Mardi 13 juillet 2010, par Edmond Morrel

Le pique nique des Hollandaises

Berenboom fait rimer avec ironie, le burlesque et la tragédie pour dire sa hantise de l’oubli de l’Histoire.

"Une épopée tragico-burlesque qui décrit à quoi ressemble la nouvelle Pologne capitaliste, et à travers elle, une certaine Europe d’aujourd’hui, quand elle oublie son histoire"

"Le pique nique des Hollandaises", ré-édition dans la collection "Espace Nord"

Sur le site de l’auteur, on peut lire ce "pitch" de l’histoire tragico-burlesque qui se cache derrière le titre enigmatique de ce roman re-publié dans la collection patrimoniale des lettres belges, "Espace Nord" :

"Pourquoi Van Loo, le prudent attaché culturel de Belgique à Varsovie traîne-t-il un cadavre à travers la Hollande ? Pourquoi ces trois filles collées à ses basques le suivent jusqu’en Pologne ? La belle Rebecca Manicewicz, dont Van Loo tombe éperdument amoureux, est-elle vraiment si innocente qu’elle paraît ? Et quel est le véritable dessein de Bokma, redoutable homme d’affaires hollandais, en s’intéressant de très près au camp de concentration d’Auschwitz ?
Une épopée tragico-burlesque qui décrit à quoi ressemble la nouvelle Pologne capitaliste, et à travers elle, une certaine Europe d’aujourd’hui, quand elle oublie son histoire."

La collection "Espace Nord" nous donne une belle occasion de (re)lire les premiers romans d’Alain Berenboom et de découvrir ainsi, rétrospectivement, les récits annonçant une oeuvre qui, d’année en année, dévoile toute sa cohérence.
Glissez dans vos bagages quelques volumes en format de poche , dont ce "Pique Nique des Hollandaises". Dans cette tragi-comédie, le romancier franchit la frontière de l’humour derrière laquelle il se retranchait jusqu’alors. On a l’impression, en découvrant "Le Pique Nique", qu’il avait jusque là fourbi ses armes. On dirait que c’est le roman lui-même qui a pris l’écrivain par la main, comme pour le rassurer, et qui l’a mené, au-delà du rire vers une sorte de gravité essentielle qui lui permet d’évoquer Auschwitz, la Pologne, l’holocauste. Il nous dit aussi que seul le livre peut raconter l’indicible et éradiquer la tentation de l’oubli. Car c’est cela aussi le rôle de la littérature : contribuer au devoir de Mémoire. Et Berenboom y réussit avec une efficacité brillante. Le moment était venu pour lui, de ce basculement du rire aux larmes.
Dans cet entretien, Alain Berenboom raconte l’écriture de ce livre, les brèches que ce roman a ouvert dans sa mémoire familiale qui rejoint l’Histoire du siècle passé.


Edmond Morrel

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