DEPAYSEMENT

Bruxelles | Théâtre | Théâtre National

Dates
Du 18 au 29 avril 2017
Horaires
Tableau des horaires
Théâtre National
boulevard Emile Jacqmain, 111 1000 Bruxelles
Contact
http://www.theatrenational.be
info@theatrenational.be
02-203.41.55

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DEPAYSEMENT

Création au Festival de Liège : le 17 février 2017
Dans cette nouvelle création, pensée pour le public francophone, on retrouve Ascanio Celestini (traduit en direct par Patrick Bebi) accompagné pour la première fois d’une comédienne francophone, Violette Pallaro et d’un accordéoniste.
Avec sa langue inimitable, sa poésie sautillante, son humour ravageur à la fois tendre et cruel, son engagement civique et politique et son amour des « petites gens », le fils spirituel de Dario Fo nous revient avec un théâtre-récit dont il a le secret.
Un mélange de tragique et de comique, de rires et de larmes, de fulgurances littéraires et de rhétorique implacable plongeant sans cesse le spectateur dans un monde en lutte et politiquement désenchanté, traquant les injustices sociales et remettant l’homme au cœur de tous les discours.
Fils d’un artisan menuisier et d’une coiffeuse qui aimait danser, mi-lutin facétieux, mi-clown métaphysique, immense écrivain à la langue bien pendue, Celestini nous emmène, une fois encore, dans un tourbillon de mots, de styles et de démonstrations à couper le souffle.

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Lundi 24 avril 2017, par Catherine Sokolowski

Quand récit rime avec empathie

Les histoires d’Ascanio Celestini sentent l’Italie. Mélange d’humanité, de délicatesse et d’émotion, teintées d’un humour qui évite le misérabilisme, elles sont chaleureuses malgré le malheur dont elles sont empreintes. Racontées en italien, langue chaude et chantante, les histoires sont belles, respectueuses, sentent la pizza (à la mortadelle) et diffusent du soleil. Pourtant, elles parlent de SDF, de migrants et autres âmes en peine, invitant le spectateur à rencontrer l’Italie populaire des marginaux. Le message politique sous-jacent est subtil et d’autant plus touchant. “Dépaysement” est un spectacle bouleversant.

Celestini est traduit en direct par Patrick Bebi, également acteur. Les deux hommes se comprennent au-delà des mots et la traduction enrichit le spectacle. Une cuisine modeste sert de décor mais elle aurait pu être remplacée par la place du marché, une île grecque, ou la caisse d’un supermarché. Le conteur et son traducteur nous emmènent où ils le souhaitent et c’est justement pour ça qu’on les aime tellement.

Sur scène, ils sont quatre. Violette Pallaro, dont on vient d’apprécier les talents d’auteure et de metteure en scène dans “Tabula rasa”, interprète avec beaucoup d’entrain le rôle d’une jeune caissière, racontant son bonheur d’être reine servie par les clients, ses sujets. Sa présence complète celle de Celestini, apportant une touche féminine et gracieuse au style plus rude du conteur. Mais, comme lui, elle s’exprime avec un débit rapide et coloré, plein de bonne humeur. Gianluca Casadei joue de l’accordéon, instrument typiquement italien qui se confond tellement bien avec la musique de ces récits entrecroisés.

Après la jeune caissière, on rencontre Dominique, vieille SDF sympathique qui recycle les ordures et Saïd, sans-papiers qui tente d’oublier ses peines en jouant à la machine à sous pour lui acheter un vélo. On peut gagner en jouant, “c’est la statistique ! Le gouvernement l’a dit !”. La dame des machines à sous est “belle et méchante”, ancienne migrante dont le rêve oublié était de trouver un riche mari américain. Il y a aussi l’histoire du petit gitan de 8 ans, qui fume et donne des conseils, notamment à une petite fille qui finit au pensionnat après l’assassinat de son papa.

Impossible de ne pas tomber sous le charme de “Dépaysement”, qui séduit tout en dénonçant. Génie du théâtre narratif, Celestini chante aussi, laissant alors le temps de souffler à son compère traducteur. Car tout se déroule au rythme de l’éclair, laissant le spectateur pantois devant toute cette dextérité. A ne pas manquer.

Théâtre National


Boulevard Emile Jacqmain, 111
1000 Bruxelles