Mardi 10 février 2015, par Christophe Ménier

Le Ramdam fait le buzz au Festival de Liège et au Théâtre National

La semaine dernière, le festival de Liège s’encanaillait avec un deuxième spectacle en forme de conférence performance se moquant frontalement du théâtre contemporain.

Ils sont trois acteurs, trois joyeux drilles outrageusement blink blink qui revisitent à leur manière l’histoire anthropologique du théâtre européen. L’air de dire, par exemple, que « Jésus a fait 2 milliards de fidèles en 2000 ans, alors qu’il n’aura pas fallu un an au coréen du gangnam style pour récolter autant de vues sur youtube ». Et le théâtre dans cette affaire ? « Il s’empêtre soit dans des mises en scène revisitées de textes d’auteurs poussiéreux, soit dans des créations sur les maux de notre monde comme la pauvreté, le désastre écologique ou les problèmes d’émigration ». Ils n’ont pas peur, nos trois lurons, des raccourcis et des généralités. Au contraire, leurs facéties ne cherchent rien d’autres qu’à répondre à la demande du public : de l’amusement avant toute chose ; et, en effet, on apprécie de les voir tourner en dérision certains ministres ou se moquer de certains artistes au langage abscons et hermétique.

Peut-être que certains spécialistes diront que c’est un peu faible comme positionnement idéologique ; ce n’est pas faux, l’inventivité formelle prenant le pas sur la dramaturgie. Mais on dira que le principal c’est qu’on rigole bien.

D’aucuns diront également que les séquences sont un peu longues, que le jeu est un peu fébrile ; ce n’est pas faux, l’ensemble éclaté manquant un peu de cohérence. Mais on saluera surtout les prouesses techniques, ou encore le beau travail de scénographie.

D’autres diront encore que le texte ne dit rien, que les situations dramatiques sont un peu creuses. Certes, et on pourrait aussi ajouter qu’ils font la promotion de la logique de youtube, faisant du théâtre un produit marketing, sans analyse critique. Mais on choisira de retenir l’audace et l’imagination fertile de ces trois jeunes acteurs qui prennent de fameux risques sur scène et qui invitent le public à devenir le complice actif de leurs singeries.

A (re)voir au théâtre National jusqu’au vendredi 13 février.

C.M.