L’Homme qui mangea le monde

Bruxelles | Théâtre | Théâtre de Poche

Dates
Du 25 septembre au 13 octobre 2018
Horaires
Tableau des horaires
Théâtre de Poche
Chemin du Gymnase, 1 A 1000 Bruxelles
Contact
http://www.poche.be
info@poche.be
02-649.17.27

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L’Homme qui mangea le monde

Un homme de 35 ans, dents longues, belle bagnole et beau costume, doit subitement s’occuper de son père qui perd la tête. Et peu à peu, tout lui échappe : travail, femme, enfants, amis… Pour un homme qui a l’habitude de tout contrôler, tout devient flou : notamment la frontière entre sa propre responsabilité et les injustices qu’il subit ou croit subir. Il est à deux doigts du burnout.
On est amis, on devrait se poser ensemble au bord de ce lac merdique et pouvoir un instant se retirer du monde et de son gigantesque tas de merde. S’en défaire pour un instant. Un tout petit instant, juste décrocher. Un tout petit moment... décrocher.
Comment endiguer la chute ? Nis-Momme Stockmann dépeint une génération touchée par une profonde crise de sens et dont l’identité se fissure de toutes parts. Il questionne nos vies et la quête du bonheur dans des sociétés où il faut abattre l’autre et « manger le monde » sous peine de disparaître…
Un texte qui finalement met en scène des naufragés de l’existence, dans lesquels, parfois, nous pourrions bien nous reconnaitre.

Distribution

De Nis-Momme Stockmann / Dramaturgie et mise en scène Georges Lini / Avec Itsik Elbaz, Vincent Lecuyer, Luc Van Grunderbeeck, Nargis Benamor et Georges Lini / Scénographie Renata Gorka / Vidéo/Son Sébastien Fernandez / Lumières Jérôme Dejean

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8 Messages

  • L’Homme qui mangea le monde

    Le 11 octobre à 10:35 par CORL

    Un Homme, sa famille... remise en question oblige.
    Certain.e.s y verront un.e (re)prise de conscience des liens familiaux ’sacrés’.
    Des liens noués à la complexité des nœuds de chaque individualité, interprété avec autant de brutalisme que de tendresse, dans un décor qui paraît autant chargé que dépouillé... effet baroque & broll réussi.
    Le Poche comme toujours ne ménage par ses spectateurs, c’est un petit voyage au fond de nous mêmes, jusqu’aux portes des toilettes ou L’Art d’uriner !
    Bref... ne laisse pas indifférent.e

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  • L’Homme qui mangea le monde

    Le 14 octobre à 21:19 par Aurelia

    La vie va..Et tout s’accumule. Trop de choses.
    Et puis, tout à coup, un jour, la goutte d’eau qui fait déborder le vase, un déclic. Stop, ça tombe comme un couperet. Tu ne peux plus. Tout te devient insupportable, ton boulot, tes proches, leurs valeurs, ton style de vie, tes amis, les autres, toi-même. Tu n’es plus capable de faire quoi que ce soit.
    Tu ne peux plus faire autrement que d’être vrai.
    Les derniers masques tombent, arrachant avec eux le peu d’humanité qu’il te restait. Et le mode destruction est enclenché, celles de ton entourage et de toi-même.
    Tout ce que tu as tu, tu veux le crier, tout ce que tu as étouffé, tu veux le hurler. Les rôles qui te collent à la peau et qui ne te correspondent plus volent en éclat.
    Cela aurait pu s’exprimer au fur et à mesure calmement mais ça ne s’est pas fait. Alors, ça sort comme un geyser, incontrôlable. La limite est dépassée et tout devient chaos et néant. Un homme arrachant ses chaînes, la colère, la surpuissance puis l’abattement, la dépression. Welcome on board, baby. Tu es entré dans la dimension de ce fameux Burn-out. Veuillez détachez vos ceintures et allumer vos cigarettes. La vrai vie peut commencer, celle qui te ressemble enfin vraiment. Mais d’abord, tu devras traverser une zone de turbulences, de sombres orages , de profondes remises en question . Si tu traverses cette dimension, tu décolleras vers des contrées magnifiques. Sinon, tu t’asphyxieras dans la fumée de tes pensées et étoufferas dans la caverne de tes angoisses. C’est le parti pris par cette pièce magistralement interprétée par ces 5 talentueux comédiens. La mise en scène rend bien l’atmosphère étouffante dans lequel le protagoniste évolue. A l’instar de ce personnage au visage couvert d’un sac en papier, ça m’a donné envie de l’arracher, de prendre une bonne bouffée d’air, d’embrasser mes proches et d’en profiter, de dire à tous ce que je pense au moment où je le ressens et vice-versa, de vivre MA vie et non celle de quelqu’un d’autre et d’aller me poser au bord d’un lac, de respirer un air pur et de profiter du paysage, tout simplement. De la vie, passionnément. Cette pièce n’a fait que me conforter dans le chemin que j’emprunte depuis mon burn-out et bien avant. Alors, n’attendons pas que la vie nous secoue pour savourer pleinement chaque instant, pour aller à l’essentiel et être vrai. Pour vous dire tel que vous êtes, exprimer ce qui veut s’exprimer en vous depuis si longtemps. La vie c’est maintenant. N’attendez pas de savoir à quel point le papier des hôpitaux arrache le cul pour vous le botter ! Quitte à déplaire, soyez pleinement vous-mêmes ! Et que vive la Vie ! Un énorme MERCI et félicitation à toute l’équipe de cette pièce qui secoue ! <3 Si elle se rejoue, foncez-y ! ;-)

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  • L’Homme qui mangea le monde

    Le 27 octobre à 19:24 par mike_bel

    J’ai été agacé par des acteurs hurlants à tout va. Ce n’était pas nécessaire, le sujet était intéressant, la mise en scène, avec les acteurs en permanence sur scène même sans jeu direct, ingénieuse et le décor sobre et efficace.

    On a eu le choquer pour choquer, maintenant la mode c’est le gueuler pour gueuler...

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Vendredi 28 septembre 2018, par Didier Béclard

En attendant les jours meilleurs...

« L’homme qui mangea le monde » plonge dans les travers d’une société qui impose une pression intense sur le plan professionnel à ceux qui veulent réussir. Au point de les lessiver et leur faire perdre tout sens de la réalité et des rapports humains.

Dans un intérieur hétéroclite, fait de bric et de broc, un canapé aux couleurs léopard côtoie quelques animaux empaillés, entre une baignoire, une garde robe et une kitchenette. La sonnerie d’un téléphone retentit, un homme tousse. Le fils tente de convaincre son père d’aller voir le médecin mais le paternel trouve toutes les bonnes (et moins bonnes) excuses pour refuser. Le fils s’emporte, s’énerve, s’obstine. Manifestement le père perd la boule et le fils ne sait y faire face. Il appelle son frère, le ton est toujours aussi agressif, comme avec son ex-femme.

Jeune loup aux dents longues, il s’est plié pendant des années aux lois du « struggle for life », à cette obligation professionnelle de « manger le monde » sous peine de disparaître au point de perdre tout sens de la réalité. Tellement obsédé par sa propre réussite, il a égoïstement laissé se déliter ses rapports avec les autres, négligé sa famille, son père, son ex-femme et ses enfants, son frère qui semble vivre dans sa bulle, et ses amis comme Wulff qui est aussi son ancien collègue. Fraîchement licencié, confronté au délire de son père, il est las de ces bouts de responsabilités et n’a qu’une envie, s’asseoir au bord du lac et décrocher. Et lorsque Wulff lui annonce que son ancien patron est prêt à le réengager à condition de présenter des excuses, l’orgueil l’emporte une nouvelle fois, il refuse et s’énerve encore « des excuses jamais, c’est moi qui pars ». L’ex winner s’enfonce dans la déchéance, sans plus aucune ressource, sans aide, il va droit dans le mur et tente d’emmener les autres avec lui.

Dans un décor unique, la pièce de l’auteur allemand Nis-Momme Stockmann est jouée sur plusieurs plans, parfois simultanément, y compris avec des images projetées sur un écran en devant de scène. Le téléphone omniprésent - dont la sonnerie évoque la pression très répandue en entreprise du « toujours joignable » - crée un semblant de lien entre les personnages qui par moment se retrouvent face à face. Le procédé est un peu perturbant au début mais il permet de mettre un tant soit peu de distance qui fait que la violence n’est que verbale.

A la mise en scène et dans le rôle du fils, Georges Lini donne du coffre et une consistance remarquable au texte qui souligne la pression de la société qui mène au burn-out, au délabrement psychique au travers du culte de la réussite. Explorant notre rapport au travail, il met également en lumière l’angoisse que génère la crainte de ne pas être reconnu, de ne pas ou plus avoir d’emploi et la précarité toujours plus répandue. Un spectacle fort, profond, qui dépeint avec justesse la dureté de la société actuelle qui laisse son lot de naufragés sur le bord de la route.

« L’homme qui mangea le monde » de Nis-Momme Stockmann, mise en scène de Georges Lini, avec Itsik Elbaz, Vincent Lecuyer, Luc Van Grunderbeeck, Nargis Benamor et Georges Lini, jusqu’au 13 octobre au Théâtre de Poche à Bruxelles, 02/649.17.27, www.poche.be.

Théâtre de Poche


Chemin du Gymnase, 1 A
1000 Bruxelles