L’attentat

Bruxelles | Théâtre | Théâtre National Wallonie-Bruxelles

Dates
Du 3 au 17 octobre 2018
Horaires
Tableau des horaires
Théâtre National Wallonie-Bruxelles
Boulevard Emile Jacqmain, 111 1000 Bruxelles
Contact
http://www.theatrenational.be
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L’attentat

Vincent Hennebicq s’empare du roman de l’écrivain algérien Yasmina Khadra, L’Attentat @Editions Julliard.
L’histoire d’Amine, chirurgien arabe israélien amené à opérer sans relâche les survivants d’un attentat. Au terme de cette journée aux urgences, il découvre que la kamikaze responsable du drame n’est autre que sa femme.

Le roman prend alors des allures de thriller, épousant la quête de cet homme en recherche de compréhension. Partager l’intimité d’une femme ne lui a pas permis d’accéder à l’essentiel… Débute un voyage vers la vérité, celle d’une identité territoriale et culturelle complexe.
A l’instar d’Amine, Vincent Hennebicq ne se contente pas d’adapter l’œuvre fascinante de Khadra à la scène. Il cherche à en déceler les clés. Entouré d’Atta Nasser, palestinien d’origine, qui campera le personnage d’Amine et de Jean-François Ravagnan, cinéaste, il s’est rendu en Israël et en Palestine. Ensemble, ils ont rencontré de nombreuses personnes d’origines et de confessions différentes pour leur raconter l’histoire de L’Attentat et réunir leur réflexion.

Fort de ces témoignages, le spectacle glissera de la fiction au documentaire, soutenu par la partition de Fabian Fiorini, interprétée par quatre musiciens et une chanteuse soliste.

 

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Jeudi 4 octobre 2018, par Catherine Sokolowski

"Ne m’en veux pas"

Tel Aviv. Un chirurgien, Amine (Atta Nasser) découvre que les blessés qu’il tente de soigner ne sont autres que les victimes d’un attentat perpétré par la femme qu’il aime. Il n’y croit pas. Sihem ne peut pas être une intégriste kamikaze. « L’attentat », roman de Yamina Khadra, analyse avec beaucoup d’intelligence et de subtilité la situation de cet homme, docteur à Tel Aviv, privilégié par rapport à ses compatriotes. A-t-il le droit d’être heureux ? La deuxième partie du spectacle, plus documentaire, permet à quelques Palestiniens de s’exprimer. Autour du comédien, quatre musiciens et une chanteuse, Julie Calbete, qui donnent au spectacle une profondeur confondante. Une très belle réussite.

Un écran pour les séquences filmées, des surtitres (texte en arabe, hébreu et français), une lumière d’ambiance, quelques copeaux de papier noir sur un sol blanc, quatre musiciens vêtus de noir et une chanteuse : l’élégance comme forme de respect. Car le sujet est grave, sérieux et triste.

Amine, chirurgien à Tel Aviv, est toléré. A l’hôpital, certains blessés ne veulent pas qu’un Arabe les touche. En rentrant, il est contrôlé plusieurs fois. Délit de faciès. Mais Amine s’en contente, optimiste et positif, il est amoureux de la femme qu’il s’apprête à retrouver en rentrant chez lui. Elle est sortie : son téléphone vibre sur la table quand il l’appelle. Elle l’oublie régulièrement. Pas l’ombre d’une inquiétude.

A partir de là, Amine connaît une descente aux enfers. Il pensait connaître Sihem mais ce n’est pas le cas. Alors qu’il a réussi à se construire une vie agréable, elle n’a pas pu : « A quoi sert le bonheur quand il n’est pas partagé ? ». Comment concevoir l’idée d’avoir des enfants qui n’auront pas de patrie ? Il doit se rendre à l’évidence, Sihem estimait qu’elle n’avait pas le droit d’être heureuse.

Pour comprendre, Amine retourne en Palestine : « il faut que je sache pourquoi ma femme s’est bourrée d’explosifs ». Jean-François Ravagnan, cinéaste, et Vincent Hennebicq, metteur en scène, se sont rendus sur place pour interviewer les Palestiniens. La réalité se mêle à la fiction du théâtre. Les témoignages parlent d’humiliation, de mériter de vivre, de mériter de rire. Comment pardonner et à qui pardonner ? Seule échappatoire : les rêves.

L’accompagnement musical de ce spectacle poignant, composé par Fabian Fiorini, est impeccable. Fabian Fiorini au piano, Laurent Blondiau à la trompette, Marine Horbaczewski au violoncelle, Célestin Massot à la batterie et Julie Calbete au chant accompagnent le texte d’Atta Nasser comme s’ils ne faisaient qu’un.Difficile de rester impassible, frissons au rendez-vous.

Bien construit, bien conté, bien accompagné, « L’attentat » parle d’une réalité complexe en termes simples. Le spectateur s’identifie à Amine mais il ne peut trancher : avait-il le droit d’être heureux ? Avec les témoignages qui donnent une allure documentaire à la pièce, le spectateur est confronté au quotidien des Palestiniens qui vivent le « cataclysme de l’humiliation ». Difficile de garder espoir. Un très bel hommage, à ne pas manquer.

Théâtre National Wallonie-Bruxelles


Boulevard Emile Jacqmain, 111
1000 Bruxelles