L’affaire Lambert

Théâtre | Théâtre Le Public

Dates
Du 3 au 31 décembre 2008
Horaires
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L’affaire Lambert

L’affaire Lambert
de Véronique Stas - ACCUEIL

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3 Messages

  • L’affaire Lambert

    Le 7 décembre 2008 à 04:57 par indoboy

    (Suite du message précédent)
     
    La scénographie est remarquable, elle aussi, avec un superbe, utile et ingénieux plateau (je n’en dirai pas plus pour conserver la surprise), ou bien encore l’utilisation de l’image, etc.
     
    La présence de la musique (interprétée « live » par une accordéoniste diaboliquement maquillée !) est intéressante, quoiqu’un peu lassante : trop longue avant le début de la pièce, elle ponctue opportunément la narration, et offre une « chanson d’enfer » juste avant l’entracte... Une musique qui n’est pas sans rappeler celle du plus grand des rockeurs belges : l’immense Arno !
     
    Un spectacle techniquement excellent donc mais excessif sur le fond, et à l’humour très corrosif -mauvais goût, racisme et violence ne nous sont pas épargnés ! Long et lassant aussi, mais magnifiquement racheté par une scène finale, scène d’amour dure, cruelle mais bouleversante.
     
    A voir donc, si vous avez le coeur bien accroché... et si l’idée d’être un homme/une femme d’avant-garde vous tente : dans 50 ans, on criera peut-être au génie ! Aujourd’hui, c’est plus difficile...

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  • L’affaire Lambert

    Le 7 décembre 2008 à 04:58 par indoboy

    (suite du message précédent)

    Le message social n’excuse pas tout cependant : le spectacle est trop long, extrêmement bruyant (et dans la toute petite salle des voûtes du Public, les oreilles du spectateur sont mises à très rude épreuve) et sans doute excessif dans tout ce qu’il propose : l’humour est trop noir, trop trivial ; la scène d’ébriété, quoiqu’interprétée à la perfection, est trop prévisible et trop présente, etc. Les traits sont trop marqués en général, et l’auteur, le metteur en scène, les acteurs semblent prendre le spectateur pour un imbécile. Après le plaisir de rire de tout sans le moindre scrupule de moralité, reste la sensation d’un message trop violemment asséné, ce qui, paradoxalement, déforce sans doute le propos.
     
    Il faut pourtant signaler l’étonnante interprétation du personnage d’Albert Lambert, qui se démène, gueule et braille avec une énergie effrayante (quelle sueur ! quel torrent de sueur ce comédien est-il capable de dégager !), ou bien encore le remarquable personnage de Suzy, vulgaire tenancière de bar croquée à la perfection par la comédienne. René également est un saisissant chômeur ! Et l’acteur jouant le rôle du chien commet avec brio de parfaites mimiques canines... Quel faciès !
    D’une manière générale, j’applaudis la performance des comédiens, qui, secondés par le texte, croquent avec une véracité cruelle et moqueuse les petites gens de Wallonie.

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  • L’affaire Lambert

    Le 7 décembre 2008 à 09:58 par MarionD

    Quel désastre ! Des comédiens qui bafouillent, un scénario inexistant, l’auteur qui méprise ses personnages, une vulgarité inutile, un humour douteux, tous les éléments sont réunis pour faire fuir le spectateur. Après une heure de massacre, l’entracte fut providentiel !

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Mercredi 17 décembre 2008, par Jean Campion

Rire à gorge serrée

En 2005, Véronique Stas jouait dans "Youpi", un formidable pied de nez imaginé par Charlie Degotte, pour fêter les 175 ans de la Belgique. Cette fois, le tandem iconoclaste nous raconte le pitoyable destin d’Albert Lambert, dans une comédie cruelle, bien plus noire que l’insolente opérette. Parfois très savoureuse, cette potée liégeoise provoque des aigreurs. En effet, si certaines scènes, enfiévrées par une verve truculente et pimentées par l’accent, sont désopilantes, d’autres manquent de rythme, d’originalité ou de rigueur.

Albert Lambert est un velléitaire. Face à un problème, il se contente de VOULOIR trouver une solution. La bonne intention le rassure et le dispense d’une action efficace. Ainsi devant l’exécrable bulletin scolaire de sa fille, il monte sur ses grands chevaux. Il ne tolérera pas que Jennifer utilise le décès de sa maman comme prétexte pour ne plus travailler. Persuadée que les études ne mènent qu’au chômage, celle-ci ignore ses injonctions et préfère s’amuser avec son chien. Albert tempête, fait miroiter les "métiers d’avenir", abreuvant cette fainéante de tirades ridiculement sentencieuses comme "Tous les obstructeurs de conscience ont tellement fait de leurs pieds et de leur nez que notre beau service militaire a disparu." En vain. Jennifer ne sera ni flic ni casque bleu. A l’âge ingrat, elle fugue, amenant son papa déboussolé à retrouver refuge dans l’alcool. Cette cuite carabinée chez Suzy est la première étape d’une dégringolade inéluctable.

C’est aussi la première séquence de la pièce qui donne des signes d’essoufflement. Coupé par un entracte inutile, le scénario perd de sa cohérence et Albert Lambert "gouroutisé" n’a plus le même rayonnement. Il s’efface derrière la clocharde prise pour une fée, le patron despotique et la psychiatre inquisitrice. Se contentant d’un tour de manège, ces personnages restent des caricatures assez conventionnelles. Le rôle de l’accordéoniste Karine Germaix est inégal. Elle présente l’affaire Lambert comme une complainte, soutient efficacement la goualante de la S.D.F. et suggère avec ironie les ratés d’un disque. Par contre, l’introduction musicale, qui précède le générique, est beaucoup trop longue et crispe le spectateur.

L’atout numéro 1 de cete comédie subversive est incontestablement le délire verbal d’Albert Lambert. Pour rendre son anti-héros cocasse et pathétique, Véronique Stas lui a concocté des tornades pontifiantes, qui volent en éclats de rire. Albert Lambert brandit régulièrement des proverbes qu’il "revisite" comme "Pierre qui roule n’amasse pas moule" et multiplie les jugements péremptoires qui ont la sagesse des "Brèves de comptoir". C’est avec une énergie et une autorité extraordinaires que Philippe Grand’Henry s’est glissé dans la peau de ce personnage envahissant. Arborant une choucroute resplendissante et un décolleté généreux, l’auteure incarne très naturellement la patronne d’un bistrot liégeois. François Bertand endosse avec finesse le rôle de Fricadelle, un chien fraternel à la truffe expressive et au langage policé. Ses remarques malicieuses et pertinentes sont des bouffées d’humanité, dans cet univers délibérément noir.

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