Que reste-t-il des vivants ?

Saint-Josse-Ten-Noode | Théâtre | Théâtre de la Vie

Dates
Du 14 au 25 février 2017
Horaires
Tableau des horaires
Théâtre de la Vie
rue Traversière, 45 1210 Saint-Josse-Ten-Noode
Contact
http://www.theatredelavie.be
reservations@theatredelavie.be
+3222196006

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Que reste-t-il des vivants ?

Dans l’intervalle de l’organisation socio-économique mondiale et l’intimité contrariée du vivant, le spectacle bouscule par son constat critique la légitimité du "miracle" post-industriel. Après "C’est quand la délivrance ?", Laurent Plumhans donne à nouveau la parole à une "jeune" génération dépossédée. Comme rempart à la brutalité latente d’une société malade, l’écriture y dissèque la relation à l’autre dans le prisme de l’addiction à l’objet, là où cohabitent marchandisation et perte du sentiment d’exister.

Distribution

Interprétation : Alexis Garcia, Christophe Ménier, Julien Rombaux, Emilienne Tempels ; Ecriture et mise en scène : Laurent Plumhans

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7 Messages

  • Que reste-t-il des vivants ?

    Le 16 février à 15:45 par alec

    J’ai été charmé par l’originalité, la pertinence et le côté visionnaire et philosophique de la pièce. Une oscillation entre des situations à la fois réelles et absurdes et des moments d’égarement, d’onirisme, voire de folie. Dans tous les cas, une dénonciation forte de ce qui va mal dans notre société. Quel avenir nous attend ? Un spectacle fort et qui suscite de nombreuses questions, servi par de très bons acteurs.

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  • Que reste-t-il des vivants ?

    Le 16 février à 15:59 par Joenath

    Les grandes questions existentielles de nos sociétés et de nos vies sont mises sur le devant de la scène. C’est traité avec brio et très bien joué par des acteurs talentueux avec même un brin d’humour. Intéressant.

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  • Que reste-t-il des vivants ?

    Le 16 février à 17:07 par Van Molle Sylvie

    Une succession de tableaux abordant, avec humour, les conséquences de la crise économique de 2007, qui perdure jusqu’à aujourd’hui, sur le quotidien professionnel et privé des gens. Le décor est sobre, délimité par des halos lumineux avec une musique en direct, omniprésente.

    A vouloir tout abordé, on nous noie dans une profusion de sujets et une multitude de personnages, tous joués par les quatre comédiens.

    Ceci est le constat d’un questionnement qui ne va pas plus loin. Aucune solution proposée pour une autre société. Dommage !

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    • Que reste-t-il des vivants ?

      Le 22 février à 11:02 par C. ThéO

      La m.e.s. était un peu plus subtile qu’une simple succession de tableaux : zapping, quelques enchaînements et ’déchaînements’ en mode miroir, construction et déconstruction, et un gros plan avec une bonne dose d’autodérision sur la genèse du spectacle ’ici’.
      Que les 4 comédiens parallèlement accompagnés par le musicien-compositeur nous (dé)livrent brillamment un texte ’intelligent’ malgré les termes indigestes & soporifiques propres au monde bancaire & de la finance, preuve en est qu’ils retiennent toute notre attention (enfin presque, il y a toujours des spectateurs somnolents...) est déjà un exploit et ce sans devoir en passer par un mode ’Caliméro & les Bises Nounours’ du film ’DEMAIN’.
      Constat, solution... notre ADN de consommateur ’au plus j’ai, au plus je veux, au moins je suis...Heureux ?’ ne peut se modifier que de l’intérieur. La solution c’est Nous !

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  • Que reste-t-il des vivants ?

    Le 17 février à 15:33 par BETTY6

    ... voter 5 car d’autres doivent avoir voté 3 ou moins ..., 3-4 est un min.
    ’Le Théâtre de la Vie’ reste fidèle à sa programmation toujours de qualité, tant sur le fond que sur la manière de le traiter.
    En ayant lu la présentation, je me demandais comment illustrer et jouer ’la financiarisation de nos existences’.
    Certains et certaines devraient peu être lire le résumé, la note d’intention du metteur en scène avant d’hâcher menu le propos promis et parfaitement tenu par la comédienne et les 3 comédiens accompagnés d’un pianiste (compositeur) très très présent...

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  • Que reste-t-il des vivants ?

    Le 21 février à 22:16 par C. ThéO

    Les 4 comédiens entrent en scène ensemble, dépareillés, quand la musique donne d’entrée de jeu le tempo, le musicien-compositeur Camille-Alban Spreng est presqu’à lui seul le métronome cette mise en scène.
    Scènes défilant au rythme de séquences, on embarque immédiatement, ou pas... Pas le temps de penser à demain. Demain de toute façon c’est déjà hier, nos existences de con_sommateurs interprétées avec brio et tout le cynisme qui caractérisent le propos aux termes techniques bancaires. Ere de ’la financiarisation de nos existences’, sur le fil de l’endettement, de l’entêtement à vouloir posséder à tout prix, n’importe quel prix, l’humain pas dans la norme est un animal, l’animal en devient un humain. Main dans la main, comédiens au rôle solidaire et l’ambiance anxiogène tantôt aux néons aveuglants, tantôt dans l’obscurité d’un texte d’une écriture intelligente, nous entraînent vers presqu’une ’Chute Libre’ du banquier à la batte de baseball. Allez les voir... certains y verront le miroir, les écouter... vous vous entendrez, les observer... vous vous reconnaîtrez, et puis ... les applaudir, ils (inclus Laurent Plumhans, tous.tes Droitdanslemur) ne l’auront pas volé, contrairement à certains banquiers... ils n’apportent pas de solution car nous sommes la solution, action !
    On aime Christophe Menier ou pas, il prend notre regard, notre attention comme certains prennent la lumière en photographie, son timbre de voix de quoi en devenir fou.folle.

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Vendredi 17 février 2017, par Yuri Didion

L’arbre cache-t-il la forêt ?

Quatre comédiens, un musicien, et une question : que reste-t-il des vivants ? Spectacle au thème complexe présenté de manière amusante, dans une temporalité déconstruite mais rythmée, qui questionne les rapports des humains : à l’argent, à l’information, aux faits, aux représentations, et surtout, aux autres humains...

Le texte de Laurent Plumhans est riche, complexe, intelligent, limite philosophique. S’y mêlent des notions d’économie, de politique, de finance, mais également une grande morale. Avec son rythme séquencé, il déconstruit l’habitude d’une histoire avec début-milieu-fin, avec "quelque chose qui se passe". Non qu’il ne se passe rien, bien au contraire : sur le plateau, mille et un événements souvent sans lien apparent s’enchaînent, ponctué de-ci de-là d’interventions distanciées des comédiens, de poésie en langage scientifique et de séquences documentaires clin d’œil.

La mise en scène impose un rythme très étrange, appuyant fortement sur le séquençage, la destructuration du temps. Les scènes sont entrecoupées de noirs, même au sein d’une même séquence, dans lequel les comédiens se déplacent dans le plus grand silence. Résultat : au retour de la lumière, surprise et léger malaise. Le peu de mouvement, de déplacement énergique des comédiens donne une angoissante impression de poids, de paralysie, alors que l’utilisation de micros permet aux comédiens un jeu très intime. Jeu dans lequel le public plonge facilement grâce également à la grande sobriété de la scénographie.
Sur scène : rien. L’espace naît d’une lumière lointaine, nette et précise, parfois à l’excès vu le manque d’éclairage de certains passages qui laissait un comédien dans le noir. Dommage. Mais la lumière participe également au message, avec cet éclairage de proximité fait aux néons, lumière froide par excellence. Le peu de mobilier sert surtout d’illustration à un propos ou d’appui de jeu. Toujours dans l’utile, jamais dans le décoratif.
Le décors ici, c’est la musique. Nappes sonores, leitmotiv contrastant, le tout en sonorités étranges (instruments électroniques et piano à l’accord étrange). Les "mélodies", si le mot est juste, sont les meilleurs soutiens à l’émotion, à la sensation d’une montée en tension tout au long de la pièce.
En effet, les comédiens soutiennent le texte à merveille, et cela ne leur permet jamais vraiment d’être très émotifs. L’écriture ne s’y prête guère. Difficile pour le public donc d’être en empathie avec eux, tant il est maintenu dans la compréhension intellectuelle. Cela donne souvent des personnages un peu schizophrène, un peu hystérique qui ne font que nous parler, sans jamais nous émouvoir. Mais le jeu est lisible, les interventions en distanciation impliquent le public, le texte fait écho, fait résonner ses questions dans la salle, les comédiens vous invitent littéralement à penser avec eux.

Le tout ensemble fait un spectacle fortement engagé mais très décousu, pas toujours distrayant, assez difficile à suivre mais qui ne peut nous laisser indifférent. En effet, les réflexions sont profondes et nous concernent : dans les crises financières, quelle est notre part de responsabilité ? Quel système avons-nous mis en place, à quelles dérives avons-nous permis d’advenir pour que ces cahots financiers impliquent une modification de notre sociabilité, de notre morale ? Quand avons-nous permis qu’on licencie quelqu’un dont l’éthique fait qu’il rapporte moins tout en respectant plus l’Autre : le client, l’acheteur, le pigeon ? Quand le permettons-nous encore ? Et pour Laurent Pluhmans, la réponse est dialectique : "Qu’avons-nous à perdre, qu’avons-nous à gagner ? Unique question semble-t-il dans le maintien d’un équilibre précaire". Cette dichotomie pertes/profits, installée jusque dans nos relations nous confine à la superficialité. Et comme avec tout confinement, la tension monte, l’étouffement guette.
Et si finalement, l’arbre des subprimes cachait toute une forêt en crise ? La réponse se cache peut-être dans cette émouvante dernière scène...

Théâtre de la Vie


Rue Traversière, 45
1210 Saint-Josse-Ten-Noode