Le bruit des os qui craquent de Suzanne Lebeau

Théâtre | Théâtre de Poche

Dates
Du 31 janvier au 16 février 2013
Horaires
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+32 2 649 17 27

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Le bruit des os qui craquent de Suzanne Lebeau

Mise en scène Roland Mahauden - Avec Aïssatou Diop, Olga Tshiuyka, Angel Uwamahoro

Elikia est une enfant parmi tant d’autres qui a vu sa vie basculer du jour au lendemain dans une guerre civile chaotique et sans lois. Après une rafle dans son village, la petite devient enfant soldat. Victime, elle devient elle aussi bourreau. Comment grandir et rester humain quand les repères s’effacent ? Trois ans plus tard c’est Joseph, le plus jeune enfant à parvenir au camp des rebelles, qui lui rappelle son enfance, sa famille, son village, son humanité, qui lui donne le courage de briser la chaîne de violence dans laquelle elle a été entraînée. il est l’étincelle qui poussera Elikia à fuir et à les sauver tous deux de leurs destins tragiques.

20h30 du mardi au samedi
8, 11, 13, 16 euros
Réservation : 02/649.17.27 ou www.poche.be ou reservation@poche.be

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12 Messages

  • Le bruit des os qui craquent de Suzanne Lebeau

    Le 27 septembre 2011 à 03:34 par loulou

    Ce spectacle,pour ma part,s’adresse en priorité à un public d’adolescents (à partir de 12 ans ) qui découvrirait pour la 1ère fois cette affreuse actualité. Le texte est simple mais très explicite (très bonne idée que le sur-titrage) ; les deux interprètes principales sont très justes mais j’ai moins apprécié l’interprétation de l’infirmière.
    Très belle mise en scène.
    Le texte ne produit pas le même impact que la lecture du livre bouleversant d’Ahmadou Kourouma "Allah n’est pas obligé"

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  • Le bruit des os qui craquent de Suzanne Lebeau

    Le 30 septembre 2011 à 04:26 par paolo

    C’est difficile de donner un avis sur ce
    spectacle. Une belle mise en scène et une belle interprétation, sans doute.
    Mais le rythme un peu lent. La partie ‘artistique’ de la pièce s’abandonne à
    la partie ‘divulgatrice’, qui devient presque l’objectif principal, par contre
    un objectif très important. Trop important !
    Quand même, j’ai été touché au final
    par la dernière affirmation de la protagoniste, Elikia, portée au public à
    travers la voix de l’infirmière. Cette dernière phrase, ces deux
    derniers mots, sont le résumé, l’ultime essence, d’une vie déchirée sans culpabilité.
    Mais il y a quelque chose en plus.. l’écho d’un message, une prière sans espérance..
    de vie, juste d’un peu plus de vie.
    Finalement, ce n’est certainement pas un spectacle seulement pour adolescents. Au contraire, c’est une pièce pour tout le monde, pour
    savoir ou pour ne pas oublier.

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  • Le bruit des os qui craquent de Suzanne Lebeau

    Le 30 septembre 2011 à 06:36 par deashelle

    Elles ne parlent pas le même dialecte mais se comprennent. La grande protège la petite et des sentiments humains refont surface. Plus la petite est épuisée par la faim, la soif, la marche forcée vers la mer, plus la grande sent battre en elle un cœur de grande sœur, jusqu’à lui proposer ses bottes. « La mer ? Je ne sais pas où elle est, je l’imagine. Je ne connais pas le chemin, mais j’en suis sûre » dit Elikia pour consoler Josepha exténuée.Arrivées à l’hôpital de Kena,ce sera la fin de leur douloureuse épreuve. Un cahier, en échange du talisman mortifère de la kalachnikov. Angelina, l’infirmière, raconte avec tendresse : « Elle ne parlait que quand son monologue intérieur débordait. » Elikia écrira donc « car les mots de bouche sont trop près de la haine et de la vengeance. » Elle souhaite livrer un témoignage juste de cette réalité insoutenable,pour qu’il interrompe enfin la chaîne de violence dans laquelle elle a été entraînée. Un texte fort, souple, cru, intense. Elle ne pourra pas se présenter devant la commission d’examen. Le cahier ne sera pas pris en compte, car écrit de la main d’un enfant.L’enfant et le cahier glisseront dans l’oubli, à moins que vous n’écoutiez avec votre cœur cette petite voix duelle et solidaire, que vous ne soyez touchés par leur espoir démentiel, et que vous ne décidiez de dénoncer l’insoutenable. Changer l’avenir de milliers d’enfants comme elles. Comme eux.Trois comédiennes généreuses, craquantes de soif de vivre, de compassion et de colère justifiée investissent à fond l’admirable texte de Suzanne Lebeau : Aïssatou Diop(l’infirmière), Olga Tshiyuka-Tshibi, Angel Uwamahoro. Voici un début de saison fracassant, qui fait ouvrir grand les yeux, les oreilles et le cœur. Le rôle essentiel du théâtre.

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  • Le bruit des os qui craquent de Suzanne Lebeau

    Le 20 octobre 2011 à 01:35 par verlinde

    Le bruit des os qui craquent est sans doute une des pièces qui m’a le plus touchée. Une grande authenticité certainement due au fait que la pièce ets jouée en congolais... Et quelle aisance pour nous faire basculer d’un sentiment de colère vers un sentiment de peur, de tristesse ou encore de douceur. Belle réussite !

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  • Le bruit des os qui craquent de Suzanne Lebeau

    Le 13 février 2013 à 02:14 par Doctora

    Le texte de Suzanne Lebeau est percutant. Il est bien construit, grâce à l’alternance entre les scènes des deux enfants en fuite à travers la forêt, et le témoignage de l’infirmière ; et grâce au rôle clé du cahier, écrit par l’enfant soldat, lu par l’infirmière, rejeté par un premier public, la commission d’examen auquel cette dernière s’adresse, et soumis à l’approbation d’un deuxième public, nous, les spectateurs. La mise en scène est remarquable, surtout par le choix de deux comédiennes s’exprimant chacune dans sa langue. Le surtitrage en français et néerlandais est très clair. La pièce est émouvante, et je l’ai particulièrement appréciée car je l’ai vue le 12 février, journée internationale des enfants soldats. Dommage que personne au Théâtre de Poche n’ait souligné cette circonstance.

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  • Le bruit des os qui craquent de Suzanne Lebeau

    Le 15 février 2013 à 10:37 par bebert

    Quel beau texte de théâtre ! Difficile de ne pas penser au beau livre de Cormac Mc Carthy (La route) qui met en scène une même situation (un enfant et un "adulte", qui doivent survivre à une situation tragique créée par la folie des hommes. L’histoire se termine dans les deux cas par la survie de l’enfant, porteur d’espérance pour le futur). Certes, le référent est réel dans la pièce, et purement virtuel dans "La
    route". Mais c’est la même émotion qui passe, avec les mêmes moyens minimalistes. La mise en scène respecte ce minimalisme et met ainsi d’autant plus en évidence l’insoutenable réalité dénoncée ("les
    enfants-soldats"). Les acteurs sont convaincants. A voir absolument.

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  • Le bruit des os qui craquent de Suzanne Lebeau

    Le 16 février 2013 à 08:35 par Bambou

    Tout simplement extraordinaire !
    Percutant, touchant, confrontant, réaliste, émouvant, poignant,...
    Un texte fort, fort, fort.
    L’interprétation des 3 comédiennes est on ne peut plus juste.
    La mise en scène est superbe et parfaite.
    Une pièce qui restera gravée dans ma mémoire.
    Et, franchement, une pièce qu’il FAUT VOIR D’URGENCE... dès qu’elle sera rejouée.

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Lundi 4 février 2013, par Thomas Dechamps

Le bruit des mots qui frappent

Le Théâtre de Poche s’est toujours distingué par sa programmation contemporaine et engagée. Avec Le bruit des os qui craquent, il aborde un sujet essentiel : les enfants-soldats, fléau africain finalement méconnu. Le texte a manifestement inspiré Roland Mahauden, directeur du « Poche » et metteur en scène du spectacle, qui est allé chercher ses actrices en Afrique pour donner encore plus de force à des mots directs et intenses.

Deux filles fuient à travers la jungle quelque part en Afrique. Josefa est une fillette de dix ans qui s’est faite enlevée peu de temps auparavant par les rebelles ; Elikia, elle, a quatorze ans mais n’est plus une enfant depuis longtemps, plus depuis qu’elle a été transformée en guerrière impitoyable par ceux-là même qui l’ont enlevé, deux plus tôt. Pourtant, elle a décidé de fuir cette vie qu’elle n’a pas choisie, et parce qu’elle a « trop peur pour le faire toute seule » elle a emmené Josefa, une enfant kidnappée qu’elle a choisie au hasard, pour l’accompagner dans sa cavale. Plus tard, Angelina, l’infirmière qui les a accueillies, cherche à faire connaître l’histoire d’Elikia au moyen de son cahier, devant une assemblée d’enquêteurs froids et impassibles.

Voilà pour le pitch de la pièce, mais ce spectacle est une histoire en soi. Roland Mahauden, directeur du Théâtre de Poche, a voulu faire la reprise de ce texte d’une auteure québécoise (Suzanne Lebeau) en travaillant avec des artistes venus de l’Est du Congo. Les deux rôles principaux sont interprétés par une actrice congolaise et une rwandaise, chacune s’exprimant dans sa langue (le spectacle est surtitré en Français et en Néerlandais). A l’heure où la défiance est encore grande entre ces deux pays et leurs peuples, c’est également un message de réconciliation que veut faire passer la pièce. Un message que la petite troupe est allée prêcher dans ces deux pays lors d’une vaste tournée. Tout en faisant un travail de mémoire et de dénonciation essentiel, tant le sujet reste présent et actuel là-bas, mais encore trop peu raconté, et trop peu entendu.

C’est la même troupe que nous retrouvons dans nos contrées, jouant le même spectacle, mais, loin s’en faut, pas pour le même public. Alors quelle pertinence pour un parterre belge ? En fait cette pièce aura à affronter deux sortes de public : un premier, intéressé et heurté par le sujet avant même d’entrer dans la salle et venu pour en entendre et voir davantage ; un second, plus blasé par les histoires sur l’Afrique ou se croyant comme tel, et qui appréhende des effets larmoyants et moralisateurs. La force du spectacle est d’éviter les pièges de ces deux publics. Toutes les paroles sonnent juste et l’emploi de langues africaines, au contraire d’imposer une distance, nous plonge encore plus dans l’histoire. L’extrême sobriété de la mise en scène convient parfaitement au texte, simple et direct. Et lorsque l’infirmière brandit le cahier d’Elikia pour s’adresser face au public, même les plus insensibles seront interpellés. De même, les histoires qui transpirent dans les paroles des deux enfants en cavale secouent bien plus que ce qui est donné à voir. Car cela reste le récit d’une fuite, l’horreur n’est jamais que suggérée, avec beaucoup de retenue. Le résultat est un spectacle forcément limité par son sujet difficile et l’approche dépouillée qui l’accompagne mais où l’émotion est prégnante. Et qui ouvre les yeux et l’esprit sur une réalité cruelle, de sorte qu’on ne puisse plus, qu’on ne veuille plus, l’ignorer.

Thomas Dechamps

Théâtre de Poche


Chemin du Gymnase, 1 A
1000 Bruxelles