Ton joli-rouge gorge

Ixelles | Théâtre | Théâtre Varia

Dates
Du 16 janvier au 1er février 2020
Horaires
Tableau des horaires
Théâtre Varia
Rue du Sceptre, 78 1050 Ixelles
Contact
http://www.varia.be
reservation@varia.be
+32 2 640 35 50

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Ton joli-rouge gorge

La « Révolution des Couleurs » a eu lieu et la binarité des genres – rose pour les filles, bleu pour les garçons – a explosé en une myriade d’identités et de couleurs. Dans cette société de tolérance, de respect et d’égalité, où il y a dorénavant autant de genres que d’individus, quatre adolescent·e·s sont atteint·e·s d’un mal mystérieux et dégénératif. Accompagné·e·s de leur robot, iels s’enfoncent dans la forêt afin de s’y cacher.

Arrivé·e·s dans ce qui semble être un camping abandonné, iels vont tenter de vivre leurs vies d’adolescent·e·s et de préserver leurs relations bouleversées par la maladie. Mais le syndrome qui les touche semble s’aggraver, et iels ne sont pas seul·e·s dans ces bois…

Bien qu’il y ait de plus en plus de personnes qui affirment leur transidentité dans nos sociétés occidentales, le modèle traditionnel du genre binaire reste aussi dominant qu’il est obsolète. Comment secouer les esprits ?

C’est là tout l’objet de la recherche de Ludovic Barth et Mathylde Demarez, qui aiment inventer de nouveaux types de récit, raconter le monde autrement, chambouler la réalité. Parce que c’est le récit qui ordonne la réalité, qui cristallise nos représentations mentales, qui nous permet d’appréhender le monde, et que de ce fait, changer de récit, c’est potentiellement changer la réalité.

Sous la griffe de Clinic Orgasm Society, Ton joli rouge-gorge sonne comme une joyeuse farce tragico-rétro-futuriste qui, avec son humour noir, la gravité lyrique des adolescent·e·s, l’absurde et la science-fiction bricolée comme une uchronie des années ’80, nous fait plonger dans un bain à la fois familier et décoiffant.

Distribution

AVEC Gwen Berrou, Yoann Blanc, Adrien Desbons,Benoit Gob
LUMIÈRE Marc Lhommel
SON Antoine Delagoutte
CONCEPTION, ÉCRITURE, MISE EN SCÈNE Ludovic Barth, Mathylde Demarez

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13 Messages

  • Ton joli-rouge gorge

    Le 17 janvier à 14:27 par mimi5

    Les genres sont dans l’air du temps. Trans, multi, bi, inversé, tous se libèrent. C’est à une introspection de ce fait de société que s’adonne durant une heure et demi une troupe admirable de drôlerie et de justesse de jeu. Car cette pièce est drôle. Un bonheur.
    L’aventure nous entraîne bien au-delà, les genres se dévoilent avec subtilité, sensibilité ou violence. Comment se guérir de siècles de convenances, voire de ses pulsions ?
    Il y a beaucoup de bonnes raisons de voir ce spectacle. Le surréalisme de plusieurs scènes ajoute au plaisir. Je vous laisse découvrir le rôle de l’oiseau...

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  • Ton joli-rouge gorge

    Le 17 janvier à 22:13 par TOVABENE

    J’ai retrouvé peu de trace du projet décrit. C’est un assemblage hétéroclite. Des ados comme on en croise. Ils sont désœuvrés. Par contre le personnage du robot est très réussi et parfaitement interprèté. Je ai aussi aimé le rôle de l’oiseau. Ces deux personnages donnent un peu de corps à un spectacle peu convaincant.

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  • Ton joli-rouge gorge

    Le 19 janvier à 11:04 par Cocovin

    Un spectacle qui fait réfléchir sur les conventions que l’on nous inculque depuis notre plus jeune âge. Ces adolescents, tantôt par l’humour, tantôt par des propos forts, tantôt par la violence, nous font découvrir à leur manière la réalité des genres humains dans notre société.
    Cette pièce de théâtre qui nous bousculent, des personnes qui jouent admirablement bien, une ambiance interpellante et drôle, est une vraie réussite.

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  • Ton joli-rouge gorge

    Le 19 janvier à 13:32 par philippe neus mauvever

    Belle réussite que cette pièce drôle,forte, parfois un peu dérangeante,ça bouscule les conventions établies, c’est joué de façon à fois subtile ,gentile,ou féroce , les comédiens au top nous emportent dans leurs questionnements, les origines de ce genre de" contamination" qui les touche ,leurs transformations aussi ,c’est bien enlevé , et l’actrice légérement dénudée ne gâche rien au spectacle et traduit bien l’ air du temps qui tend à la liberté corporelle sur les planches grâce à ce genre de théâtre moderne ,osé ,mais plein d’avenir ,mais attention de ne pas verser dans la vulgarité ,ainsi le petit pipi d’une actrice sur scène me semblait superflu , cette petite remarque n’engage que moi, bien entendu ! Du tout bon théâtre ! Encore !
    Philippe NEUS (mauvever)

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  • Ton joli-rouge gorge

    Le 19 janvier à 21:17 par elion

    C’est virevoltant, maîtrisé, chaotique, tant réfléchi tant qu’absurde, loufoque mais sensible, chamarré et chavirant, subtilement cra-dingue... l’adolescence dans tous ses états, drôlement bien portée par des comédiens fort jouettes et plein de trouvailles scéniques... l’ensemble, même s’il m’a paru sonné un peu creux, est plaisamment drôle (avec mention spéciale à Yohan Blanc et son humour irrésistible), et au final, on passe un chouette moment, ce qui est déjà ça de pris par les temps qui courent - ;)

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  • Ton joli-rouge gorge

    Le 20 janvier à 10:33 par HannaTannaH

    5+2 comédien.ne.s tout en couleurs, d’une nuance à l’autre le poly.multi.genre est en marche, en danse...
    Ambiance ’Blair Witch’, notes discos, ’drôle’ de robot, ... fresque magistralement assumée par des comédien.ne.s libéré.e.s et unifié.e.s. occupant toute la scène sublimement rythmée en sons & lumières. L’humour juste comme il faut, l’art de la répétition sans tourner en disque rayé, de la provocation toute en retenue comme un air de retro punk, et pour fil rouge une voix enfantine grave et douce à la fois.
    Un sujet x.y enfin déployé de ses ailes sans plonger dans le patos de la castration des genres.

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  • Ton joli-rouge gorge

    Le 20 janvier à 22:46 par cocovin

    Un spectacle qui fait réfléchir sur les conventions que l’on nous inculque depuis notre plus jeune âge. Ces adolescents, tantôt par l’humour, tantôt par des propos forts, tantôt par la violence, nous font découvrir à leur manière la réalité des genres humains dans notre société. 
    Cette pièce de théâtre qui nous bousculent, des personnes qui jouent admirablement bien, une ambiance interpellante et drôle, est une vraie réussite

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  • Ton joli-rouge gorge

    Le 30 janvier à 09:41 par Jean Barth

    Difficile satyre de notre société décadente
    Atmosphère étrange,dérangeante , angoissante...être libre veut-il dire faire n’importe quoi ?
    Attention à la peste brune grandissante.
    Ceci est le ressentiment,sans parti -pris, d’un vieux couple de mammifères omnivores hétéros,athées,désenchantés mais toujours en vie et @ l’écoute.

    Excellent travail, vous arrivez à titiller nos consciences formatées. A voir absolument !

    Tout petit bémol concernant le son car le moindre murmure doit être entendu pour amplifier le mystère.
    A la prochaine

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  • Ton joli-rouge gorge

    Le 7 février à 19:03 par mlgnor

    Pièce au cadre intéressant, mais finalement assez peu exploité ; on a parfois du mal à les suivre, la pièce n’avance pas vraiment, et ne cherche pas la subtilité. On notera cependant la belle performance des comédiens !

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  • Ton joli rouge-gorge au Théâtre de Namur

    Le 2 mars à 15:36 par Lisa

    J’ai adoré cette pièce du début à la fin ! La mise en scène était géniale, les comédiens extra. Abordant la question des genres, de l’homosexualité,.. tout cela dans un cadre bienveillant et drôle. Beaucoup de remises en question, de réflexions suite à cette pièce. Je recommande à 100 pourcents ! 🙂

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Dimanche 19 janvier 2020, par Laure Primerano

Rose + Bleu = ?

Jouer au foot, à la poupée, construire des robots ou faire de la pâtisserie. Et si ces activités n’étaient plus classées selon une hiérarchie homme/femme ? Et si la société entière s’affranchissait de la notion de genre ? C’est l’expérience que se propose de réaliser, le temps d’une soirée, la nouvelle création de Clinic Orgasm Society.

Quatorze ans après « J’ai gravé le nom de ma grenouille dans ton foie », Clinic Orgasm Society revient sur les planches du théâtre Varia avec un spectacle interrogeant la notion de genre. En s’éloignant d’une simple critique de la binarité, la compagnie choisit cette fois d’explorer le thème plus ardu de l’absence de genre. « Ton joli rouge-gorge » prend place dans un univers fictionnel où toute notion de genre a été abolie, après ce que le narrateur appelle, dans un langage très imagé, « la révolution des couleurs ». Dans cet univers où les pronoms genrés ont fait place aux pronoms neutres « iel/iels » et où l’écriture inclusive est devenue monnaie courante, quatre adolescents font figures de parias. Tous sont atteints d’un mal incurable et dégénératif qui, au travers de violentes crises, les pousse à éructer propos sexistes sur propos sexistes. Sentant le mal les ronger et profitant du repos que leur laissent de plus en plus courtes périodes de lucidité, les quatre adolescents, accompagnés d’un robot, se décident à trouver refuge dans un camping abandonné. Cruellement conscients du danger qu’ils représentent pour la société, les protagonistes de « ton joli rouge-gorge » se préparent à finir leurs jours dans cet endroit reculé, alors que la maladie continue sa lente mais inexorable progression…

Spectacle immensément drôle, « Ton joli rouge-gorge » est truffé de références à la pop culture allant du film d’horreur à la science-fiction en passant par le film pour adolescents. En posant ses repères dans un environnement socio-culturel familier, la pièce permet à ses spectateurs d’emboiter sans peine le pas à la narration. Ancrant ses personnages principaux dans les tumultes de l’adolescence, dans tout ce qu’elle a de gauche et de maladroit, « Ton joli rouge-gorge » pose, sous couvert de l’humour, les vraies questions. Sous le coup d’émotions intenses, les quatre protagonistes explorent leurs relations avec les autres comme avec eux-mêmes, dans une atmosphère à la fois tendre et drôle. Dans un univers où les rapports de genre ont été abolis, « Ton joli rouge-gorge » interroge la manière dont l’absence de relations de pouvoir ou, au contraire, leur résurgence à travers le mal qui ronge ses protagonistes, influence les rapports humains ainsi que les aspirations personnelles de chacun.

Dans « Ton joli rouge-gorge », les questionnements se mêlent à une narration où s’enchevêtrent différentes voix plus ou moins mystérieuses. En éparpillant des énigmes dont les réponses ne seront révélées qu’au compte-goutte, le spectacle met en place un suspense « à l’Américaine » qui ne manque pas de tenir le spectateur en haleine. En utilisant des procédés narratifs proche du cinéma, Clinic Orgasm Society réinscrit son spectacle dans une réalité, si pas contemporaine, du moins toute proche. Alors que les débats sur l’écriture inclusive vont bon train depuis plusieurs mois et à l’heure où de nouveaux scandales sexistes éclatent chaque jour, le rétrofuturisme de « Ton joli rouge-gorge » rentre en résonnance avec notre époque en nous interrogeant sur la place et la nécessité du genre dans notre société.

Avec « ton joli rouge-gorge », Clinic Orgasm Society nous prouve qu’un spectacle peut faire rire et réfléchir à la fois. En supprimant le genre de son univers, il souligne la manière dont les stéréotypes de genre sous-tendent notre vie et notre langage au quotidien. Courrez-y tout · e · s !

Théâtre Varia


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