La Dame aux camélias - D’après l’œuvre d’Alexandre Dumas fils et des textes de Georges Bataille et Heiner Müller

Théâtre | Théâtre National Wallonie-Bruxelles

Dates
Du 10 au 15 février 2012
Horaires
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La Dame aux camélias - D’après l’œuvre d’Alexandre Dumas fils et des textes de Georges Bataille et Heiner Müller

Durée : 3h45 (entracte compris)

Enfant terrible de la scène allemande, Frank Castorf n’a pas son pareil pour revisiter les classiques et en tirer les dissonances les plus provocatrices.Après avoir démonté le Kean de Dumas père, le voici qui décape La Dame aux camélias de Dumas fils en la replongeant dans la brutalité d’un monde semblable au nôtre, où résonnent parfois les mots obscènes de Georges Bataille. Après l’acteur, la courtisane. Comme une nouvelle et inextricable variation entre liberté et aliénation, entre défi à la loi bourgeoise et destruction de soi – à corps perdu.

Mise en scène : Frank Castorf |Avec : Jeanne Balibar, Jean-Damien Barbin, Vladislav Galard, Sir Henry, Anabel Lopez, Ruth Rosenfeld, Claire Sermonne | Dramaturgie : Maurici Farré | Décor : Aleksandar Denić | Costumes : Adriana Braga | Musique : Sir Henry | Production : Odéon-Théâtre de l’Europe, Théâtre National de la Communauté française.

Réservations : 02/203.53.03 - www.theatrenational.be

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  • La Dame aux camélias - D’après l’œuvre d’Alexandre Dumas fils et des textes de Georges Bataille et Heiner Müller

    Le 13 février 2012 à 10:32 par loulou

    Il faut oublier la Dame aux Camélias qu’on connaît.
    Ici Marguerite Gauthier vit dans le "bordel du monde" et meurt dans un poulailler ;grâce à un décor tournant on passe d’une favela à Pigalle.
    Certes on reconnaît des extraits du roman et de la pièce de Dumas mais imbriqués au milieu de textes de G.Bataille et H.Muller où il est question de sexe,de mort et de révolution.
    Inutile de dire que la pièce divise ;il n’y a qu’à écouter les commentaires pendant l’entr’acte ;certains s’en vont ,d’autres essaient de comprendre (notamment en lisant le programme).
    Il est beaucoup demandé aux comédiens et ils se donnent corps er âme.J’ai beaucoup apprécié Jeanne Balibar (l’ange de la mort),Jean-Damien Babin (Armand) et la cantatrice délirante Ruth Rosenfeld.
    Pour moi,ce fut une véritable expérience théâtrale mais qui est difficile à conseiller.

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Mercredi 15 février 2012, par Joséphine

Adieu ma poule

Les mises en scène passées de Frank Castorf nous l’ont appris : c’est en déconstructiviste que ce dernier s’empare des textes. Entre ses mains, ceux-ci sont des matériaux à disséquer, mélanger, transformer. Castorf ne porte pas des classiques à la scène pour simplement mettre des mots en images ; ce n’est pas à l’histoire des amours de Marguerite Gautier et d’Armand Duval qu’il s’intéresse. Non, la dame aux camélias est convoquée afin de mettre en lumière l’hypocrisie de son amant et à travers elle celle d’une société pour laquelle, comme le déclare le metteur en scène : « une bonne pute est une pute morte. Mais(...)c’est quand même bien de coucher avec elle avant. ». Castorf n’en démord pas, c’est encore la société capitaliste qu’il veut critiquer et c’est à cette fin qu’il utilise les mots d’Alexandre Dumas fils. En y greffant des extraits de “La Mission” de Müller et de “L’histoire de l’œil” de Bataille, il les décontextualise et élargit, ce faisant, leur portée.

La démarche, bien que loin d’être neuve, est intéressante. Mais passe-t-elle l’épreuve du plateau ? Dans la version présentée, nous faisons la rencontre d’une jeune fille blonde, toussant et haletant dans une cage à poules. Loin du Paris bourgeois du XIXème siècle, c’est dans un taudis contemporain qu’elle se meurt. A l’étage inférieur, bondit du lit un personnage se précipitant aux toilettes. C’est Alexandre Dumas qui ne manque pas de venir se présenter aux spectateurs les fesses à l’air. Un deuxième personnage sort alors du lit et vient vomir du porridge face aux spectateurs. Voici Armand Duval, ne se remettant pas de sa gueule de bois.
Les acteurs, dont Jeanne Balibar, Jean-Damien Barbin et Vladislav Galard, sont très bons et déploient une grande énergie sur scène. Aussi, on croit pouvoir supposer que ce n’est pas l’ennui qui fait partir un certain nombre de spectateurs pendant le spectacle et à l’entracte. Il s’agirait davantage d’une lassitude, d’une incompréhension devant cette farce grotesque et chaotique qui part dans tous les sens. Le public se divise donc devant le résultat de ce collage : il y a ceux que la vulgarité et les obscénités des acteurs font rire et ceux qui lèvent les yeux au ciel. Les trois heures du spectacle vous permettront de vous faire votre propre opinion... si, du moins, vous tenez jusqu’à la fin.

Svobodova Karolina.

Théâtre National Wallonie-Bruxelles