The Birth of Violence

Bruxelles | Théâtre | Théâtre Les Tanneurs

Dates
Du 18 au 19 décembre 2019
Horaires
Tableau des horaires
Théâtre Les Tanneurs
Rue des Tanneurs, 75 1000 Bruxelles
Contact
http://www.lestanneurs.be
info@lestanneurs.be
+32 2 512 17 84

Moyenne des spectateurs

starstarstar-offstar-offstar-off

Nombre de votes: 2

The Birth of Violence

The birth of violence s’intéresse à l’extrémisme violent qui touche la jeunesse. La performance ne cherche pas à évoquer l’histoire du radicalisme violent ni la fascination qu’il peut parfois engendrer. Elle veut examiner cette attitude d’un point philosophique. Sur scène, trois individus (des non-professionnels), qui n’ont aucun lien entre eux, se retrouvent face à un dilemme et sont amenés à en débattre. Ioana Paun, metteure en scène, performeuse et activiste féministe roumaine, explore sans relâche les comportements humains. Avec The birth of violence, elle veut aller au-delà des débats habituels. Elle rassemble sur scène trois citoyens ordinaires qui a priori ne se seraient pas écoutés. Après s’être présentés, ces trois individus se voient confronter à un dilemme : que doit faire la société avec ceux qui rompent le contrat social ? La performance laisse place alors aux opinions et prises de position des trois personnes, leurs gestes, expressions, réactions et émotions étant analysés et projetés en direct sur un écran. Alors que le débat commence à chauffer, le public assiste à la réalisation d’une sculpture en forme de rocher. Le nom de la sculpture est The birth of violence. L’extrémisme n’est pas une donnée récente de l’Histoire. Il est souvent mystifié par les médias, monumentalisé pour devenir quasi un objet de célébration. Les débats lucides à son propos ont des difficultés à se concrétiser, tant la part émotionnelle est toujours présente. Ioana Paun s’interroge sur les motivations émotionnelles et existentielles qui se cachent derrière le radicalisme idéologique. Avec Amine Adjina, auteur français qui a étudié le processus de radicalisation dans le monde musulman français, elle engage un projet de recherche inédit – tant artistique, culturel que social – sur le radicalisme violent et rassemble autour d’elle des artistes et des chercheurs de Roumanie, de France et d’Europe pour les confronter à ce sujet. La première aura lieu au Phénix de Valenciennes, lors du NEXT Festival, en novembre 2019.

Distribution

Conception et mise en scène : Ioana Paun
Interprétation : Ilinca Manolache + 3 citoyens (distribution en cours)
Texte : Amine Adjina
Réalisation vidéo : Razvan Leucea

Laissez nous un avis !

4 Messages

  • The Birth of Violence

    Le 18 décembre 2019 à 22:12 par soniaLUX

    Le sujet méritait un développement intéressant. Une occasion ratée. La faute n’ incombe pas aux 3 personnes qui ont fait de leur mieux mais bien à la commediene qui n’a pas su éveiller l’intérêt. Et pourquoi en anglais ?

    Répondre à ce message
  • The Birth of Violence

    Le 20 décembre 2019 à 08:58 par Joenath

    Le sujet m’intéressait et il n’était pas facile de le développer au théâtre. La mise en scène avec des petites séquences audio était intéressante. L’actrice avec sa voix monocorde qui ne suscitait pas l’intérêt. De plus, le fait qu’elle parle en anglais avec une version sous-titrée gâchait l’ensemble. On reste sur sa faim. Dommage.

    Répondre à ce message

Un message, un commentaire ?

Qui êtes-vous ?
    Se connecter
Votre message

Jeudi 19 décembre 2019, par Didier Béclard

La violence est en nous

Née dans la Roumanie communiste quatre ans avant l’exécution des époux Ceausescu, Ioana Paun s’intéresse au phénomène de « dissidence violente » ou comment des personnes apparemment équilibrées peuvent verser dans la violence. Présenté dans le cadre d’Europalia Arts Festival Romania, « The Birth of Violence » évoque cette violence sans jamais la montrer.

Le spectacle débute avec des images de marché de Noël, des rues de la capitale, où déambulent des promeneurs. Un personnage cagoulé s’incruste dans ces tableaux paisibles avant de brandir une arme de poing. Intérieurs simples, on retrouve Catherine, 52 ans, qui se dit créative, Cynthia qui vient de Bordeaux et apprécie la nature, les choses simples et authentiques, et Roland, 68 ans, retraité mais actif parce que « le jour où on s’arrête, on meurt ».

Ces trois citoyens ordinaires auxquels on ne prêterait pas l’oreille dans des circonstances « normales » sont mis sur la sellette : « comment réagirais-tu, si tu perds tout ? ». « Cela susciterait une folle violence, je n’aurais plus aucune raison de vivre », « soit rien, soit je me bats, je me venge », « je pourrais tuer les gens qui tuent ma famille ». En scrutant les prises de position des trois personnes, leurs gestes, expressions, réactions et émotions, Ioana Paun cherche à comprendre comment des gens sans histoire, sans prédispositions particulières, peuvent envisager de basculer dans une violence radicale.

Retour au théâtre des Tanneurs, en passant par les loges, la femme cagoulée apparaît sur le plateau, dans une combinaison noire arborant un logo Nike, le pistolet dans un holster qu’elle porte à l’épaule. Au tour du public d’être confronté à la question : si dans 1000 ans, les habitants du futur découvrent notre civilisation submergée par l’eau, l’absence de quel objet annulerait notre civilisation en tant que telle ? Un médicament à 100.000 euros permet de traiter 150 patients alors qu’un autre médicament plus performant et coûtant 2 millions d’euros permettrait de soigner 7 personnes. Que choisir, sachant qu’opter pour la deuxième possibilité reviendrait à tuer 143 patients.

Au gré de toutes ces interrogations et confrontations, la metteuse en scène roumaine explore les racines de la violence qui réside en chacun d’entre nous. La lassitude d’être traité comme un esclave alors que dans la vie on a le choix entre résister et capituler mais que la plupart du temps, on capitule. Le mécanisme humain de défense n’a, au final, d’autre but que de protéger l’ego des sanctions sociales et de s’interroger sur les récompense qu’octroie la civilisation en remerciement de notre docilité.

La pièce est plutôt brute dans son déroulement et sa scénographie mais elle a le mérite de poser des questions auxquelles on ne pense pas naturellement et le propos est plus qu’interpellant à une époque où la violence surgit de toutes parts. La morale de l’histoire pouvant se résumer à : « prends soin de l’État et l’État prendra soin de toi. Sauf s’il oublie... »

Théâtre Les Tanneurs


Rue des Tanneurs, 75
1000 Bruxelles