So20

Namur | Danse | Théâtre de Namur

Dates
Du 15 au 18 janvier 2019
Horaires
Tableau des horaires
Théâtre de Namur
Place du Théâtre 2
Contact
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billetterie@theatredenamur.be
081 22 60 26

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So20

Et puis arrive ce jour où l’on se surprend à être investi d’une légitimité pour dire les choix d’une vie, comme celui de faire de sa passion un métier, ou de s’en aller à des milliers de lieues de ses origines en quête de la danse, … Pour un artiste, c’est peut-être en solo qu’on y arrive le mieux. Pour Claudio Bernardo, c’est sans artifices et seul sur scène que rythmes et gestes du corps écrivent les lignes d’un parcours riche en mouvements. Il suffisait pour cela de danser le monde et de le raconter avec des gestes.

Seul, Claudio Bernardo livre une mémoire qui se déplie sous nos yeux, celle de 20 années consacrées à danser des “phrases chorégraphiques” nourries de nombreux textes littéraires qui participent de son œuvre. Tel un aveu, le chorégraphe cède les arcanes de son art, un répertoire de 40 créations et une vingtaine de collaborations au théâtre et au cinéma. Le solo finit par livrer toute sa magie par des allers-retours textuels et vidéos qui laissent la place à la liberté des oscillations dans un registre de danse contemporaine, un peu comme quand un pianiste de jazz invente de ses doigts des trouvailles lyriques au piano, plus rien ne le retient.

Distribution

Concept, interprétation, scénographie, création lumière Claudio Bernardo. Assistanat artistique Anne-Cécile Massoni. Réalisation vidéo Cristina Dias, KINOdoc Images d’archives Claudio Bernardo. Construction décor Arnaud Paquotte, Frédéric Op de Beeck. Montage des extraits musicaux Maxime Denuc. Production/ Administration Agnès Pondeville. En coproduction avec Charleroi-Danses, Centre chorégraphique de la Fédération Wallonie-Bruxelles

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Vendredi 15 décembre 2017, par Didier Béclard

La danse est une éternelle vérité

Claudio Bernardo reprend « Só 20 », un solo créé à l’occasion des 20 ans de sa compagnie As Palavras dans lequel il trace comme il dit « la diagonale d’un regard sur un métier et une vie, dans le choix de la liberté du chemin ».

Une porte ouverte au fond du plateau laisse entrer un rectangle de lumière. Le danseur apparaît dans l’encadrement de la porte, adresse un regard appuyé au public comme pour demander la permission, de pénétrer sur le plateau, de prendre la parole et le geste. Claudio Bernardo s’adresse au public pour lui décrire son parcours et s’interroge sur le métier de chorégraphe (littéralement : celui qui écrit la danse). « Le chorégraphe écrit avec le geste et bâtit des bibliothèques à l’intérieur des gens qu’il touche. »
Ne à Fortaleza dans le Nordeste brésilien, Claudio Bernardo découvre très jeune, en voyant ses parents danser, que la danse est « un labyrinthe rempli d’amour ». Il entame des études de danse à Fortaleza puis à São Paulo avant de rejoindre la compagnie de Victor Navarro à Rio de Janeiro. En 1986, il reprend des études à Bruxelles, à Mudra, l’école dirigée par Maurice Béjart. Ce dernier apprenant que son élève a créé, avec d’autres étudiants et après les heures de cours, une chorégraphie, il lui demande de voir le résultat de son travail. Le verdict : « très bien, le monde a besoin de chorégraphes ». Il suit le grand Maurice à Lausanne pour poursuivre sa formation de chorégraphe. En 1989, il revient en Belgique où il travaille avec Frédéric Flament lors d’une résidence à l’Atelier Sainte-Anne avant de créer sa propre compagnie As Palavras, les mots en portugais. Il explique que « la danse m’a donné la possibilité de penser le monde avec une certaine distance et de le traduire en mouvement ce que les mots en langue étrangère ne pouvaient faire ».

Mémoire

Claudio Bernardo émaille cette conférence dansée d’extraits de solos revisités, comme des jalons d’une mémoire en perpétuel mouvement. Son parcours de chorégraphe se révèle peu à peu au travers d’archives vidéo, de photographies, d’enregistrements sonores. Tout au long du spectacle, il saisit, une à une, les couvertures qui jonchent le plateau. Les plie, les range, comme pour mettre de l’ordre dans ses souvenirs, ses émotions. Il convoque des auteurs qui l’ont inspiré, marqué - Kafka, Pasolini, Rilke, Tournier -, le photographe Salgado et une certaine image de son berceau brésilien ou le troisième impromptu de Schubert qui résonne comme une madeleine de Proust. Il s’ouvre, se livre, intime et pudique, au point que parfois sa voix s’efface.
Créé à l’occasion du vingtième anniversaire de sa compagnie, « Só 20 » (seulement 20) fait référence à une une lettre qu’une femme de 10 ans son aînée – Stella de Mello – lui avait adressée à Rio l’année de ses 20 ans, celle où il a décidé de quitter le Brésil pour gagner Bruxelles. Cette lettre, dont les mots sont toujours vivaces aujourd’hui, évoque l’éloignement, la séparation, l’amour, la danse et l’amour de la danse. « La danse est une éternelle vérité », dit-il.
Poétique et ludique, « Só 20 » est un spectacle empreint de grâce, d’humilité, de partage et d’amour qu’il est urgent de découvrir ou de redécouvrir.

« Só 20 » de et avec Claudio Bernardo jusqu’au 21 décembre au Théâtre Varia à Bruxelles, 02/640.35.50, www.varia.be.

Théâtre de Namur


Place du Théâtre, 2
5000 Namur