Rien à signaler (Getting attention) de Martin Crimp

Théâtre | Théâtre de Poche

Dates
Du 16 avril au 11 mai 2013
Horaires
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+32 2 649 17 27

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Rien à signaler (Getting attention) de Martin Crimp

Traduction de Séverine Magois Mise en scéne Georges Lini assistanat à la mise enscène Nargis Benamor avec Allan Bertin, Denis Carpentier ,Toni d’Antonio, Benoît Janssens, Valérie Lemaître, Bernadette Mouzon, Jacqueline Nicolas.

Scénographie Olivier Wiame, Lumières Alain Collet, Création sonore Sébastien Fernandez, Costumes Thibaut De Coster et Charly Kleinermann
Rien à signaler se penche avec pudeur sur le sort d’une enfant martyrisée, silencieuse et prostrée. Au-delà de ce thème, Martin Crimp dénonce avec un humour teinté de cruauté et un suspense insoutenable l’apathie sociale, la dislocation des liens entre les gens, à l’heure des réseaux sociaux virtuels. A travers ce climat étrange où le spectateur est tenu en haleine, il interroge notre humanité, notre passivité face aux tragédies qui se jouent sous nos yeux.
Du mardi au samedi à 20h30 8,11,13,16€
Réservation : 02/649.17.27 - reservation@poche.be
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28 Messages

  • Rien à signaler (Getting attention) de Martin Crimp

    Le 16 avril 2013 à 03:07 par loulou

    Du théâtre social ;entre humour (noir) et cruauté une peinture de la violence contemporaine mais ici nous ne verrons jamais l’inmontrable.
    Jeu excellent des trois actrices que j’ai trouvé très juste ;quant au personnage de NIck était-il vraiment nécessaire de "hurler" ?
    Comme pour le film "28 témoins" et le livre "Est-ce ainsi que les femmes meurent" la question reste posée:et nous qu’aurions-nous fait ?
    La réponse risque d’être complexe.

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  • Rien à signaler (Getting attention) de Martin Crimp

    Le 16 avril 2013 à 06:34 par CORNELIS

    La pièce traite de sujets graves et bien réels : la maltraitance d’enfants, la violence, la non-assistance, l’indifférence, la lâcheté....
    Les textes provoquent, choquent, secouent, dérangent. Je me suis sentie mal-à-l’aise, bouleversée tant et si bien qu’à la fin du spectacle j’en ai presque oublié d’applaudir.
    Bonne mise en scène et très bons acteurs. A voir.

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  • Rien à signaler (Getting attention) de Martin Crimp

    Le 18 avril 2013 à 09:54 par mzoe

    On y aborde le drame de la société actuelle qui enferme l’humain dans son petit confort douillet .La frontière entre la délation et la non assistance à personne en danger est parfois minime que certains ne ne bougent pas même si ils voient ou bougent qd c’est trop tard . Un sujet qui nous bouscule aux tripes ...

    Malheureusement le jeu des acteurs est inégal . Certains sont très juste dans leur rôle et d’autres sont ne pas trop convaincants . Pourquoi hurler ??? Pourquoi donner l’impression que cela n’arrive que dans certains milieux ?

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  • Rien à signaler (Getting attention) de Martin Crimp

    Le 18 avril 2013 à 12:57 par anasilva

    comme indiqué dans la description de cette pièce de théâtre,
    il s’agit bien d’un "drame invisible" mais en fait très ’audible’. Je
    crois que c’est vraiment une très bonne pièce, qui nous fait réfléchir
    sur les relations interpersonnelles dans notre société contemporaine et sûr nos valeurs, nos drames personnels et notre rôle dans la vie de ceux qui vivent autour de nous.

    Des
    excellents acteurs et une mise en scène avec des détails très
    intéressants. J’ai spécialement aimé les moments où il y avait des dialogues ou
    des actions simultanées dans les deux étages, ce qui nous oblige à
    rester vraiment concentrés pour suivre toute l’action.

    Je le recommande vivement !

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  • Rien à signaler (Getting attention) de Martin Crimp

    Le 19 avril 2013 à 10:58 par Letellie

    Trop de cris !! Un grand mal de tête en sortant, ce n’était pas necessaire, j’adore le Poche, mais c’est inégal parfois, je n’ai pa strop aimé, le sujet est lourd bien sûr mais l’espace temps est assez mal réparti, les acteurs se donnent et méritent des applaudissements mais l’impression générale est très moyenne..Dommage..

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  • Rien à signaler (Getting attention) de Martin Crimp

    Le 19 avril 2013 à 12:08 par NoVdH

    Texte et jeu d’acteur assez inégal, tantôt très juste et tantôt plutôt faux. Mise en scène et scénographie très intéressantes par contre !
    Le sujet est "lourd", évidemment, mais beaucoup abordé par sous-entendus... peut-être un peu trop. Ce qui ne suscite pas une vraie "prise de conscience" finale par manque de transparence, ou du moins de conclusion finale.
    Une appréciation globale plutôt positive, sans enthousiasme débordant.

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  • Rien à signaler (Getting attention) de Martin Crimp

    Le 20 avril 2013 à 11:14 par Pattrick

    Trois appartements, 2 à l’étage et un avec jardin au rez. Une femme genre qui voit tout, un gars un peu paumé et un jeune couple. Histoire banale du quotidient, du non dit, du "je ne savais pas".

    La mise en scène est efficace, passant d’un étage ààl’autre, d’une idée à l’autre. et surtout, les dialogues de fin qui raconte le drame.

    l’histoire est lourde, j’en ai eu des frissons. rien n’est montré et très peu est raconté. mais on arrive petit à petit au drame, suivant, impuissant, la bêtise du jeune couple. de l’ivresse et de la maltraitance.

    un très bon spectacle qui peu faire réfléchir. et si on parlait un peu plus, et si on s’entre-aidait.

    bien joué, on est dans l’action avec eux.

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  • Rien à signaler (Getting attention) de Martin Crimp

    Le 21 avril 2013 à 05:01 par eruwet

    De très très bons acteurs avec un jeu extrêment réaliste et une mise en scène dynamique qui ne fait que renforcer ce sentiment d’assister à la vie de tous le jours de voisins de palier... On ressent la même impuissance qu’on du ressentir les personnages de l’histoire ce qui nous poigne encore plus et donne à réfléchir... Le drame se déroule devant nos yeux mais tout en non-dits et finesse. A voir !

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  • Rien à signaler (Getting attention) de Martin Crimp

    Le 21 avril 2013 à 05:17 par pierreha

    Pour peu, il n’y aurait rien à dire ou redire au sujet de cette pièce.

    "Rien à signaler", en effet : beau texte, bien joué, bien mis en scène.

    Et pourquoi donc ce spectacle n’emporte t-il pas l’enthousiasme ?

    Est-ce le texte un peu daté ? Cette impression de déjà vu ? Le jeu trop appuyé de certains comédiens ? Un peu de tout cela.

    C’est du théâtre engagé avec ce que cela suppose de moralisateur. Et on se dit que le propos est en fin de compte déforcé par une approche frontale, qui manque de demi-teinte(s). Et si ce n’était pas un sujet pour le théâtre ?

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  • Rien à signaler (Getting attention) de Martin Crimp

    Le 24 avril 2013 à 07:15 par manasca

    Suis sorti très mitigé de ce spectacle, avec un goût terrible de déjà vu... rien de nouveau, rien de surprenant, tant dans le décor, le jeu, les images... par contre j’ai adoré l’idée de monter cette pièce, c’est un beau défi qui met le spectateur face à lui-même et ses propres responsabilités, je suis sûr que cela a dérangé certains. Malgré cela, le manque de personnalité générale dans l’abord de ce texte m’a terriblement ennuyé...

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  • Rien à signaler (Getting attention) de Martin Crimp

    Le 25 avril 2013 à 10:34 par deashelle

    au vu de ces tièdes avis, la révolte monte en moi !... Déjà-vu ? Une assistante sociale très bien campée par Bernadette Mouzondans son costume cool est la seule personne qui pourrait dire STOP ! Elle essaie bien de s’affilier au couple meurtrier lors de ses timides visites, mais elle n’arrive jamais à établir la confiance et n’arrivera pas à rencontrer l’enfant encore vivant. Comment peut-elle croire qu’une enfant de 4 ans s’enferme à clef ? Elle aussi semble être isolée ou aveugle et incapable de poursuivre plus avant ses pauvres recherches. Tout comme certains policiers qui passent juste à côté d’une cave où seraient retenus des enfants prisonniers.
     
    L’intensité du jeu des acteurs est absolument poignante dans cette mise en scène de George Lini. La justesse de ton est au rendez-vous et la traduction ne fait pas souffrir le texte. La fiction théâtrale se mue progressivement en choc avec une réalité sociale pas bonne à voir. Le couple immature, la vielle voisine, le voisin solitaire, l’assistante sociale jouent tous à merveille, tant sans doute, l’équipe théâtrale est unie et imprégnée par son sujet. Il faut dire que la structure de la pièce deMartin Crimp est redoutablement intelligente, puisque jamais l’enfant ne paraît. Georges Linitire fort adroitement parti du texte pour user de regards, de silences, de lourds sous-entendus, d’explosions verbales, de non-dits afin de permettre au spectateur bouleversé de former dans son esprit les images de l’horreur. Tout se déroule avec le sordide fatalisme des films de Ken Loach. L’étude extrêmement lucide de la situation est sans appel. Une situation qui par ailleurs est totalement banale aux dire des pédopsychiatres, la place de l’enfant dans notre société pose réellement encore question. Que couvrent involontairement médecins, famille, écoles, voisins et au nom de quoi ? Le message est banal lui aussi, mais urgent : il faut à tout prix rompre l’isolement, oser prendre le parti de l’enfant, alerter les services d’accompagnement (plutôt que la justice) pour donner une chance au lien parent-enfant de pouvoir se reconstituer.

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  • Rien à signaler (Getting attention) de Martin Crimp

    Le 26 avril 2013 à 11:40 par Lou Salome

    A voir de toute urgence. Magnifiques comédiens qui osent prendre ce texte à bras le corps, qui osent l’inouie violence larvée des personnages, ... On se dit que non, non, ça n’ira pas "jusque là", et puis,si, l’horreur vous prend à la gorge, si, cela existe, cela est possible ! Comme ça. Bêtement. Magnifiques comédiens de tous âges, superbement dirigés, belle équipe qui se tient pour assumer ce texte de Crimp, fort, engagé, terrible.

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  • Rien à signaler (Getting attention) de Martin Crimp

    Le 26 avril 2013 à 12:20 par thoto

    Le texte est très fort et j’ai bien aimé certains acteurs, mais dans l’ensemble c’était pas à la hauteur du texte, j’ai trouvé les choix de mise en scène un peu faciles... peut-être suis-je tombé sur un mauvais jour ? félicitations tout de même pour le travail de cette pièce qui donne matière à réflexion.

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  • Rien à signaler (Getting attention) de Martin Crimp

    Le 27 avril 2013 à 01:21 par begon

    Un jeu d’acteurs magnifique. Spectacle qui ne peut laisser indifférent sur la réalité de la société en général. (peur de tout, de voir, d’entendre, de dire, de dénoncer jusqu’à laisser s’immiscer le drame le plus abominable). Ici les enfants qui sont victimes, mais n’oublions pas les personnes agées isolées à la merci parfois de ceux qui sont sensés s’en occuper dans des institutions. Ici une assistante sociale qui garde les yeux fermés pour ne pas entrer au coeur du conflit, ne serait-ce pas non-assistance à personne en danger ? Cette chaîne de responsabilité qui garde les yeux fermés ne s’arrête pas là malheureusement. Oui, oui la maltraitance existe ! 

    Sujet très bien traîté. On sort perturbé par ces versions des témoins qui ont des visions différentes de la situation ! Quel travail d’enquête !

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  • Rien à signaler (Getting attention) de Martin Crimp

    Le 30 avril 2013 à 11:49 par hello1

    Comme à son habitude et fidèle à sa philosophie, le choix du Théâtre de Poche s’est porté sur un thème ne laissant pas indifférent et pouvant prêter au débat : ici, la maltraitance enfantine. 

    Si le texte laisse voir un couple, pour ma part, assez stéréotypé, le rôle de la voisine âgée (jouée par Jacqueline Nicolas), "sonne" très juste, et nous montre comment chacun d’entre nous peut être aveugle. 

    Même si le reste de la mise en scène est simple mais efficace, je n’ai pas, pour ma part, trouvé de nécessité aux figures de gorilles. 

    La brochure accompagnant le spectacle est très intéressante quant à l’effilochage du lien social : à lire !

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  • Rien à signaler (Getting attention) de Martin Crimp

    Le 1er mai 2013 à 10:38 par avrijean

    Nous allons toujours au Poche, théâtre sympathique, en été comme en hiver , toute une atmosphère, les pièces sont en général engagés, on sait où on met les pieds ! Mais là je n’ai pas été totalement convaincu, aimé le décor, certains personnages ( la voisine êgée ) , les " gorilles " n’étaient peut-être pas nécessaires, le " père " a un jeu un peu outré, le final est beau..

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  • Rien à signaler (Getting attention) de Martin Crimp

    Le 18 mai 2013 à 11:33 par chrisdut

    Pièce à réflexion mais moins percutante que le film "38 témoins" qui m’avait lui laissé une forte impression et posant les bonnes questions. Dans cette pièce, je ne trouve pas si évidente la culpabilité des parents complétement paumés vu du côté des voisins. Ce n’est qu’à la visite de l’assistante sociale que là on ne peut plus dire " je ne savais pas" mais avant, pas si facile de détecter la maltraitance. Nous devinons ici toute la différence entre nos pays où le bonheur de l’autre est important à nos yeux et les pays anglo-saxons où chacun est libre de faire ce qu’il veut tant qu’il ne nous embête pas. Passons au delà de ce détail et revenons sur la performance des acteurs. Très bons jeux de scénes et coup de coeur pour Jacqueline Nicolas tout à fait succulente. Effectivement, la présence des "gorilles" n’était pas nécessaire pour moi (assez mal compris par beaucoup à priori).

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Lundi 22 avril 2013, par Jean Campion

Un Silence assourdissant

"Leur petite fille, on ne l’entend quasiment jamais, ce qui est une bénédiction." Ce témoignage ambigu reflète la subtilité avec laquelle Martin Crimp suggère le mécanisme de la maltraitance et dénonce la lâcheté engendrée par le repli sur soi. Pas de voyeurisme ni de réquisitoire moralisateur. Constamment invisible, la victime n’existe que dans le regard du spectateur. L’auteur lui laisse le soin d’imaginer la souffrance de cette enfant martyre et de se confronter aux témoins déserteurs.

Depuis qu’elle a perdu son mari, Milly, soixante ans, vit au premier étage d’un immeuble modeste. Femme à principes, elle juge sévèrement le comportement des autres locataires, avec lesquels elle se montre pourtant courtoise. Bob, son voisin de palier, est en pleine déprime. Sans emploi, il s’est vu retirer la garde de ses enfants par le service social. Pour se consoler, il boit et se rince l’oeil, lorsque Carol prend son bain de soleil. Celle-ci occupe le rez-e-chaussée avec Nick, son compagnon, qui n’est pas le père de sa petite Sharon. Des indices troublants, comme les appels lumineux d’un mobile musical ou le bruit d’un oiseau qui gratte, suscitent un malaise. Une tension renforcée par les irruptions menaçantes de deux hommes portant des masques de gorille. Ils viendront taguer le lieu du drame. Le fait divers glisse vers le conte cruel.

Brutal, surtout quand il a bu, Nick est un homme possessif et despotique. Pas question pour Carol de s’exhiber en tenue légère, dans son jardin. Sharon n’est pas sa fille, il le répète régulièrement, mais elle doit lui OBEIR. Elle finira son assiette. En quatre jours, s’il le faut ! A l’opposé, Carol est une maman faible, dont les molles protestations n’empêchent pas sa petite de manger de la terre. C’est une femme-enfant éblouie par la possession d’un micro-ondes et subjuguée par un homme , dont elle est amoureuse. Valérie Lemaître et Denis Carpentier traduisent remarquablement l’immaturité de ce couple. Elle nous explose à la figure, lors de l’anniversaire de Sharon.

Face à la complicité de Nick et de Carol, l’assistante sociale se montre peu combative. On la sent ébranlée par cette enfant de quatre ans "qui s’enferme à clef", mais elle n’assume pas ses responsabilités. D’autres dossiers l’attendent. Une fois ou deux peut-être, Bob s’est demandé ce qui se passait en bas. Il avait décidé de descendre pour identifier ces bruits suspects. Mais comme ils ne se sont pas reproduits... Milly ne voulait pas d’enfants. Pourtant, elle était armée pour les faire pousser droit. Jacqueline Nicolas incarne, avec détermination, cette vieille dame ulcérée par le laxisme ambiant. N’ayant pas ses yeux dans sa poche, elle reconnaît qu’il y avait de quoi s’inquiéter. Elle était même prête à jouer les baby-sitters et à donner une robe propre et un bain chaud à cette pauvre gamine. Mais "de quel droit je serais allée m’en mêler ?" demande-t-elle, la conscience en paix.

Pour Georges Lini, "la grande force de cette pièce est sa violence cachée". Malgré certaines séquences explosives, sa mise en scène privilégie les non-dits, les regards, les silences, qui trahissent l’indifférence et le manque de courage. A une époque où les réseaux sociaux se gargarisent d’amitiés illusoires, la pièce de Martin Crimp nous met en garde contre la fragilisation du lien social.

Jean Campion

Théâtre de Poche


Chemin du Gymnase, 1 A
1000 Bruxelles