Le procès

Bruxelles | Théâtre | Théâtre des Martyrs

Dates
Du 5 au 25 mars 2020
Horaires
Tableau des horaires
Théâtre des Martyrs
Place des Martyrs, 22 1000 Bruxelles
Contact
http://www.theatre-martyrs.be
billetterie@theatre-martyrs.be
+32 2 223 32 08

Moyenne des spectateurs

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Le procès

Un matin comme presque tous les autres, celui de son trentième anniversaire, Joseph K. est arrêté au réveil par deux gardes et soumis à un interrogatoire. Il ne sait ni qui l’arrête, ni pourquoi.

Il reste libre, continue à se rendre à son travail et à mener sa vie comme auparavant, mais il est désormais dans un labyrinthe sans issue, désorienté et plongé dans la crainte. Comique parfois, absurde et cauchemardesque souvent, le monde du Procès est un monde noir d’apparences trompeuses, se répétant à l’infini.

Emboîter le pas à l’individu Joseph K., c’est comprendre très vite que l’histoire de son destin est le miroir de celui de tout individu, c’est s’identifier à son esprit de protestation contre tous les pouvoirs, qu’ils soient symboliques (la loi, la famille, l’art, la religion) – ou concrets (administration opaque et compliquée, justice corrompue ou laxiste), qui oppriment l’humanité.
À l’origine de ce roman inachevé, dix cahiers laissés dans une malle que l’exécuteur testamentaire de l’écrivain ordonnera lors de la publication. Cette matière, ce puzzle incomplet, sera le champ exploratoire de Théâtre en Liberté, questionnant, sous la houlette d’Hélène Theunissen, l’œuvre et la société.

Distribution

texte Franz Kafka

traduction française Jean-Pierre Lefebvre (Ed. Gallimard – Coll. Bibliothèque de la Pléiade)
jeu Maxime Anselin, Jean-Pierre Baudson, Cédric Cerbara, Isabelle De Beir, Dolorès Delahaut, Bernard Gahide, Julie Lenain, Stéphane Ledune,
Romain Mathelart, Sylvie Perederejew, Laurent Tisseyre, Aurélien Vandenbeyvanghe

adaptation & mise en scène 
Hélène Theunissen

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2 Messages

  • Le procès

    Le 8 mars à 10:35 par Afrg

    C’est loooooooooooooooooong ! Difficile de ne pas décrocher pendant les 2h20 de cette mise en scène des 10 cahiers (incomplets !) de Kafka. Le sujet est déjà oppressant, de par l’absurdité incompréhensible du système judiciaire d’un État totalitaire dans lequel le héros est englué sans savoir pourquoi (parfaitement transposable dans notre Etat prétendument de droit, comme K croit que l’est le sien, au début de l’histoire, cela dit ! ). Mais la mise en scène avec une voix off omniprésente, commentant en permanence l’action, souvent en décalage avec elle (ou la remplaçant inutilement là où l’action se suffirait à elle-même) en rajoute tellement dans la redondance que cela finit par faire trop et saturer. J’imagine que c’était le but, pour renforcer le sentiment d’oppression du spectateur. Mais à force, cela plombe l’attention, diminue l’intérêt et lasse.

    La caméra qui suit les comédiens, même dans les coulisses, et renvoie l’image sur un écran est une bonne idée. La bande son est parfois gênante, trop bruyante. Les comédiens ont une excellente diction (ce qui n’est pas toujours le cas) et jouent juste. Particulièrement l’acteur principal.
    Pour résumer, nous nous serions largement contentés d’1h30 de spectacle.

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Mercredi 11 mars 2020, par Yuri Didion

Ceci n’est pas un procès

Le "Procès" relate l’histoire cauchemardesque de Josef K. : au matin de son 30ème anniversaire, il plonge malgré lui dans les rouages absurdes d’une administration dont l’hyper-structure déresponsabilise tout ceux qu’elle occupe. Ce récit fragmentaire, publié en 1925 soit un an après la mort de Franz Kafka, est ici porté à la scène par Théâtre en Liberté, dans une mise en scène monumentale de Hélène Theunissen : un décor gigantesque, des cloisons mobiles qui se déplacent pour créer des espaces différents, de la vidéo live et pas moins de douze comédiens sur scène.

Monumentale, oui, mais également terriblement précise et symbolique. Car ici, le moindre élément est porteur de sens, et chaque détail découle d’un choix évalué, analysé, longuement pesé. Le mélange de narration et de dialogue rappelle l’origine littéraire de l’oeuvre, le respect du texte ainsi que l’utilisation de phrases en allemand font entendre le texte de l’auteur, les discours intérieurs du protagoniste, prononcés au micro, perturbent la perception de l’espace du spectateur et contribuent à une impression de profondeur. Les espaces créés et la lumière de plus en plus obscur travaillent sur le sentiment d’oppression et d’étouffement. Les personnages féminins, et les relations que Josef K. entretient avec elles, contribuent au sentiment de malaise. Cette intelligence des choix, cette profondeur symbolique se retrouve également au cœur même des scènes, des actions et du jeu, comme notamment la course-poursuite en rond entre K. et l’avocat.

Ainsi, à l’image de la littérature de Kafka, c’est un spectacle dense, épais et obscur qui fait vivre le cauchemar du "Procès" au public. En ce sens encore, ce travail est une réussite puisque le public n’en ressort pas indifférent. Cependant, il vaut mieux savoir à quoi s’attendre en allant y assister. En effet, l’histoire de Josef K. tourne en boucle jusqu’au vertige. L’action n’avance pas, et la fin se devine d’avance. Une telle ambiance, ça ne peut que mal finir. Du coup, cela semble lent à venir.

En dehors de l’avocat (Jean-Pierre Baudson), dont l’interprétation offre quelque moments de légèreté bienvenus, et de l’oncle (Stéphane Ledune), qui offre un personnage qui est facile à comprendre et auquel on peut aisément s’identifier, la construction des personnages trouve difficilement un écho dans l’expérience de nos vies. Si l’on ajoute à cela l’absurde des situations qui participe de cet obstacle, difficile de se laisser toucher. De son côté, Bernard Gahide propose un Josef K. presque détestable : arrogant, pernicieux, capricieux. Difficile de s’attacher à un tel homme, et pourtant, difficile également de ne pas le voir comme une victime d’un système déshumanisé. Bref, bilan neutre.

Attention, âmes sensibles : certaines scènes peuvent également mettre mal à l’aise, il vaut mieux être prévenu. Entre une scène de torture, d’autres plus ou moins lascives, et l’indifférence presque totale de la plupart des personnages, pas toujours facile de garder l’œil sur ce qui se joue sur scène. Ajoutez à cela la longueur du spectacle, et une scène (dans les dernières) éclairée à la seule force d’une lampe de poche, il est conseillé de venir avec votre capacité de concentration maximale. Car malgré les moyens techniques employés, le "Procès" ne tombe pas dans le spectaculaire et laisse la part belle à la réflexion du public.

Théâtre des Martyrs


Place des Martyrs, 22
1000 Bruxelles