Les palmiers sauvages

Bruxelles | Théâtre | Théâtre National Wallonie-Bruxelles

Dates
Du 30 mars au 6 avril 2019
Horaires
Tableau des horaires
Théâtre National Wallonie-Bruxelles
Boulevard Emile Jacqmain, 111 1000 Bruxelles
Contact
http://www.theatrenational.be
info@theatrenational.be
02-203.41.55

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Les palmiers sauvages

Elle quitte mari et enfants, il s’arrache à ses études de médecine, pourtant chèrement acquises. Le coup de foudre a définitivement scellé le destin de Charlotte Rittenmeyer et Harry Wilbourne, deux êtres en rupture dont la passion forcément exclusive prend la forme d’un road movie brûlant, avant de virer peu à peu à la descente aux enfers.

« Est-ce qu’une passion vécue comme une œuvre d’art n’est pas une entreprise solitaire, vouée à l’échec ? » C’est à cette question que tente de répondre Séverine Chavrier en choisissant d’adapter le texte de William Faulkner. En quelques tableaux d’un corps à corps sensuel et dévorant, elle s’attache à raconter l’errance, les différentes stations dans lesquelles s’arrêtent Charlotte et Harry. Que ce soit à Chicago, dans un chalet de l’Utah ou enfin dans un bungalow au bord de la mer, Deborah Rouach et Laurent Papot, incarnent une profonde et dérisoire quête sans retour. Prisonniers de leur amour, ils n’ont d’autre choix que de se livrer corps et âmes à cette insondable fuite en avant.

 

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Mercredi 3 avril 2019, par Palmina Di Meo

L’AMOUR EXSANGUE

Lorsque les regards de Charlotte Rittenmeyer et de Harry Wilbourne se croisent, le coup de foudre est instantané, dévastateur. Ils vont tous deux abandonner leur vie, elle d’épouse et de mère bourgeoise, lui d’étudiant en médecine, pour fuir ensemble et vivre une passion fusionnelle radicale, sans concessions.

Dans un long périple qui doit les mener de Chicago à la Nouvelle-Orléans, ils s’acharneront à protéger leur amour, unique raison de vivre. Mais cette exclusivité finira par les détruire de façon tragique. Désœuvrement, amour de la liberté et jeux sexuels sont les ressorts de ce road movie théâtral singulier qui joue la carte des sens pour remuer les cœurs.

Musicienne, formée au jeu d’acteur, Séverine Chavrier, réussit une mise en scène où la scénographie et les images filmées renvoient aux paysages tourmentés du roman. Sable, feuilles mortes et vent balaient la scène. Le tumulte intérieur de ces amants aux rôles inversés (Charlotte résolument masculine dans sa façon de mener le couple vers l’absolu alors que Harry, indolent, peine à trouver son identité) se réverbère dans le chaos de matelas, de caisses, de meubles boiteux qui encombrent leurs logis de fortune successifs. L’échafaudage de boîtes de conserve dont ils se nourrissent ne résistera pas plus que leur amour à la tourmente et à la précarité de leur existence.

Palliant la pauvreté des dialogues, l’environnement sonore nous plonge dans le huis clos de ses deux êtres tétanisés. Chuchotements sur l’oreiller, urine frappant la cuvette, fracas d’objets, vent violent accentuent la désolation qui s’installe dans le couple.

Déborah Rouach et Laurent Papot donnent vie à ces amants insatiables, frêles et terribles dans leur nudité physique et psychologique. C’est dans une agitation quasi schizophrénique qu’ils tentent de juguler leur angoisse, s’accouplant d’un matelas à l’autre, sautant sur les ressorts fatigués, courant d’un coin à l’autre entre disputes et serments d’amour.

Peu narratif, le drame se joue dans la traversée et la consomption physique de la passion caricaturant les personnages. Écrit en flash-back avec pour scène de départ l’avortement mortel de Charlotte par Harry, le texte de William Faulkner n’offre pas beaucoup de supports pour une adaptation théâtrale qui a trouvé un souffle propre, visuellement réussie, interprétée avec brio, néanmoins réductrice au niveau de l’étoffe des personnages.

Palmina Di Meo

Théâtre National Wallonie-Bruxelles


Boulevard Emile Jacqmain, 111
1000 Bruxelles