Ivo Livi ou le destin d’Yves Montand

Saint-Josse-Ten-Noode | Théâtre | Théâtre Le Public

Dates
Du 4 septembre au 27 octobre 2018
Horaires
Tableau des horaires
Théâtre Le Public
Rue Braemt, 64 70 1210 Saint-Josse-Ten-Noode
Contact
http://www.theatrelepublic.be
contact@theatrelepublic.be
0800 944 44

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Ivo Livi ou le destin d’Yves Montand

Les feuilles mortes se ramassent à la pelle  ? Les chansons et les souvenirs aussi  !

Cinq comédiens-chanteurs-danseurs nous entraînent à leur suite dans la vie d’un petit gars, fils d’immigrés communistes italiens, qui deviendra un monstre sacré du cinéma français et un géant du Music-Hall.

Ivo Livi naît en Toscane le 13 octobre 1921, un an avant l’arrivée de Benito Mussolini et des fascistes au pouvoir.

Des quartiers malfamés de Marseille aux studios d’Hollywood, de Kroutchev à Kennedy, de Prévert à Costa Gavras, de Piaf à Signoret, nous allons vous raconter sa formidable carrière, depuis les premiers pas sur scène d’Ivo Livi, jusqu’aux derniers combats d’Yves Montand.

Avec un humour décapant, toute la troupe – Molière du meilleur spectacle musical 2017 – transmet en humour et en émotions la poésie, la verve unique, les triomphes éclatants, les errements, la foi en l’homme, les emportements, les paradoxes… et rend hommage à Montand, l’homme et l’artiste, l’amoureux du Music-Hall et le militant de la liberté, qui disait  : «  Le devoir d’une femme et d’un homme de scène, c’est de se faire assez plaisir pour pouvoir le communiquer aux autres  ».

Spectacle à voir en famille dès 12 ans

UNE PRODUCTION DE KI M’AIME ME SUIVE. AVEC LE SOUTIEN DE LA COMMUNAUTÉ FRANÇAISE. Photo affiche © Johann Hierholzer.

Distribution

De Ali Bougheraba et Cristos Mitropoulos. Mise en scène : Marc Pistolesi. Avec : Ali Bougheraba (en alternance), Matthieu Brugot, Camille Favre-Bulle, Jean-Marc Michelangeli (en alternance), Cristos Mitropoulos et Olivier Sélac. Scénographie : Annie Giral et Olivier Hébert. Lumière : David Darricarrère. Créateur son : Matthieu Cacheur. Arrangements musicaux : Olivier Sélac. Costumes : Virginie Bréger. Chorégraphies : Camille Favre-Bulle. Régie : Pierre Hendrickx et Sam Seraille.

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4 Messages

  • Ivo Livi ou le destin d’Yves Montand

    Le 14 septembre à 01:36 par Ferre

    Wouaw ... Un spectacle extraordinaire !
    Au bout de 10 minutes, les 5 magnifiques comédiens/chanteurs/danseurs sont en nage tellement ils se donnent et ... cela dure durant 2 heures ...
    On ne s’ennuie pas une seule seconde ... Une mise en scène de folie ... Jamais vu ça !
    Je ne suis pas fou de "Montand" mais ce spectacle-là, il FAUT le voir !!!

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  • Ivo Livi ou le destin d’Yves Montand

    Le 19 septembre à 21:14 par tania88

    Les interprètes sont très doués et pluridisciplinaires..(danse, chant, comédie).c’est assez rare de nos jours pour le souligner J’ai appris plein de choses sur la vie de Yves Montant (semée de chances malgré un terrain peu propice) . Je n’ai pas vu le temps passé, tant c’était dynamique et entraînant. Très chouette spectacle, entre le théâtre et la comédie musicale.

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Lundi 17 septembre 2018, par Jean Campion

Une Comédie musicale exaltante et chaleureuse

En 2014, les comédiens-chanteurs de la Team rocket cie nous entraînaient dans les coulisses du "Cabaret Blanche", à l’aube de la guerre 14. Le succès de cette revue burlesque, tonique et émouvante a poussé les auteurs Cristos Mitropoulos et Ali Bougheraba à récidiver, en proposant à l’équipe une comédie musicale consacrée à Yves Montand. Pas pour chanter ses louanges dans une biographie flagorneuse ni pour simplement reprendre ses tubes dans un hommage. Frappés par son destin exceptionnel, ils nous racontent : "l’histoire d’un migrant, qui, poussé par la passion du cinéma et du music-hall, devient un artiste hors norme."

En virevoltant, les cinq acteurs se passent le relais pour jouer, chanter et danser différents épisodes de cet itinéraire, qu’un narrateur balise avec précision. Le 9 novembre 1991, juste après le tournage du film IP5, Yves montand meurt d’un infarctus. Un flash-back nous ramène dans un petit village de Toscane, pour assister à la naissance d’Ivo Livi, un an avant la prise du pouvoir par Mussolini. Fuyant les fascistes, la famille Livi, militante communiste, espère rejoindre les Etats-Unis. Hélas ! le consulat américain ne délivre plus de visas depuis... vingt-quatre heures. Désappointés, les Livi s’installent à Marseille, où s’affrontent gangsters et clans de "macaronis". En 1929, ils obtiennent la nationalité française. Le père, qui avait créé une fabrique de balais florissante doit déposer le bilan, ruiné par la grande dépression. Ivo quitte l’école à 11 ans. Bref passage en usine, puis il obtient un CAP de coiffeur. Dans le salon de sa soeur Lydia, l’apprenti charme les clientes et les épate par ses imitations de Fred Astaire et de Charles Trénet, ses idoles. Berlingot, un imprésario local le repère et lui ménage des rencontres professionnelles fort utiles. Yves a beaucoup à apprendre, mais il est tenace et veut percer. Il y parvient en domptant plusieurs fois le public impitoyable de l’Alcazar. Emile Audiffred, un producteur important, croit en lui et stimule son ambition. La guerre freine sa carrière, mais en 1944, il se sent prêt à conquérir Paris. Cependant une vérification d’identité (Livi ou Lévy ?) le perturbe profondément : "A deux voyelles près, j’avais droit à un aller sans retour pour Auschwitz."

Dans la suite de l’histoire, plus connue, le spectacle isole quelques rencontres marquantes. Edith Piaf l’aide à s’imposer sur scène, à devenir une vedette et... le largue après une courte liaison. Avec Simone Signoret, Montand s’engage dans des combats politiques. Boycott de l’Espagne franquiste et soutien au parti communiste. L’invasion de Budapest par les chars soviétiques, en 1956, ébranle leurs convictions. La tournée en URSS est pourtant maintenue, mais Montand et Signoret réclament des explications au chef du Kremlin. Trois ans plus tard, nanti du fameux visa, le couple est acclamé aux Etats-Unis. Yves triomphe sur une scène de Broadway et Simone reçoit l’Oscar de la meilleure actrice pour son interprétation dans "Les Chemins de la haute ville".

Les auteurs préfèrent garder le silence sur la relation de Montand avec Marilyn et sur ses changements de cap politiques. Ils se contentent d’effleurer sa carrière d’acteur. Si Cristos Mitropoulos et Jean-Marc Michelangeli jouent une scène de "Jean de Florette", c’est pour faire un clin d’oeil au destin. Obscur figurant dans "La Prière aux étoiles", un film inachevé de Marcel Pagnol, Montand force l’admiration, en incarnant le papet, héros tragique imaginé par l’auteur provençal. Cependant, c’est bien l’image du passionné de music-hall, bourreau de travail épaulé par des artistes talentueux, qui s’impose et qui justifie le choix de certaines chansons. Dans la peau d’Ivo Livi, Matthieu Brugot s’efforce de maîtriser le rythme de "Boum", tente de rivaliser avec Fernandel dans "Barnabé" et affirme son style en chantant sereinement "Dans les plaines du Far West". Camille Favre-Bulle, qui incarne toutes les femmes, interprète avec sensibilité "La Vie en rose", "Trois petites notes de musique" et "Les Feuilles mortes". Trois chansons classiques incrustées dans la vie de l’artiste.

Chemises et pantalons marron, les comédiens sont fidèles à la tenue de scène de Montand, mais aussi à son perfectionnisme. La mise en scène précise et inventive de Marc Pistolesi leur permet de nous entraîner dans une farandole de séquences sur un rythme époustouflant. Pas de temps mort, mais un spectacle bourré d’énergie, qui respire la joie de vivre. Les comédiens rendent quelques scènes touchantes mais misent avant tout sur l’humour. Ils nous amusent par leurs apartés et leurs fausses chamailleries. On apprécie leur ironie, lorsqu’ils imaginent différentes versions de la rencontre Montand - Signoret à Saint-Paul-de-Vence. Par contre, leur goût du burlesque les pousse à charger la discussion avec Khrouchtchev. Olivier Selac ne se contente pas d’accompagner ses camarades à l’accordéon électronique, il se coule astucieusement dans l’action. La complicité fait merveille, quand l’équipe chante à pleins poumons la révolution ou qu’elle roule "A bicyclette". Comment ne pas s’enthousiasmer devant ce spectacle intelligent, chaleureux et jubilatoire, qui n’a vraiment pas volé son "Molière 2017" ?

Jean Campion

Théâtre Le Public


Rue Braemt, 64 70
1210 Saint-Josse-Ten-Noode