Burning

Bruxelles | Spectacle | Théâtre National Wallonie-Bruxelles

Dates
Du 3 au 7 décembre 2019
Horaires
Tableau des horaires
Théâtre National Wallonie-Bruxelles
Boulevard Emile Jacqmain, 111 1000 Bruxelles
Contact
http://www.theatrenational.be
info@theatrenational.be
+32 2 203 41 55

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Burning

Un homme empile des boîtes en carton, s’élance sur un tapis de course, s’habille en courant. Il tente d’organiser un environnement qui se dérobe et le contraint peu à peu, enchaînant les tâches répétitives, sans autre horizon que celui de cette mécanique lancée à toute allure.

Julien Fournier s’est appuyé sur des récits de vie glanés et des textes poétiques écrits et restitués en voix off par Laurence Vielle pour ausculter un monde du travail dont l’exigence confine à l’absurdité. Le mail reçu à une heure du matin, auquel on se sent obligé de répondre. L’obligation de se former en quelques mois à un nouveau métier. La brutalité de la pression hiérarchique. Toutes ces situations professionnelles qui nourrissent la lente combustion vers le burn out. Usant de son corps d’acrobate comme d’un révélateur, Julien Fournier met au jour les souffrances provoquées par ce système insidieux, malade de sa quête de rendement. Au croisement du cirque documentaire et de la poésie chorégraphique, Burning dépeint un homme en plein basculement qui, progressivement, s’affranchit des injonctions productivistes.

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1 Message

  • Burning

    Le 29 novembre à 13:05 par Mathieu Bouteligier

    Spectacle vu le mardi 26 novembre 2019 au Centre Culturel de Nivelles

    Un seul en scène sur le thème difficile du burn-out interprété de façon magistrale par Julien Fournier.
    Le spectacle court (50 minutes) et intense repose sur le lien entre, d’une part la performance physique et acrobatique de Julien Fournier, et d’autre part le décor jonché de caisses en cartons que l’acrobate déplace au gré de la bande son. La bande son est composée d’un témoignage sur le burn-out (le timbre particulier de la voix féminine (Laurence Vielle) est un peu perturbant pour l’oreille) entrelacé avec une musique tantôt lente, tantôt rythmée.
    Le défi est physique et technique à beaucoup de points de vue : décor, son, lumière, performance et est pour le moins original. Le déplacement quasi constant du protagoniste est une gageure qui est parfaitement exécutée et réussie. Seul bémol, le passage répétitif, trop long à mon goût, avant la scène finale.
    L’humour du début laisse place à un spectacle plus sombre et interrogatif sur notre rapport au monde du travail.
    Personnellement, il m’a manqué un début et une fin plus claire mais la longue ovation de la part du public fût à la hauteur de la performance et du spectacle. A voir absolument donc !!

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Jeudi 5 décembre 2019, par Catherine Sokolowski

En quête de sens

Amateur de chiffres, Julien Fournier ? Peut-être. En tout cas, son spectacle donne une idée très précise de la relation que le Belge entretient avec son travail, souffrance et burn-out compris. Le spectacle s’ouvre sur le récit d’une carrière chargée, un homme change et rechange de fonction jusqu’à l’obtention d’un diplôme d’ingénieur à 42 ans, sur demande de son employeur. Cette valse professionnelle incessante n’a pas de fin, à trois ans de la pension il effectue encore un revirement complet. Le travail est-il une fin en soi ? Cette analyse critique a ceci de particulier qu’elle est effectuée par un circassien. Des caisses en carton et une scène inclinée lui permettent de mélanger les genres, entre anthropologie, pirouettes acrobatiques et chorégraphie. Place à l’innovation !

L’excès d’investissement au travail est souvent doublé d’une vie privée millimétrée. Comment combiner les enfants et leurs activités, les courses, les repas et toutes les tâches ménagères indispensables avec un travail harassant ? Les témoignages recueillis par Laurence Vielle font froids dans le dos.

Quand le lundi, « ça va comme un lundi » et le vendredi, « ça va comme un vendredi », en fait, plus rien ne va ! La souffrance et le chagrin s’installent : « dans le travail, l’affect a toute sa place ». La voix off de Laurence Vielle, mécanique et artificielle, décrit l’enfer que vivent certains travailleurs tandis que Julien Fournier traduit cette pression en déplaçant des caisses en carton à une cadence effrénée tout en parcourant un plan incliné avec agilité. Le spectacle est aussi très esthétique, notamment lorsque les caisses se transforment en gratte-ciels, grâce à l’appui de la vidéo de Yannick Jacquet.

Le public est conquis, quelqu’un se charge d’exprimer tout haut ce qu’il pense tout bas : pourquoi se tuer au travail ? Le contraste entre la poésie du spectacle et son contenu fonctionne très bien, quel meilleur moyen d’exprimer un ras-le-bol ? Un spectacle court (une cinquantaine de minutes) qui permet de découvrir un autre volet de la magie du cirque belge dont on ne peut qu’être fier. Auteur, scénographe et interprète, Julien Fournier propose une œuvre intelligente et sensible : si votre travail vous le permet (!), prenez donc le temps d’y assister.

Théâtre National Wallonie-Bruxelles


Boulevard Emile Jacqmain, 111
1000 Bruxelles