Lundi 21 novembre 2011, par Samuël Bury

It’s a pig’s world

Une petite cabane en bois abritant un sauna ; un parterre de gazon. Point. Trois hommes préparent leur plan machiavélique pour sauver la ville dont ils ont le pouvoir. Chacun d’eux représente en quelque sorte un cliché de la politique : le showman, le « scribe » et le penseur. Humour, cynisme et stratagème cohabitent dans cette pièce qui n’use d’aucun détour pour afficher la mécanique du pouvoir dans sa simple perversité.

Pourquoi des grenouilles ? C’est la métaphore employée dans le texte de Virginie Thirion pour parler de l’endormissement du peuple, du fait de noyer le poisson. Les grenouilles ne se doutent de rien quand on les fait cuire petit à petit alors qu’elles s’enfuiraient si on les plongeait directement dans l’eau bouillante. Parce que notre trio a un plan : faire peur aux défenseurs de la nature avec des cochons et assécher les marais pour pouvoir reconstruire et relancer l’activité économique de la ville. Mais les cochons contrecarrent leurs objectifs en s’attaquant à la ville...

Les trois comédiens enchaînent les idées et les tactiques, passant de la farce au discours chargé, chacun avec sa personnalité dont il est presque prisonnier. On se retrouve à certains moments dans une comédie burlesque aux contours tranchants. C’est drôle et méchant mais aussi touchant.

Karim Barras, Cédric Eeckhout et Baptiste Sornin déploient du vrai jeu - subtil et caricatural à la fois - et exploitent la scénographie minimaliste avec un talent sincère.
Une pièce à vague visée politique mais surtout qui en possède la qualité d’universalité.