Orphelins de Dennis Kelly

Théâtre | Théâtre de Poche

Dates
Du 24 septembre au 19 octobre 2013
Horaires
Tableau des horaires

Contact
http://www.poche.be
reservation@poche.be
+32 2 649 17 27

Moyenne des spectateurs

star-offstar-offstar-offstar-offstar-off

Nombre de votes: 0

Orphelins de Dennis Kelly

Orphelins, de Dennis Kelly - CREATION

Au cœur d’un quartier difficile, retranchés dans leur appartement confortable, Helen et Danny s’apprêtent à passer une soirée tranquille en amoureux quand ils sont interrompus par Liam, le frère d’Helen qui débarque chez eux le T-shirt couvert de sang. Interrogé par le couple ses explications se font de plus en plus confuses, inquiétantes…

Du 24/09 au 19/10/2013 à 20h30 Mise en scène : Patrice Mincke - Assisté de Melissa Leon Martin Avec : Anne-Pascale Clairembourg, Itsik Elbaz, Pierre Lognay Scénographie : Olivier Wiame
Lumières : Alain Collet

Durée : 1h45
Dès 16 ans
Spectacle dès 20h30 du mardi au samedi
8, 11, 13, 16 € - Réservation : 02/649.17.27 ou www.poche.be ou reservation@poche.be

Laissez nous un avis !

21 Messages

  • Orphelins de Dennis Kelly

    Le 1er octobre 2013 à 01:09 par Domi

    De très bons acteurs dans une dynamique qui jamais ne s’épuise. Un spectacle qui pose des questions essentielles. La situation dérape sous nos yeux... Et nous, qu’aurions-nous fait à la place de ce couple ? Et comment encore se regarder en face ? Bref, un spectacle intelligent, à ne pas manquer.

    Répondre à ce message
  • Orphelins de Dennis Kelly

    Le 1er octobre 2013 à 08:52 par cybemi

    On accompagne ce couple ordinaire et paisible dans une descente aux enfers et on se dit "non pas ça" et pourtant si on est honnête on doit se demander jusqu’ou serait-on allé pour un frère ou un fils ? Avec les meilleures et les pires raisons du monde. Terrifiant et interpellant. Très belle interprétation. Un théâtre accueillant, un lieu convivial, la facilité du parking...dommage de que les sièges soient si cruels pour les dos fragiles.

    Répondre à ce message
  • Orphelins de Dennis Kelly

    Le 4 octobre 2013 à 04:41 par Alexei

    Le rythme de la pièce est soutenue tout le long mais je mettrais en reproche que cela va vite et que vu que ça crie beaucoup on ne comprends pas toujours tout ce qui est dit. De plus, pour les spectateurs au fond de la salle, j’imagine qu’ils devaient avoir du mal à entendre vu que je trouvais que les acteurs ne parlaient pas fort.
    Dans les bons points c’est intelligent, interpellant et les acteurs semblent oublier le public. Pièce interpellante au niveau de la société et de cet effet domino du frère qui est victime, qui devient agresseur par la suite et qui finit par apporter le malheur dans la vie toute rose de sa soeur mais au fond n’est-il pas aussi une victime abandonné par la société ? Sommes-nous pas coupable ? Difficile à dire et c’est une pièce que je recommanderai ne serait-ce que pour le questionnement qu’elle interpelle.

    Répondre à ce message
  • Orphelins de Dennis Kelly

    Le 16 octobre 2013 à 10:06 par franc

    Bravo, mise en scène efficace et pas facile, les acteurs sont excellents. Pose des questions importantes et ne brosse pas le spectateur dans le sens du poil. Il reste quelques jours pour découvrir ce beau spectacle !!

    Répondre à ce message
  • Orphelins de Dennis Kelly

    Le 17 octobre 2013 à 07:29 par Pattrick

    Heureusement qu’il reste des pièces comme celle-ci.Un couple, une vie dans laquelle tout va. Nous, spectateur, on regarde et on se demande ce qui va se passer, puisque quelque chose doit se passer.
    Et là, cela commence, le frère arrive et on descend, on descend dans l’horreur, dans les explications.
    Mais aussi, on se pose des questions : "et moi" ?
    la mise en scène est sobre et efficace. le jeux, excellent. on rentre vraiment dans les questions et les tourmants de ce couple.
    et on se pose encore des questions en sortant de là.
    oui, un théâtre intelligent et tellement bien joué.
    A voir

    Répondre à ce message
  • Orphelins de Dennis Kelly

    Le 19 octobre 2013 à 12:05 par chrisdut

    Waouh ! Quelle pièce ! Un très grand moment de théâtre. Superbe jeu des acteurs qui sont tous les trois excellents. Je suis resté scotché sur mon siège pendant les 1h40 de spectacle complétement dedans. Cette pièce nous prend aux tripes et ne nous laisse pas indifférents. Un tout grand merci au Poche et à la troupe pour ce super moment. Cette pièce est en bonne voie pour faire partie de mon top 5 de cette saison (qui ne fait que commencer !)

    Répondre à ce message
  • Orphelins de Dennis Kelly

    Le 21 octobre 2013 à 10:41 par deashelle

    Helen défendra son frère (un excellent Pierre Lognay) comme une tigresse. Prête à se mentir et à faire mentir. Il est fascinant de voir comment Helen disculpe initialement Liam aux motifs que sa victime avait l’air « bizarre » et qu’elle-même a fait l’objet de harcèlement sexuel par des malfrats du coin pourri où ils habitent. Helen est prête, non seulement à éviter que la police ne débarque pour protéger son seul lien familial vivant, mais aussi à maquiller les faits et à impliquer son mari par un odieux chantage sentimental, lui qui veut désespérément ne pas se mettre hors-la-loi. Cyniquement, elle démontre que quelqu’un issu d’un bon milieu comme son mari peut en venir lui aussi à mentir et commettre des actes immondes. Elle va jusqu’à utiliser la maternité comme obscène monnaie d’échange. Dans cette descente aux enfers, le public finit par ne plus pouvoir respirer, tousse, s’agite tant la tension sur le plateau devient intenable. Tout l’art (consommé) du metteur en scène Patrice Mincke est de diffuser l’horreur au goutte-à-goutte, à la façon d’un thriller qui vous agrippe et ne vous lâche plus. Et c’est le spectateur qui finit par avoir le couteau sur la gorge !

    Danny, à la fin, ne se supporte plus, devient un fantôme de lui-même, il est l’éclopé d’un cataclysme domestique inspiré par le mal. Magnifique interprétation du comédien et de sa comparse, un être écorché par la vie qui a transféré sur lui tout le poids de la culpabilité.
    Il reste cependant un petit espoir, incarné dans la présence muette de Shane en pyjamas, leur fils, un gosse bien élevé de 7/8 ans qui a traversé les événements en passant le week-end chez sa grand-mère accueillante. Redonnera-t-il à sa mère son enfance volée et la notion du « Never again » ? Un arrimage à des valeurs retrouvées de tendresse, de respect et d’éducation ?

    Répondre à ce message
  • ORPHELINS

    Le 24 mars 2015 à 01:23 par Cappu

    Une pièce haletante, menée avec brio par trois comédiens exceptionnels. Le spectateur partage à fond les sentiments des comédiens, regarde, sans pouvoir rien y faire, la manipulation terrible et omniprésente dans cette pièce. A ne manquer sous aucun prétexte.

    Répondre à ce message
  • ORPHELINS

    Le 25 mars 2015 à 03:05 par djalie

    Je suis contente d’avoir vu cette pièce, même si j’ai été déçue...
    Les enjeux sont magnifiques et de ce point de vue là, le travail est très bien et intéressant.
    Pour le reste, je trouve que le traitement et la mise en scène sont parfois en décalage avec le sujet. Le registre n’est pas clair et de ce fait là, je n’ai pas été touchér par les personnages.
    Le travail du rythme ne m’a pas semblé toujours harmonieux, tantôt lent, tantôt trop rapide et saccadé.
    Quoiqu’il en soit, c’est un très beau travail.

    Répondre à ce message
  • ORPHELINS

    Le 27 mars 2015 à 03:37 par Liza

    Tous les ingrédients du thriller psychologique s’y trouvent !
    Cette pièce nous tient bien accrochés à notre siège même quand le malaise s’installe !
    Bravo aux comédiens et très bonne mise en scène.

    Répondre à ce message
  • ORPHELINS

    Le 29 mars 2015 à 11:07 par goliaso

    Les personnages sont réels et la situation est très actuelle.

    L’interpretation est excellente. Bref, une des plus belles pièces que j’ai vu cette année et que je récommande vivement/

    Répondre à ce message
  • ORPHELINS

    Le 31 mars 2015 à 10:57 par Alexline

    Le jeu des comédiens est exellent, ils nous transmettent leurs sentiments, on rentre vraiment dans la pièce, dans les problèmes de la famille. Thème qui nous interpèle, on se pose des questions.

    Répondre à ce message
  • ORPHELINS

    Le 9 avril 2015 à 10:20 par chrisdut

    J’avais énormément apprécié cette pièce en octobre 2013 et je suis allé la revoir avec un très grand plaisir et comme un bon plat, c’est encore meilleur le lendemain. Quelles interprétations de la part des 3 acteurs ! Une performance à voir au plus vite.

    Répondre à ce message
  • ORPHELINS

    Le 17 avril 2015 à 07:22 par mike_bel

    Un thriller en théâtre, c’est plutôt rare chez nous. Et quel bon thriller ! A voir de toute urgence...

    On est pris en haleine du début à la fin de cette pièce, les acteurs sont juste parfaits et la traduction de la pièce est assez bien faite.

    Une des meilleure pièce que j’ai pu voir la saison passée et pour preuve, j’ai été la revoir cette année déjà :-)

    Répondre à ce message

Un message, un commentaire ?

Qui êtes-vous ?
    Se connecter
Votre message

Mardi 1er octobre 2013, par Jean Campion

Dans l’engrenage de la lâcheté

Dans "Après la fin", Dennis Kelly nous fait assister à des combats de plus en plus acharnés entre deux rescapés d’une explosion nucléaire. Lutte impitoyable qui suscite un regard critique sur une société minée par le terrorisme et tentée par le repli sur soi. "Orphelins" s’appuie aussi sur les affrontements entre trois personnages complexes, pour secouer nos certitudes. Un thriller psychologique palpitant, qui nous raconte l’éclatement d’une cellule familiale, fracassée par la violence de la rue.

Le t-shirt maculé de sang, Liam fait irruption dans le salon douillet, où sa soeur Helen et Danny entament un souper d’amoureux. Très agité, il explique, dans un langage confus, qu’il a tenté de secourir un adolescent agressé par des inconnus, mais que celui-ci, pris de panique, s’est sauvé. Perplexité devant ce récit incohérent... Danny estime qu’il faut prévenir la police. Réagissant avec ses tripes, Helen l’en dissuade : Liam a un casier judiciaire, il serait un suspect tout désigné. On devrait même lui fournir un alibi ! En distillant ses révélations, Liam va entraîner sournoisement le couple vers l’horreur. A chaque revirement, il obligera sa soeur et son beau-frère à se demander jusqu’où on peut repousser la frontière de l’inacceptable, pour protéger les siens.

Son comportement est déroutant. Conscient qu’Helen est son ange gardien, il n’a cessé de lui gâcher la vie. Il admire le couple qu’elle forme avec Danny, se sent bien chez eux et voudrait qu’ils lui confient le petit Shane. Cependant c’est un être faible, influençable. Il sait qu’il ne devrait pas fréquenter Mike, un néonazi, obsédé par les armes et les histoires horribles. Mais c’est son pote... Pierre Lognay dévoile subtilement les sentiments contradictoires qui écartèlent Liam. Vulnérable, insidieux, il sème le trouble et reconnaît lucidement : " Vous savez, vous avez votre monde, votre monde tout beau et c’est comme si j’avais ramené un chat mort ici et que je l’avais laissé sur votre canapé, sur votre beau canapé de chez John Lewis."

Orphelins très jeunes, Helen et Liam ont vécu une enfance malheureuse, qui les a fortement soudés. Leurs vies ont emprunté des chemins différents, mais Helen continue à surprotéger cet écorché vif, qui n’a pas grandi. Son amour pour ce frère encombrant, imprévisible prend parfois un visage monstrueux. Solide, équilibré, Danny voudrait transmettre à sa femme sa confiance dans l’avenir. Il se réjouit de sa grossesse, alors qu’elle se demande si elle va garder ce deuxième enfant. Agressé par de jeunes Arabes, il minimise l’incident et s’efforce d’être tolérant. Contrairement à Helen, excédée par les invectives sexuelles, qu’elle subit dans ce quartier pourri.

Les aveux successifs de Liam emportent le couple dans la spirale de la violence. Ebranlement des valeurs morales, du sens civique, chantage. Des affrontements, que la mise en scène sobre et précise de Patrice Mincke rend de plus en plus intenses. Fragile, parfois à bout de nerfs, Anne-Pascale Clairembourg incarne une Helen déterminée. Face à cette manipulatrice, Itsik Elbaz est un Danny farouche et désarmé.

Pour traduire la violence qui habite ses personnages, l’auteur utilise une langue vive, rythmée, peuplée de mots qui se bousculent, de phrases avortées et de non-dits. Quelques pointes d’humour permettent de détendre le spectateur, afin de mieux le tenir en haleine. Dennis Kelly ne juge pas ses personnages. En creusant leur psychologie, il nous renvoie à nos rapports avec les autres. Au-delà de ce drame intime, il nous alerte sur une insécurité urbaine de moins en moins contrôlable.

Jean Campion

Orphelins

Théâtre de Poche


Chemin du Gymnase, 1 A
1000 Bruxelles