt très artistique.

    Le texte est prenant, les deux heures de pièce défilent à toute allure.

    Le jeu des acteurs est très juste, allant parfois loin dans l’émotion.

    On en ressort pas indemne et c’est là qu’on se dit qu’on a subit une vraie bonne pièce, bien écrite, bien jouée.... Bref aller voir cet ovni, c’est succulent !

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  • Tristesse animal noir

    Le 10 octobre 2016 à 14:58 par laurent232

    Une pièce intéressante portée part de bons acteurs mais malheureusement j’estime personnellement que la deuxième partie relative à l’incendie est trop longue et l’attention du spectateur faiblit.
    Par contre le descriptif du picnic en première partie et le retour à la vie après l’incendie en troisième partie sont très justes

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  • Tristesse animal noir

    Le 14 octobre 2016 à 13:05 par Béatrice

    Beaucoup trop de longueurs dans la description de l’incendie, l’effet produit pourrait être aussi fort en l’absence de nombreuses répétitions dans le propos. Les messages sont clairs et la mise en scène très créative, quelques questions demeurent cependant notamment pourquoi l’usage épisodique d’un micro...

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Lundi 25 avril 2016, par Jean Campion

Vivre après le chaos... Comment ?

"Tristesse animal noir". Ce titre énigmatique suggère une oeuvre sombre. Elle nous plonge effectivement dans l’horreur, mais n’est pas pessimiste. Confrontés à une nature incontrôlable, ses héros vivent une descente aux enfers. Mais ce feu qui les détruit les révèle à eux-mêmes. Pour Anja Hilling : "La tristesse n’est pas un effondrement, mais un sentiment réprimé pendant longtemps, après lequel quelque chose de bon peut advenir."

Soutenu par la musique de sa guitare, un narrateur décrit les personnages. Trois couples : Martin et Oskar (peintre), Paul (architecte) et Miranda, qui viennent d’avoir un bébé, Flynn (chanteur rock) et Jennifer. Sœur d’Oskar, celle-ci a été l’épouse de Paul. Elle travaille comme photographe, pour l’agence de mannequins dirigée par Martin, où Miranda a été modèle. Pour changer d’air, ces bobos ont importé dans la forêt "caisses de boisson, coca, eau, vin, une bouteille de Cognac, papier alu, vaisselle en carton, etc." De quoi faire un confortable pique-nique. Ambiance détendue, malgré certaines répliques cyniques ou amères. Chacun est soucieux de sa petite personne. Si Miranda n’a pas allaité Gloria, c’est pour garder des seins intacts. Indispensables à sa carrière. Ces quadras branchés discutent de look, de sexe et d’art, avant de s’offrir une nuit à la belle étoile. Depuis trente-quatre jours, la forêt attend la pluie. Son sol assoiffé est une proie idéale pour une flamme sournoise.

Au cœur de la fournaise, le groupe vole en éclats. Miranda se rue vers le minibus, pour sauver Gloria. Fascinée par le petit corps carbonisé, elle souligne la brutalité de l’incendie par des détails macabres. Martin et Flynn se retrouvent liés l’un à l’autre, buvant, comme de petits animaux, l’eau d’un ruisselet. Affolé par l’absence de sa femme, Paul aide Oskar, blessé au bras, à arracher sa sœur aux flammes. On retrouvera le trio moribond, complètement déshydraté. Vingt-huit heures d’effroi ! Le cauchemar ne lâche pas les rescapés. Chacun, à sa manière, assume les conséquences de la catastrophe. L’épreuve les a guéris de leur superficialité, pas de leur égoïsme.

La pièce se compose de trois parties que l’auteure oppose par des changements de style radicaux. Dans "La Fête", le narrateur exalte la beauté de la nature et dénonce le consumérisme. Enfants gâtés de la ville, les personnages illustrent ses propos. Ces protagonistes deviennent des témoins, pour nous sidérer par le récit tragique du "Feu". De la poésie noire qui nous confronte à nos terreurs. Par son écriture précise, exigeante, Anja Hilling nous fait ressentir la puissance destructrice de la nature. Retour à un théâtre plus conventionnel dans "La Ville". Des dialogues entre des survivants meurtris reflètent leur solitude. Ce troisième acte souligne aussi la gêne provoquée par le malheur et le rôle libérateur de l’art. Jennifer photographie des animaux morts et Oskar transcende l’horreur dans une exposition "coup de poing".

La mise en scène de Georges Lini confirme le rejet de tout sentimentalisme. Sur un écran, on voit défiler les titres des actes, les étapes de l’incendie et la succession des sensations, de la désorientation à la soif. Cette pièce âpre offre deux moments de détente : la présentation ironique des bobos et une vidéo narquoise sur l’insensibilité aux drames vécus par les autres. Par leur sobriété, parfois même leur détachement, les comédiens rendent fascinantes les descriptions cliniques d’Anja Hilling. Pas d’effets lumineux ni sonores pour représenter l’incendie. Ce sont ses conséquences qui intéressent la scénographe Renata Gorka. En fond de scène, un mur blanc, lisse, contre lequel les comédiens se cognent. Rageusement. Ils s’épuisent dans une course sans fin. Souillé par la suie, le mur reste infranchissable.

"Tristesse animal noir" est une pièce intelligente et audacieuse. Dommage que le récit du combat contre la nature soit trop long. Par son ampleur et sa puissance, il fait de l’ombre à la troisième partie, plus terre à terre. Ce regret n’empêche pas d’apprécier la rigueur du spectacle et la complémentarité de sept acteurs talentueux.

Jean Campion

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