La seconde surprise de l’amour

Saint-Josse-Ten-Noode | Théâtre | Théâtre Le Public

Dates
Du 1er septembre au 2 octobre 2015
Horaires
Tableau des horaires
Le Public
rue Braemt, 64-70 1210 Saint-Josse-Ten-Noode
Contact
http://www.theatrelepublic.be
contact@theatrelepublic.be
0800 944 44

Moyenne des spectateurs

starstarstarstar-halfstar-off

Nombre de votes: 8

La seconde surprise de l’amour

Une marquise en deuil et un chevalier au cœur brisé se confient l’un à l’autre et se parlent de leurs amours perdues. De larmes en soupirs et en badinages, la veuve inconsolable et le mari trahi s’épanchent sur l’amour mort à jamais. Tant de chagrin les laissera inconsolables, c’est certain... Lisette tête bien faite et Lubin valet sans malice mais tout à fait charmant, complotent pour unir leurs pleurnichants maitres respectifs. Il leur faudra déjouer les assiduités de Diafoirus, marquis jaloux, et du pédant Hortensius, mais qu’à cela ne tienne !

« La seconde surprise de l’amour » est l’une des comédies les plus émouvantes de Marivaux. Dans les mains de Valentin Rossier, l’excellence de la mise en scène révèle l’univers troublant de la relation amoureuse avec une très belle distribution qui nous livre un spectacle tout en finesse et en galanterie. C’est totalement irrésistible. Laissez-vous séduire, nous on l’a vu et on l’est déjà !

Assistante à la mise en scène Charlotte Chabbey
Scénographie Jean-Marc Humm
Costumes Nathalie Matriciani
Lumière Jonas Bühler
Son David Chesnel
Maquillage Katrin Zingg
Régisseur : Pierre Hendrickx
Stagiaire régie : Mathieu Wolter
UNE COPRODUCTION DE L’HELVETIC SHAKESPEARE COMPANY ET DU THÉÂTRE DE L’ORANGERIE. AVEC LE SOUTIEN DU DÉPARTEMENT DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE DE L’ETAT DE GENÈVE, DE LA FONDATION LEENAARDS ET DU SERVICE CULTUREL MIGROS GENÈVE. PHOTO : MARC VANAPPELGHEM.

Distribution

De Marivaux. Mise en scène de Valentin Rossier. Avec Pierre Banderet, Paolo Dos Santos, Marie Druc, Anna Pieri, Valentin Rossier, José Lillo

Laissez nous un avis !

7 Messages

  • La seconde surprise de l’amour

    Le 2 septembre 2015 à 20:59 par chrisdut

    Joli démarrage de la nouvelle saison au théâtre Le Public avec cette pièce de Marivaux. J’avais beaucoup aimé "Le jeu de l’amour et du hasard" et j’ai adoré celle-ci. Pièce élégante, émouvante et drôle aussi, on y rit beaucoup. Le jeu excellent des comédiens nous fait rire, sourire, nous émeut. C’est très bien joué ( j’ai beaucoup aimé la prestation du chevalier, quel talent ! ) tout cela dans un décor très épuré mais qui ne gâche rien à l’ensemble. Je vous conseille vivement cette pièce pour commencer en beauté cette saison.

    Répondre à ce message
  • La seconde surprise de l’amour

    Le 4 septembre 2015 à 08:55 par Alexei

    Je ne suis sans doute pas assez culturé pour apprécier la pièce mais j’ai été ravi que cela ne dure qu’1H30. Les dialogues sont lourds à la compréhension (vu que le texte est dit dans un français qui n’est plus d’un usage très courant ou alors sans doute dans la haute société). Pièce qui parle justement de la noblesse. J’ai donc décroché dès les premières minutes et j’ai pas vu grand monde qui a rit.

    Sans doute une pièce qui vise un public en particulier et fan de l’auteur.

    Répondre à ce message
  • La seconde surprise de l’amour

    Le 5 septembre 2015 à 23:04 par cybemi

    Voilà une belle réussite pour une pièce moins connue de Marivaux. Une mise en scène moderne rend le texte vraiment accessible (ne lisez pas l’avis ci-dessous qui prétend le contraire), elle met en avant toute la subtilité et l’humour du texte et le talent des comédiens n’est pas en reste. Une mention spéciale pour les interprètes féminines qui allient crédibilité et équilibre dans leur interprétation, les rôles masculins ne déméritent en rien même si j’ai plus de réserve sur le langage corporel du chevalier (mais honnêtement, je pinaille). Si vous n’avez ni envie de drame, ni de vaudeville mais d’une excellente soirée toute en légèreté et délicatesse, allez-voir cette pièce et vu les avis entendus à la sortie de la salle, le public était conquis. C’est toujours agréable quand le talent des comédiens et du metteur de scène rencontre le goût du public et met en avant une belle œuvre.

    Répondre à ce message
  • La seconde surprise de l’amour

    Le 8 septembre 2015 à 11:18 par pierreha

    Certains commentaires me laissent pantois.
    Marivaux et ses " dialogues lourds à la compréhension" ?!
    Voilà un texte classique, certes, mais quelle langue subtile !
    Et la mise en scène s’attache précisément à actualiser cette comédie , à rendre justice à toute la causticité de cette pièce.
    Les comédiens sont époustouflants.
    Un très grand moment de théâtre que nous offre Le Public.

    Répondre à ce message

Un message, un commentaire ?

Qui êtes-vous ?
  • Se connecter
Votre message

Lundi 21 septembre 2015, par Jean Campion

Peines d’amour et amours en peine

"Chez mes confrères, l’Amour est en querelle avec ce qui l’environne. Chez moi, il n’est en querelle qu’avec lui-même et finit par être heureux malgré lui", constate Marivaux. Avec une acuité redoutable mais toujours souriante, il montre que les héros de "La Seconde surprise de l’amour" sont tiraillés entre leur amour-propre et leurs secrets désirs. Il leur faudra dissiper plusieurs malentendus et surtout étouffer leur orgueil, pour oser se déclarer leur flamme. Un jeu de chat et de souris cruel, mais dont la mise en scène de Valentin Rossier souligne la cocasserie.

Un mois après son mariage, la Marquise a perdu son époux, tendrement aimé. Lisette, sa suivante, s’efforce de lui remonter le moral. En vain. Sa maîtresse se complaît dans la dépression. Elle ne peut pourtant pas refuser sa porte au Chevalier, un voisin, ami de son mari. Celui-ci est désespéré. Angélique, la femme qu’il aimait, s’est retirée définitivement dans un couvent. Emue par leur détresse commune, la Marquise lui offre son amitié : en se plaignant mutuellement, ils rendront "la douleur plus supportable". Les manigances de Lisette, les maladresses de Lubin (valet du Chevalier), les pièges d’un rival (le Comte) susciteront la jalousie du Chevalier et le dépit de la Marquise. Cependant, au terme d’une lutte épuisante contre la vérité, les masques tomberont...

Incarnant la Marquise, Marie Druc affiche la détermination d’une femme de tête, plus influençable qu’elle ne le voudrait. Contrairement à ses affirmations de veuve éplorée, elle n’est pas uniquement "préoccupée par sa douleur". Si elle ne souhaite pas se marier, elle ne supporte pas que le Chevalier refuse sa main. Blessée dans son amour-propre, elle se jure de l’assujettir. Au troisième Acte, affolée par les manoeuvres des uns et des autres, elle frise la crise de nerfs. La composition de Valentin Rossier, dans le rôle du Chevalier, est moins contrastée. On est surpris par ses contorsions et son débit heurté. Puis on s’habitue à ses gestes mal contrôlés, témoins de sa sensibilité exacerbée. Son amitié mélancolique devient une passion amoureuse qui le fait souffrir, le rend jaloux et l’entraîne à mentir. Pas question de perdre la face ! Seule une capitulation commune libérera les "inconsolables".

Par son impertinence décontractée, Lisette (Anna Pieri) souligne la mauvaise foi de la Marquise. Lucide et pleine de bon sens, elle multiplie les conseils et prend même des initiatives qui vexent sa maîtresse. Une implication provoquée par son attachement et son intérêt. En se mariant avec le Chevalier, la Marquise lui permettrait d’épouser Lubin. L’air goguenard et le pragmatisme nonchalant de ce serviteur, joué par Paolo Dos Santos, s’opposent violemment à l’allure tourmentée de son maitre. Le Comte (Pierre Banderet) est un pion utile pour débusquer la vérité des sentiments. En revanche, Hortensius semble égaré dans cette comédie. Engagé par la Marquise, pour lui enseigner les belles lettres, il apparaît comme un tartuffe insipide, puis comme un pédant qui se gargarise de philosophie. Le ton monocorde et le jeu apathique de José Lillo renforce l’ennui qui se dégage de ce personnage marginal.

Pour concentrer notre attention sur cette dissection des sentiments, Valentin Rossier a choisi un plateau nu, encadré par une alternance de châssis vides et de fenêtres opaques. Des projecteurs "font office de décors, tels les éclairages d’une salle d’opération". Cependant la fluidité de la mise en scène, le rythme soutenu imprimé par les comédiens, la subtilité des dialogues, le regard ironique de l’auteur rendent cette exploration du coeur humain drôle et pertinente.

Théâtre Le Public


Rue Braemt, 64 70
1210 Saint-Josse-Ten-Noode