Retour à Reims, sur fond rouge

Ixelles | Théâtre | Théâtre Varia

Dates
Du 3 au 21 octobre 2017
Horaires
Tableau des horaires
Théâtre Varia
Rue du Sceptre, 78 1050 Ixelles
Contact
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Retour à Reims, sur fond rouge

Après l’enterrement de son père, Didier Eribon retourne chez sa mère à Reims. Il retrouve le milieu ouvrier qu’il a quitté trente ans auparavant, pensant pouvoir vivre sa vie à l’écart de sa famille et s’inventer soi-même en tournant le dos à son passé.

Il décide alors de replonger dans son histoire et de questionner les raisons de son éloignement.

C’est de manière frontale, comme un choc, découpé en une série de scènes qui s’enchaînent et avec deux musiciens, que Stéphane Arcas met en scène ce récit bouleversant dont il signe l’adaptation.

Restituer, sur fond rouge, l’histoire d’un livre et de son écriture qui commence plusieurs générations avant même que l’auteur ne l’entame ; restituer l’histoire enfouie d’un fils d’ouvrier, qui reste inscrite dans sa chair alors même qu’il est passé dans « l’autre camp » de l’ascension sociale. Mais une telle fuite peut-elle être à jamais définitive ? A quoi s’attache-t-on sinon à se réconcilier avec soi-même et avec le monde que l’on a quitté ?

Distribution

AVEC Marie Bos, Julien Jaillot, Nicolas Luçon, Thierry Raynaud, Fyl Sangdor, Claude Schmitz | MUSIQUE LIVE Michel Cloup, Julien Rufié | SCENOGRAPHIE, COSTUMES Claude Panier, Anaïs Terwagne | STAGIAIRE SCENOGRAPHIE Pauline Costes | CREATION LUMIERES Margareta Andersen | DECOIFFEUR Fyl Sangdor | CREATION MAQUILLAGE Rebecca Flores | COACH MARIONNETTE Agnès Limbos | ASSISTANAT Cécile Chèvre | ADAPTATION, MISE EN SCENE Stéphane Arcas

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7 Messages

  • Retour à Reims, sur fond rouge

    Le 6 octobre à 23:55 par afrg

    Beau travail des comédiens. Mais mix de tous les sujets de société à la mode à la sauce intello-gaucho d’arrière-garde qui n’apporte rien de nouveau au discours anti-lepenniste d’usage. Beaucoup de looooooongueurs. Décor musical agressif insupportable. Rôle superfétatoire de la marionnette scato...

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  • Retour à Reims, sur fond rouge

    Le 7 octobre à 08:30 par Caroline P

    S’il y a bien des longueurs, elles passent en vitesse tant les comédiens (et musiciens) tiennent le rythme dans un décor bien planté. Le personnage de la marionnette, disons le duo Claude><Christpohe , chacun y verra ce qu’il voudra... mais la performance est bien là. Quant au propos du texte, il a le mérite de bien résumer ce qui est bien connu de certain.e.s, pas forcément de tous.

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  • Retour à Reims, sur fond rouge

    Le 9 octobre à 09:57 par ktemara

    Texte magnifique malgré un choix de sujets peut-être trop divers. Le début de la pièce est très enthousiasmant : de l’originalité, du rythme, du décalage, de la provoc’...
    Les acteurs sont excellents (mention spéciale à Thierry Raynaud) !
    MAIS, trop long ! L’arrivée de Marie Bos casse le rythme et rend la pièce beaucoup trop longue. Son timbre de voix (qui a certainement son intérêt ailleurs) ne convient pas du tout ici...

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  • Retour à Reims, sur fond rouge

    Le 12 octobre à 23:30 par Aurelia

    http://varia.be/retour-a-reims-sur-fond-rouge/
    Je suis allé voir cette pièce qui parle de minorités (orientation sexuelles, statut social, etc), puis de ses origines que l’on a beau nier et s’en éloigner, elles ont, de toute évidence, forgé notre base. Nier les choses ne les guérit pas. Il faut avoir le courage d’y faire face, en revivre les émotions refoulées, les reconnaître, les comprendre, retrouver ces éclats de soi épars, afin de recomposer sa pleine identité. Comprendre aide à ne plus passer aux extrêmes, comme être à l’opposé de soi-même ou voter pour des extrémistes au pouvoir. Ces personnes morcelées, coupées d’elles-mêmes et dangereuses qui ont dû enfuir bien profondément leurs blessures et leurs peurs. Ne vivons pas par réactions inconscientes destructrices mais par décisions conscientes constructives. En ce qui concerne le spectacle, il y a eu de très belles choses mais je n’ai pas accroché pour tout. Ce n’est que subjectif et personnel. A la fin du spectacle, un comédien prend la parole pour parler brièvement de la cause des réfugiés du parc Maximilien et de la manière de leur apporter de l’aide. Je trouve ça super. Je trouve juste dommage qu’il n’eusse pas l’air d’assumer ses propos, de les dire presque en s’excusant auprès d’un public inattentif dont la plupart s’en allait déjà. Dommage que la Belgique semble toujours s’excuser d’exister et a encore du mal à s’assumer pleinement. Comme si une honte l’envahissait. Mais honte de quoi ? Ceci dit, je salue le beau geste. Le théâtre commence à reprendre doucement son rôle de porte-parole des citoyens qu’il met en scène.. Et j’observe qu’il y a de plus en plus de personnes, en Belgique et de par la monde, qui se lèvent et s’assument tels qu’ils sont, en regardant leur blessures en face et en se posant cette question plus appropriée : bon, et maintenant, on fait quoi concrètement ? ;-) Merci à vous tous ! <3 Retour à Reims, retour à ses origines, à son Authenticité, à Nous, à notre Humanité réunifiée.Je crois qu’il est vraiment urgent de commencer par s’enraciner, s’ancrer, pour avoir des bases solides en ces temps particulièrement agités. Et de (re)créer du véritable lien, au delà de nos écrans et des réseaux sociaux qui, sous l’illusion de nous rapprocher peuvent nous éloigner. S’il on s’en sert bien, ils peuvent aussi nous réunir ;-) <3

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Lundi 9 octobre 2017, par Jean Campion

Ecartelé entre deux mondes

Stéphane Arcas se sent proche de Didier Eribon. Comme le sociologue, il a été amené à détester le milieu d’où il vient et apprécie les oeuvres de Michel Foucault et de Pierre Bourdieu. Sa fascination pour "Retour à Reims", le récit autobiographique d’Eribon, parasitait sa capacité d’écrire sur sa propre enfance. Il y revenait sans cesse. Aussi, au lieu de combattre cette affinité, il s’est résolu à adapter le texte à la scène. En ajoutant au titre "sur fond rouge", il suggère la couleur du "brasier qu’est notre planète". La lave qui coule sous nos pieds est prête à exploser, comme la colère des dominés.

Il y a trente ans, Didier Eribon a quitté Muizon (banlieue de Reims) pour suivre ses études et vivre sa vie, à l’écart de sa famille. Loin d’un père homophobe. Un homme violent qu’il a toujours haï. Même au-delà de la mort. L’idée qu’il ait pu lui transmettre sa maladie d’Alzheimer le fait paniquer. Après l’enterrement de ce tyran, auquel il n’a pas assisté, il revient chez sa mère, à Reims. Un retour sur soi, qui lui ouvre les yeux. Malgré certaines réactions méprisantes à l’égard des pédés, il est plus facile d’être gay à Paris que dans une banlieue ouvrière. Cependant la honte sociale remplace la honte sexuelle. Pour s’intégrer dans ce milieu intellectuel et bourgeois, Eribon gomme son accent, corrige son vocabulaire et masque ses origines, tout en détestant ces intellos, pleins de mépris pour le peuple, dont il est issu. Il devient un transfuge de classe.

Des photos jaunies l’incitent à se plonger dans le passé et à tenter de cerner le destin de membres de sa famille. Il imagine la détresse de sa grand-mère aux moeurs trop libres, tondue à la libération. Sa mère rêvait de devenir institutrice... Adolescente, elle est placée comme bonne, puis fera des ménages, chez des bourgeois, qui souvent l’humilient. Ses frères, eux aussi, ont quitté l’école trop tôt. Lui est allé au lycée et a mesuré l’importance du fossé culturel. Son ami connaissait et appréciait Moussorgski. Chez les Eribon, quand la radio diffusait de la musique classique, on tournait le bouton : "On n’est pas à la messe !". Le sociologue est devenu un étranger pour son père. Mais la première fois que celui-ci a vu son fils à la télévision, il a pleuré de joie. La consécration !

Ces réflexions sur le déterminisme social font prendre conscience d’une évolution de la classe ouvrière. Lorsqu’il était enfant, Didier entendait les membres de sa famille proférer des propos racistes. Mais ça ne les empêchait pas de voter à gauche. Une affiliation "naturelle" au parti communiste. A partir de 1981, les socialistes au pouvoir ont laissé se dissoudre cette solidarité. Favorisant l’individualisme, ils ont excité le désir de posséder des biens de consommation. Grâce au crédit, les ouvriers ont eu l’illusion de pouvoir rivaliser avec les nantis. Un seul parti semble se soucier de ce prolétariat déboussolé : le F.N. Avec ses préjugés xénophobes et son refus de l’immigration. Face à "NOUS" les Français, "EUX" ne sont plus les bourgeois, mais les étrangers.

Dans son adaptation très sobre de "Retour à Reims" (2014), Laurent Hatat met en scène un dialogue entre l’auteur et sa mère, interrompu parfois par des prises à partie du public. Stéphane Arcas a souhaité donner une plus grande résonance à l’oeuvre d’ Eribon. Thierry Raynaud, Marie Bos et Nicolas Luçon portent sa parole. En y projetant ses propres émotions, chacun donne à ces monologues des couleurs différentes : indignation frémissante, empathie amère ou ironie caustique. Tout en mettant en valeur ce récit intimiste et dense, Stéphane Arcas nous entraîne dans un univers plus onirique, par deux textes de Michel Foucault et un décor surprenant, qui respire l’abandon. Le sol est recouvert de cendres volcaniques et, dominant des objets hétéroclites, un planisphère se met à rougeoyer. Deux musiciens soutiennent les acteurs par du free jazz et surtout du rock, vecteur de la culture populaire.

Dommage que ce spectacle ardent soit alourdi par des échanges entre Christophe et Claude. Leur première rencontre rend poussive la mise sur orbite de la pièce. Le spectateur est intrigué mais vite lassé par la cascade de blagues salaces. Et puis le couple devient enfin intéressant. Une fausse note qui n’empêche pas d’apprécier la pertinence et l’intensité de ce "Retour à Reims sur fond rouge". Il souligne la subtilité des analyses d’Eribon et, grâce à la sensibilité des comédiens, rend son témoignage poignant.

Jean Campion

Mercredi 11 octobre 2017, par Palmina Di Meo

ENTRETIEN AVEC ARCAS ENTOURÉ DE NICOLAS LUÇON (comédien) et MICHEL CLOUP (musicien)

Plasticien, Stéphane Arcas aime les couleurs dans ses scénographies. Ce « Retour à Reims, sur fond rouge » dans lequel il épouse la pensée de Didier Eribon, sociologue hanté par la fabrication des identités et la honte sociale qu’il a éprouvée pour son milieu d’origine, traverse l’histoire du parti communiste en France dans une introspection mêlée de souvenirs d’enfance. Déjà un succès théâtral.

Stéphane Arcas, ton adaptation du livre de Didier Eribon « Retour à Reims » est particulièrement bien reçue par le public.
La distribution du texte entre les comédiens est très réussie et puis il y a ce clin d’œil en introduction, une scène avec un ventriloque. Quel est son sens dans le spectacle ? C’est une simple introduction ludique ?

Stéphane Arcas : C’est ce que je cherche à faire croire au début avec ce prélude en sketchs mais c’est une fausse piste parce que c’est par ce biais que nous entrons dans l’univers de Michel Foucault, une référence pour Eribon. Une relation s’installe entre le personnage, seul en scène, qui reçoit une marionnette qui ne lui est pas destinée. Narcissique, raciste, homophobe, cette marionnette sert d’exutoire populaire, on va dire, et peu à peu par hybridation, il en vient à raconter son placard sexuel et son placard social. Progressivement, ils se féminisent et deviennent de plus en plus sensibles... Mais on est peut-être les seuls à le comprendre...Je voulais mettre en parallèle le texte d’Eribon qui est un constat fort de ce qu’est devenue notre société et quelque chose de plus poétique, que l’on trouve chez Foucault, de plus onirique aussi...

La qualité du spectacle tient aussi à la qualité de l’interprétation par les comédiens qui se dédoublent pour incarner Eribon et la manière dont ils se complètent. Comment s’est effectué le travail de préparation ?

Stéphane Arcas : Ils ont d’abord lu le bouquin, chacun de leur côté. On début, on a beaucoup travaillé en individuel sur les longues tirades. Ils ont dénoué le nœud sociologique et philosophique d’Eribon mais avec leur logique propre. Du coup, quand on écoute l’ensemble, on a trois couleurs assez différentes. Et puis, il y a des choses qui se font inconsciemment. À la première, par exemple, on m’a dit qu’il y a chez Nicolas Luçon quelque chose qui vient de l’enfance dans sa façon de jouer et j’ai réalisé qu’effectivement c’est lui qui porte tout ce qui a trait à l’enfance... Quand il incarne le singe, quand il raconte le collège... Quand il parle du parti communiste et du vote front national... Le point de départ ce sont ses souvenirs d’enfance... C’était inconscient de ma part.

C ‘était important qu’il y ait une femme dans la distribution ?

Stéphane Arcas : Je ne suis pas homo mais je suis en empathie totale avec ce que dit Eribon parce je viens du même milieu, de la classe populaire, et j’ai connu les mêmes réactions : être pointé du doigt, marginalisé, parce qu’on s’intéresse à la peinture, à la littérature... Et de suite, il y a un soupçon d’un surplus de féminité. Pour moi, la gauche est de sexe féminin et être de gauche c’est être une femme. Après, il y a des femmes qui sont très patriarcale et qui se battent pour le pouvoir comme des hommes. J’avais déjà abordé ce thème en travaillant sur le « SCUM Manifesto » de Valérie Solanas qui est surtout connue pour avoir tiré sur Warhol. Or, elle a écrit un bouquin qui est sous-estimé à mon avis, plein d’humour.

Les comédiens n’ont donc pas participé au découpage ?

Stéphane Arcas : Non. En juin, on a eu une première session de lectures où j’avais déjà proposé plus ou moins le découpage. Puis j’ai revu le tout pendant l’été. Et ils ont pu s’emparer du texte. Je les laisse filer vers leur intuition et ensuite on assemble mais en gardant la couleur de chacun.

Comment choisis-tu tes comédiens ?

Stéphane Arcas : Ici, je suis allé vers des comédiens avec lesquels j’ai l’habitude de bosser et qui sont des passeurs de sens et arrivent à se débrouiller avec de grosses tartines tout en préservant le sens, sans se laisser aller à suivre la mélodie du texte.

Le texte n’a pas été réadapté ?

Stéphane Arcas : Ah si. J’ai gardé beaucoup de passages du bouquin tels quels et puis il y a des endroits où je commence par faire « du Arcas » en ajoutant des « Je veux dire », des « genre... », ou des extraits philosophiques, des expressions quotidiennes. Et puis, je suis allé chercher dans des interviews qu’avaient données Eribon pour avoir sa parole dans un endroit un peu plus fragile, et aussi des extraits plus littéraires... Cela crée une évolution sociale à l’intérieur même du texte.
Par rapport à la création musicale, cela tisse un lien. Comédiens et musiciens ont beaucoup travaillé ensemble.

Il s’agit d’une musique originale créée pour le spectacle. Elle a été pré-écrite en collaboration avec toi ?

Michel Cloup : Certaines choses ont été préparées en amont mais c’est surtout au moment où on a commencé à répéter en improvisant sur les voix des comédiens que la musique est apparue. Il y a un ou deux thèmes qui reviennent, joués de manière très différente mais beaucoup de choses sont créées en improvisation et arrivent encore d’ailleurs au fil des représentations. Globalement, ce n’est jamais identique. On suit et on accompagne les comédiens. Quand ils chuchotent, on essaye de chuchoter et quand ils gueulent, on essaye de gueuler. On a juste fixé des points d’entrée et de sortie... Bien que certains soirs on sorte plus vite que d’autres mais l’idée c’est de ne pas perdre le texte.

Nicolas Luçon, tu as l’habitude de travailler avec Stéphane. C’était différent cette fois-ci avec un texte qui n’est pas de lui ?

Nicolas Luçon : Le point commun, c’est qu’il vient toujours avec des monologues très longs. Sauf qu’ici, Stéphane est l’adaptateur du texte. Du coup, on a affaire à quelque chose qui fonctionne différemment. Quand c‘est Arcas qui écrit, c’est plus pété. Je me demande quelle drogue il faut avoir pris pour dire le texte. Ici, je dirais que c’est une drogue beaucoup plus soft... Mais le texte intéressait les comédiens, moi, en tous cas. Il a une certaine fluidité et utilise des concepts de sociologie abordables. Avant toute chose, c’est un témoignage. Eribon déroule sa pensée avec simplicité.

Le fait de plonger dans des souvenirs familiaux rend-il le message d’Eribon plus accessible ?

Stéphane Arcas : Le livre est traversé de part en part par la littérature. La grand-mère qui se fait tondre à la fin de la guerre... On pense à « Hiroshima mon amour ». Il y a du Duras mais aussi du Genet, du Proust...

C’est voulu ces références ?

Stéphane Arcas : Il commence son livre par « Longtemps ». Je n’avais pas relevé à la première lecture. Puis, quand j’ai commencé à adapter, je me suis dit : « Comment j’ai pu passer à côté ? ». Il y a trop d’attention sur la recherche dans son livre et ce « Longtemps » est une occurrence qui traverse tout le texte.

Il y a une phrase qui vient un peu en conclusion « Nous ne sommes pas ce que l’on a fait de nous mais nous sommes ce que nous, nous faisons de ce qu’on a fait de nous ».
Stéphane Arcas : c’est une citation de Sartre par Eribon. Cette phrase est fondamentale. Il a réalisé cela quand il était étudiant et il y est revenu lors de son coming out social. Quant à moi, cette phrase m‘avait marqué bien avant de lire Eribon. Il fut un temps où je me la répétais comme une autodétermination. C’était lié à ma pratique de l’art contemporain. En la relisant dix ans plus tard, cette phrase m’est revenue à la gueule. Cette citation dépasse les classes sociales.

Les gens se reconnaissent-ils dans l’expérience de Didier Eribon ?

Stéphane Arcas : Ce qui est d’abord touchant, c’est la thématique de l’aveu. Et tout le monde peut se reconnaître dans le fait d’avoir eu honte de ses parents... Une question que je me posais : le parti communiste, cela va-t-il parler aux jeunes. On se situe après la chute du mur... Pour eux, c’est dans les livres d’histoire... Mais en fin de compte, ils ont l’air assez touchés.

Le portait de la gauche, assez juste et noir, que fait Eribon suscite des réactions ?

Stéphane Arcas : Il y a ceux qui ne viennent pas forcément au théâtre et qui voteront front national ou autre mais il faut reconnaître que vu l’évolution de la gauche, les gens votent par dépit, contre quelque chose... Ceci dit, il y a un espoir parce qu’il y a des alternatives, par le biais du PTB en Belgique, ou d’Écolo... En France, en Grèce, en Espagne, des mouvements naissent. Ces alternatives sont récentes et cela peut prendre du temps...

Propos recueillis par Palmina Di Meo

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