Les règles du savoir-vivre de la société moderne

Théâtre | Les Riches-Claires

Dates
Du 12 au 29 mars 2014
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Les règles du savoir-vivre de la société moderne

Une conférencière venue nous expliquer la vie, les choses, les choses de la vie, ne tarde pas à déborder de ses propos et à s’investir jusqu’à dériver dans un délire vertigineux où le ridicule le dispute à l’absurde. Traversant toutes les étapes de la vie, naissance, baptême, communion, fiançailles, mariage, décès, elle s’égare à loisir dans les subtilités des usages, des codes et des normes. Mais croit-elle réellement à ce qu’elle énonce ?

« Naître, ce n’est pas compliqué. Mourir, c’est très facile. Vivre, entre ces deux événements, ce n’est pas nécessairement impossible. Il n’est question que de suivre des règles et d’appliquer les principes pour s’en accommoder, il suffit de savoir qu’en toute circonstance, il existe une solution, un moyen de réagir et de se comporter, une explication au problème car la vie n’est qu’une longue suite d’infimes problèmes qui chacun, appelle et doit connaître une réponse. »Jean-Luc Lagarce

Interprétation : Muriel Clairembourg et Magda Dimitriadis
Mise en scène et scénographie : Claude Enuset
Dramaturgie et assistanat : Magda Dimitriadis
Production Théâtre Contregriffe

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7 Messages

  • Les règles du savoir-vivre de la société moderne

    Le 17 mars 2014 à 03:01 par Yris

    Les règles du savoir-vivre de la société ou "comment rire des formatages auxquels nous sommes confrontés de la naissance à... la mort ".

    Très bonne pièce avec deux excellentes comédiennes !

    Je n’ai pas vu le temps passer et même si je reste sur ma faim (ceci étant plus de l’interprétation personnelle que de la qualité de la pièce), j’ai passé un agréable moment.

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  • Les règles du savoir-vivre de la société moderne

    Le 23 mars 2014 à 05:23 par VincentD

    Personnellement, je ne rejoins pas les avis précédents. Je n’ai pas aimé. Mais ce n’est pas la faute ni des actrices, excellentes, ni de ma mise en scène. Non c’est la pièce elle-même. J’y suis allé pour Jean-Luc Lagarce, car j’avais déjà vu des pièces intéressantes de cet auteur français. Je ne comprens pas comment il a pu limiter son propos à des vues datant du début du siècle passé. Et en plus, je ne comprends pas pourquoi on monte une telle pièce à notre époque. Bref, un très mauvais moment pour moi. J’auarais dû aller voir 3 femmes ou le spectacle de la soirée du Festival UP que je vous recommande.

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  • Les règles du savoir-vivre de la société moderne

    Le 23 mars 2014 à 11:42 par Francisco

    Une seule commédienne présente ce soir mais qui a très bien joué son rôle de professeur tantôt de physique, puis de chimie sur les molécules de l’amour entre un homme et une femme. On a eu droit à une belle choregraphie sur la scene et même un jeu avec le public mais aurait-elle peur des hommes ? car quand elle m’a vu au premier rang, elle a hésité à jouer son personnage avec moi ?!.....puis s’est détournée vers une femme ? Bizarre, bizarre.... Peut-être que les molécules sous forme d’atomes n’ont pas eu de catalyseur assez puissant pour une transformation de la matière en une pièce où j’aurais pû avoir le plaisir d’y participer ? Dommage.

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Lundi 24 mars 2014, par Jean Campion

Un Carcan qui étouffe la vie

Au 19e siècle, pour exister et se sentir supérieur, le bourgeois tient à respecter strictement le code des relations sociales et les règles de politesse. "Usages du monde - Règles du savoir-vivre dans la société moderne" (best-seller de la pseudo-baronne Staffe, 1889) l’aide dans cette tâche. Un fossé nous sépare de ces rites surannés et risibles. Reprenant fidèlement cette bible désuète, Jean-Luc Lagarce, s’est contenté, par des interventions discrètes mais efficaces, de laisser émerger le ridicule et d’aiguiser l’ironie de notre regard.

"Si l’enfant naît mort, est né mort, il faut quand même, tout de même, déclarer sa naissance, déclarer sa naissance et déclarer sa mort et un médecin devra attester que la mort a précédé la naissance." C’est par ces mises au point cyniques qu’une dame élégante entame sa conférence. Autoritaire, tranchante, elle manifeste parfois de mystérieux signes de faiblesse. Claude Enuset, le metteur en scène, la voit comme "un personnage en représentation, une marionnette obligée d’énoncer ces règles de vie, comme malgré elle."

Elle n’hésite pourtant pas à privilégier, en toute circonstance, l’intérêt financier. Ne jamais choisir un parrain trop âgé ou peu fortuné. Le filleul risquerait d’être privé de cadeaux luxueux et d’un substitut solide de ses parents. Et que la marraine soit assortie, en vue d’une répartition équitable des charges et des frais ! A chaque étape du scénario qui conduit à la signature du contrat de mariage, méfiance et hypocrisie sont de rigueur. Même les exclamations de surprise ou de joie sont dictées par l’étiquette. On obéit aux règles sans "se laisser déborder par les futilités accessoires que sont les sentiments."

En décortiquant baptême, fiançailles, mariage, anniversaires, décès, avec la neutralité pointilleuse d’un mode d’emploi, la conférencière répond à des questions comme : "Qui doit payer les dragées ? Une veuve qui se remarie doit-elle conserver sa première alliance ? A quel stade du demi-deuil peut-on porter des dentelles ? Parfois elle s’égare dans des suggestions absurdes. Témoin : une liste interminable de prénoms loufoques. Cette surabondance de préceptes, de normes, de conseils nous fait rire. Mais ce rire est jaune, car derrière l’apparente harmonie sociale se cachent l’égoïsme et la peur de vivre.

Dirigée avec rigueur par Claude Enuset, Muriel Clairembourg traduit subtilement la tension qui habite son personnage fantasque. Affichant presque constamment un sourire dominateur, elle cherche à convaincre du bien-fondé de ces règles de vie. Mais un silence prolongé, un geste d’énervement, des larmes aux yeux ébranlent cette impression. On est également surpris par l’évolution de ses rapports avec son assistante. En l’incarnant, Magda Dimitriadis apparaît successivement comme une domestique servile, un soutien, une partenaire, une remplaçante, mais aussi une observatrice vigilante. Nous n’écoutons pas un monologue, nous assistons à une représentation.

En tournant en dérision ces règles qui figent les comportements et bafouent les sentiments, l’auteur nous pousse à la révolte. Une vie peut-elle se limiter à "tenir son rang", à éviter le désordre, en subissant la dictature des conventions ? N’est-elle pas faite de joies et de peines, de victoires et d’échecs ? Pour s’épanouir un individu ne doit-il pas se démarquer du groupe, affronter l’imprévu, prendre des risques ? La démonstration par l’absurde de Jean-Luc Lagarce nous incite à fuir tout conformisme et à assumer honnêtement notre personnalité.

Les règles du savoir-vivre dans la société moderne

Les règles du savoir-vivre dans la société moderne from NIGHTHAWKS on Vimeo.

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