LA VILLE

Théâtre | Le Rideau

Dates
Du 21 avril au 9 mai 2015
Horaires
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+32 2 737 16 00

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LA VILLE

De Martin Crimp. Mise-en-scène de Michael Delaunoy, texte français Philippe Djian, avec Anne-Claire, Serge Demoulin, Valérie Marchant, …

Création en Belgique 21.04 > 09.05

Le théâtre anglo-saxon fait son grand retour au Rideau. Michael Delaunoy signe la création en Belgique d’un texte jubilatoire de Martin Crimp qui ausculte comme personne les sociétés contemporaines.
Clair est traductrice. Chris est cadre dans une multinationale. Ils ont deux enfants, une jolie maison en ville, un jardin coquet... À partir d’une situation des plus banales, Crimp installe progressivement un intrigant climat de suspense, comme un fil qui se tend entre réalité et fantasme. Il manie le langage comme une lame acérée, laisse affleurer un humour décapant. Et donne à voir comment la violence du monde de l’entreprise ou des grands conflits s’insinue dans la sphère intime.

NL Sprankelende tekst van Martin Crimp, één van de meest opwindende toneelauteurs van nu. Vanuit een banale situatie creëert Crimp een spannende sfeer op, alsof er een draad wordt gespannen tussen realiteit en fantasie.

Production Rideau de Bruxelles. L’Arche Éditeur est agent théâtral du texte représenté.

Réservation au 02 737 16 01 ou sur www.rideaudebruxelles.be

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6 Messages

  • LA VILLE

    Le 22 avril 2015 à 05:56 par pierreha

    Dispositif original, texte cinglant, retournements de situations : un joli cocktail servi par des comédiens parfaits.

    L’auteur est anglais et cela dit déjà beaucoup de la sensibilité corsetée du spectacle.

    Je le recommande vivement si on aime le "non sense", Ionesco et les rapports de pouvoir avec un parfum d’étrangeté tragique et de violence contenue.

    Et c’est drôle.

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  • LA VILLE

    Le 17 mai 2015 à 05:17 par 160339Sy

    Une scénographie particulièrement intéressante qui plonge le spectateur au coeur de l’action.

    Comment le banal et le quotidien de chacun se retouvent mis en scène et décortiqués, voire déconstruits jusqu’à s’y perdre... ou à perdre les spectateurs !
    A recommander aux couples qui veulent voir disséquer leur quotidien !

    Excellents comédiens !

    Hélas, l’écriture de Martin Crimp ne m’a pas totalement convaincue, même si elle est intéressante par certains de ses questionnements.
    Où est le suspense annoncé et attendu ?

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  • La ville

    Le 17 septembre 2016 à 17:23 par CORL

    Très belle rentrée pour le Rideau...
    ... des comédiens au ton juste, froid distant grinçant au service d’un texte qui l’est tout autant.
    La mise en scène linéaire, décalée,éclatée, m’a beaucoup plu, sauf parfois la distance entre les comédiens dont le dialogue était alors à suivre comme une balle de tennis. Sans compter que la mise en scène renvoie pê inconsciemment à bcp de références cinéma, et même BD.
    Si j’ai l’occasion d’y revenir, j’y reviens car je n’ai pas été convaincue par l’angle pris pour le ’monologue La Ville’ au micro, j’ai peut-être manqué quelque chose.
    - Comment va la guerre ?
    - Bien, bien...

    ... résume assez bien la voix>voie de la déshumanisation ici observée.
    Son, lumières, costumes toujours en pleine cohérence>harmonie avec la mise scène, comme souvent au Rideau.

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  • La ville

    Le 24 septembre 2016 à 10:43 par C. ThéO

    Subtil, décalé, et très très juste... qques notes de cynisme bien jouées, des comédiens parfaitement ’aiguisés’, un jeu tranchant, parfois glaçant. Il y a autant si pas plus dans le non-dit...
    Triste réalité pour bcp, à en déprimer, à ne pas les envier !

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Jeudi 7 mai 2015, par Laura Bejarano Medina

Quête de sens

Désireux de revaloriser le répertoire anglo-saxon au sein de la programmation du Rideau de Bruxelles, Michael Delaunoy a choisi de rendre hommage à l’un des plus grands auteurs postdramatique du théâtre anglais. Avec sa création de La Ville, le metteur en scène et directeur de théâtre porte à la scène la langue incisive de Martin Crimp à travers un spectacle mystérieux et détonnant.

S’imprégnant d’une atmosphère feutrée et impersonnelle, à l’image d’une salle de meeting ou d’une chambre d’hôtel, La Ville prend place sur un plateau nu recouvert de moquette. C’est dans cet espace aseptisé, fermé sur un côté par une bâche en plastic translucide, que s’échangent les banalités d’une journée de travail enfin terminée.

Clair et Chris sont pris au piège d’un quotidien standardisé et rythmé par leurs professions respectives. Elle est traductrice, lui travaille dans une grande entreprise. Malgré les apparences d’un bonheur conjugal indissociablement lié à la réussite matérielle, le couple semble battre de l’aile. Alors que Jenny, leur voisine infirmière, arrive inopinément pour se plaindre des enfants qui crient trop fort dans le jardin, les bavardages et le ton des personnages deviennent de plus en plus étranges. Au fur et à mesure que ces brides d’histoires et de vies s’entremêlent et se rejoignent, le metteur en scène plonge le spectateur dans un univers décalé et artificiel, l’incitant à laisser libre cours à son imagination pour esquisser sa propre interprétation.

Spectacle indéfinissable et presque indescriptible, La Ville se construit sur le fil d’un discours énigmatique qui frôle le surréalisme et se nourrit d’un sentiment d’étrangeté. Le manque d’empathie des personnages, l’absurdité des situations et des échanges flous, où les questions demeurent sans véritables réponses, où parfois les mots paraissent prendre un autre sens que celui qu’on leur donne, sont autant d’indices d’un mystère à découvrir, d’un langage à décoder.

Multipliant les moments où le temps semble suspendu, Michael Delaunoy cultive l’art d’intriguer et surprendre. Une nouvelle apparition, un changement de costume, un accessoire au sens encore caché viennent renforcer cette impression d’une réalité déformée et flottante. La quête de sens se poursuit au travers des attitudes des personnages, du jeu des comédiens, tantôt engagés, tantôt en distance. Perdus dans leur vie intérieure, Clair et Chris reflètent avant tout une parole vivante et un besoin viscéral de se débattre pour se sentir exister.

Avec humour et cynisme, La Ville porte une réflexion sur nos idéaux et nos solitudes forgés dans une société à la fois déshumanisante et déshumanisée. Ici, les désordres de l’intime font écho à la violence universelle. Soutenu par un processus narratif subtil et étonnant, le mystère prend fin à l’instant où les pièces du discours de Martin Crimp s’assemblent en un puzzle qui bouscule nos attentes. Et tout devient profondément clair ou presque…

Laura Bejarano Medina

La ville - Teaser

LA VILLE from Rideau de Bruxelles on Vimeo.

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