Mélo

Théâtre | Théâtre Les Tanneurs

Dates
Du 27 au 29 mars 2013
Horaires
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+32 2 512 17 84

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Mélo

Au départ de ce projet, il y a un besoin impérieux, celui d’en découdre avec le souvenir d’un spectacle pour lequel Armel Roussel accompagné de Vincent Minne se sont enflammés. Celui-ci est resté pour eux une référence depuis sa vision au Festival d’Automne de Nanterre en 1993. Ce spectacle avait pour titre The Hip Hop Waltz of Eurydice, mis en scène par l’irano-américain Reza Abdoh. Il décrivait, dans un style outrancier, un monde futuriste dans lequel l’amour devait être banni. 20 ans plus tard, le premier réflexe d’Armel Roussel toujours accompagné de Vincent Minne a été de vouloir s’emparer du texte pour en donner une version nouvelle et éprouver le souvenir de ce qui fut pour eux un déclic, en travaillant sur la mémoire et le temps - en termes d’évolution, de durée et de transformation. Après un premier atelier qui s’est déroulé en août 2012, force a été de constater que l’histoire d’amour futuriste que Reza Abdoh écrivit en 1990 ne répondait plus à leurs aspirations théâtrales d’aujourd’hui. Eux-mêmes étaient transformés et il leur apparut que s’ils devaient parler d’amour (encore et toujours malgré tout), il leur fallait surtout se pencher sur eux-mêmes, sur leur pratique théâtrale au quotidien, leur propre esthétique, leurs histoires passées, leurs aspirations, leur amour pour la littérature. Mélo se construira donc à partir de là. Il sera présenté sous la forme d’un work in progress au cours duquel les acteurs raconteront la façon même dont il s’est construit, élaboré et continue à s’élaborer. Mise en scène Armel Roussel Avec Florence Minder, Vincent Minne, Julien Jaillot , Armel Roussel Assistant à la mise en scène Julien Jaillot Direction technique Nathalie Borlée Crédit photographique Armel Roussel Une création d’Armel Roussel / [e]utopia3 en coproduction avec le Théâtre Les Tanneurs. Avec l’aide de la Fédération Wallonie-Bruxelles – Service Théâtre. Armel Roussel / [e]utopia3 est en résidence artistique au Théâtre Les Tanneurs

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Dimanche 31 mars 2013, par Blanche Tirtiaux

Méli-mélo in progress

Après Nothing Hurts et Ivanov Remix, Armel Roussel présente dans le cadre de la carte blanche qui lui a été proposée au Théâtre Les Tanneurs Mélo, un work in progress entre lecture et réflexion sur le processus de création artistique.

Après six séances de travail, trois comédiens présentent Mélo comme compte-rendu d’une œuvre en chantier. Un comédien entre sur scène, il incarne Armel Roussel, nous sommes alors plongés au cœur du processus de création d’un produit théâtral. En effet, c’est avec la présentation du travail de Reza Abdoh, metteur en scène irano-américain qui fut pour Armel Roussel d’une grande influence, que commence l’extrait. Le comédien jouant Roussel nous présente d’abord oralement la rencontre d’Armel avec Reza ; des extraits des pièces de ce dernier sont ensuite projetés en fond de scène, créant une déconcertante mise en abyme. Ainsi, le spectateur se voit entrer dans l’itinéraire d’une démarche artistique, découvrant l’admiration d’un artiste pour le travail d’un autre puis l’affranchissement vis-à-vis de celui-ci, cheminant – à l’instar de la pensée créatrice – entre la fascination pour l’autre et l’envie de créer son propre univers.

Ayant initialement voulu reprendre The hip-hop worlds of Eurydice, travail majeur de Reza Abdoh qualifié ici de « tempête scénique », l’équipe de Mélo prend conscience des incompatibilités d’un tel travail avec le leur, et finit par proposer au spectateur une demi-heure de lecture de la correspondance d’Henri Miller et d’Anaïs Nin entre 1932 et 1939. Deux comédiens se renvoient la balle face à l’audience en s’écrivant leur amour, leurs désirs, leurs fantasmes, leurs reproches. Le medium de la lettre nous ramène à un mode de communication aujourd’hui presque oublié, il souligne aussi l’universalité de la thématique des relations amoureuses et ouvre une réflexion sur la passion, le sexe et la mort grâce à un texte touchant et authentique, voire parfois cru dans son érotisme. A certains instants resurgissent encore des références au travail d’Abdoh, symptôme de l’attachement récurrent d’un artiste à l’un de ses maîtres, mais aussi signe de l’importance de la réappropriation dans la mise en place d’une œuvre personnelle.

Certes, moins d’une heure d’un spectacle qui relève davantage de la lecture ne nous permet pas de nous prononcer sur le devenir de la future pièce. Nous apprécions cependant ce récit presque autobiographique d’une création en devenir, cela nous permet, une fois n’est pas coutume, d’assister à l’envers du décor et de faire une incursion dans les doutes et travers propres au processus. En fin de présentation, deux pancartes nous indiquent : « à suivre... » - « peut-être »... L’avenir nous dira si la promesse sera tenue.

Blanche Tirtiaux

Théâtre Les Tanneurs