Frédéric

Ixelles | Théâtre | TTO - Théâtre de la Toison d’Or

Dates
Du 6 décembre 2018 au 12 janvier 2019
Horaires
Tableau des horaires
TTO - Théâtre de la Toison d'Or
Galerie de la Toison d'Or, 396 1050 Ixelles
Contact
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Frédéric

Jean-François Breuer fait enfin son coming out : il est le plus grand fan vivant de Freddie Mercury. Dix ans qu’il caresse le fantasme de lui rendre hommage et pourquoi pas, de l’incarner. C’est aujourd’hui chose faite, dans un spectacle où il déploie en live ses talents de chanteur et musicien. Dominique Bréda le met en scène dans un personnage de sosie désabusé du plus célèbre moustachu de la musique (après Toots Thielemans) qui lui a toujours préféré Bowie, mais qui se voit quand même rattrapé par Freddie. Ses musiciens lui ayant posé un lapin, Frédéric se retrouve face au public seul avec son piano et ses rêves inassouvis…

Distribution

De Dominique Bréda Avec Jean-François Breuer Mise en scène Emmanuelle Mathieu et Costumes Laurence Van H Création lumières Sébastien Mercial Production Théâtre de la Toison d’Or
Réalisé avec le soutien du Tax Shelter du Gouvernement Fédéral Belge | Casa Kafka Pictures Movie Tax Shelter empowered by Belfius

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3 Messages

  • Frédéric

    Le 22 décembre 2018 à 17:26 par tania88

    Après avoir eu un petit moment de panique lorsque j’ai appris que j’allais assister à la vie d’un SOSIE de Freddie Mercury, je suis rentrée complètement dans l’histoire et j’ai suivi avec le sourire toutes les péripéties qui arrivent à ce sosie. La scénographie était sobre et pertinente. L’acteur, en plus de bien imiter Freddie Mercury dans la posture et la manière de se mouvoir... est un très bon chanteur et musicien (piano). Jai vraiment passé un super moment.

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  • Frédéric

    Le 8 janvier à 17:54 par C. ThéO

    La couleur est annoncée d’entrée !
    ’Lumière & bam, entre en scène...
    ... Frédéric le sosie de Freddie & son band qui lui fait le coup de la panne !
    Ce solo band a tout pour nous plaire, du vin au verre, une douce langue de vipère, les anecdotes d’un sosie en galère, une gestuelle ’hors pair’, à se demander si Freddie n’était pas son frère (de corps), un pianiste à la voix d’enfer... J’en ai eu des frissons, Jean-François Breuer délivre une prestation douce, amère, des titres de Queen.Freddie Mercury qu’il s’approprie tout en respect.
    Un public fan du TTO, de Freddie & de son sosie, ... du rire, des claquements de mains et des pieds, à ’gogo’ la petite salle était complètement ’allumée’. L’éclairage, le son ... juste ’royal’, la mise en scène tout autant, chaque objet prend place sur les différents tableaux lui succédant.
    L’angle du monde des sosie est drôôôle à jouissif quand J-F. B. s’amuse des mots de Dominique Bréda qu’il habite en donnant corps tantôt à sa psy, tantôt à un sosie de Mike Tyson, ... le tout dégainè entre un verre de vin et cette gestuelle incroyable. Les tenues de Freddie que J-F. B. épouse parfaitement donne le change, le sosie est Freddie
    A voir, à revoir... et à ne pas comparer avec le biopic ’Bohemian Rhapsody’ dont les énormes moyens déployés ne sont pas forcément proportionnel au plaisir que l’on en retire (cela est purement subjectif, car J-F. B., Dominique Bréda, régie & m.e.s. ont mis la barre vraiment haut).

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  • Frédéric

    Le 14 janvier à 11:23 par Ferre

    Et voilà une xème merveille belgo-belge qu’il ne faudra absolument pas rater à la reprise en juin 2019 !!!
    Le toujours surprenant Dominique Breda à l’écriture, l’éternelle créative Manu Mathieu à la mise en scène et le nouveau magique Jean-François Breuer dans ce rôle aux multiples personnages (sans oublier les autres et importants intervenants de "l’ombre") : un DE-LI-CE !!!
    J’ai passé une soirée extraordinaire ... comme on aimerait en passer au quotidien ...
    A voir absolument ... :-))))))

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Vendredi 21 décembre 2018, par Yuri Didion

Etre sosie ou ne pas être.

Venir au théâtre pour voir une pièce de théâtre, et n’avoir que le temps d’une respiration au premier pas vers son siège pour être plongé dans l’atmosphère vibrante qui précède tous les bons concert rock. Et voilà qu’entre Freddie Mercury. Oui ? Sûr ? On y croit le temps d’une chanson mais non, un sosie consterné qui annonce fébrile que les musiciens ne sont pas là. On ne s’est jamais autant réjoui d’un concert annulé !

Une scénographie efficace où rien ne semble superflu tant chaque appui de jeu est incroyablement intégré avec naturel par l’époustouflant Jean-François Breuer. Une scène rock, avec en creux le vide laissé par des musiciens abandonniques, nous fait apercevoir la solitude de Frédéric. Leur place est là, mais il est seul. Aucun instrument en place sauf un piano qui réjoui les oreilles.

Mais Frédéric n’est pas seul, il n’est jamais seul puisque Freddie est en lui.
Et il a tout pour être aimé, ce Frédéric touchant et désabusé, capable des plus beaux mouvements d’amitié et en définitive pas si fragile. Un personnage désarmant, merveilleusement convaincant pour lequel il faut remercier Dominique Bréda.
Frédéric invoquera bien d’autres personnages pour conter sa vie, tous plus savoureux les uns que les autres et donnés à voir avec brio par Jean-François Breuer dont la maîtrise gestuelle est sidérante.
Le public finit si attendri, qu’on sort de la salle un peu coupable d’avoir tant aimé entendre une dernière chanson de Queen. N’aurions-nous pas dû souhaiter plus fort que Frédéric chante sa propre chanson ?

Standing ovation pour la création lumière de Sébastien Mercial qui convainc sans peine qu’on a pas du faire mieux pour le légendaire concert de Wembley.

Dimanche 2 décembre 2018, par Palmina Di Meo

Rencontre avec Dominique Bréda

Fin d’année Rock and roll au TTO avec « Frédéric » un hommage à Freddie Mercury par Jean-François Breuer, comédien, musicien et chanteur, sur un texte de Dominique Bréda dans une mise en scène de Manu Mathieu.

Dominique Bréda : « Frédéric » est une pièce sur quelqu’un qui n’a pas pu faire autrement que de prendre la personnalité de quelqu’un d’autre car il ne se suffisait pas à lui-même, comme c’est le cas de la plupart des gens finalement. Dès l’adolescence, on commence à s’identifier... On prend une cape de superman... On fantasme tous sur le fait qu’il faudrait aller jusqu’à être Freddie Mercury ou David Bowie pour enfin valoir quelque chose. Mais quand on est un sosie, cela devient une manière de vivre. Frédéric est devenu prisonnier de cet exemple qui lui était imposé par la ressemblance. Ce n’est donc pas un spectacle sur Freddie Mercury mais sur « Frédéric » bien qu’il soit Freddie Mercury d’une certaine manière.

Les sosies intéressent beaucoup d’auteurs. C’était votre idée de départ ?

D. Bréda : Non, au départ, ce n’était pas l’idée. Il y a eu des films comme « Podium » sur la question. Le personnage de notre histoire est devenu un sosie parce que Jean-François ressemble à Freddie Mercury mais c’est un prétexte. Il n’a pas les stigmates habituels du sosie. On a l’impression que tous les sosies sont les mêmes, que ce n’est jamais que la seule et même personne, une personne creuse qui ne peut se remplir que de quelqu’un d’autre pour exister mais c’est une erreur et les gens se trompent sur leur compte. Finalement, le sosie de Johnny n’est pas moins une personne que Johnny. Moi, la manière dont on dépeint les sosies m’embête.

C’est quand même la ressemblance physique de Jean-Francois Breuer qui a donné lieu au texte ?

D. Bréda : C’est un peu son histoire due à quelques-uns de ses amis. Une plaisanterie qui date d’il y a une dizaines d’années et qui est devenue un fantasme ensuite. Mais cela n’a pas été un chemin de croix pour lui.

La référence à Bowie, que vient-elle faire dans le spectacle ?

D. Bréda : Frédéric dit qu’il aurait préféré être le sosie de David Bowie, ce qui se comprend d’un point de vue physique.
Mais en même temps, Freddie Mercury, c’est cette tête-là qui l’a forgé. Au départ, il n’a pas un physique facile. Quand on regarde les photos de son enfance ou de son adolescence, on se dit que cela ne devait pas être évident. Il a dû y avoir une fêlure. Il fallait qu’il dépasse quelque chose. Il a cette dentition particulière. Cela le rendait atypique. Et puis, le fait qu’il était homosexuel dans un monde qui ne l’acceptait pas encore beaucoup. Aujourd’hui on se dit : « Voilà quelqu’un qui a pu vivre son homosexualité comme il l’entendait ». Mais à l’époque, il n’en parlait pas. Peu de gens le savait.

J’ai vu en répétition que Jean-François porte une prothèse pour incarner Mercury...

D. Bréda : Sa dentition conditionne sa manière de chanter. Méchamment, je dirais que Freddie Mercury, c’est un peu ses dents. Il en a fait une marque de fabrique. Mais des libertés sont prises. Le but n’est pas de réaliser une fusion ni d’imiter mais de questionner. Sur le plan de l’imitation physique, c’est plus jouable pour Jean-François.

Vous avez inséré des chants en live dans le spectacle ?

D. Bréda : Le choix des morceaux s’est fait avec Jean-François. Comme il s’agissait d’un fantasme, il fallait qu’il ait envie de les jouer. Mais il ne faut pas s’attendre à un concert. Et puis, on aime beaucoup Queen au départ. C’était un plaisir de replonger dans leur musique, de voir toutes ces vidéos. Je crois qu’on l’aime encore plus qu’avant. On le redécouvre encore et encore.

Au niveau de l’écriture, un texte comme celui-ci pose-t-il des problèmes spécifiques ? Et comment l’aborder d’un point de vue humoristique, satirique ?

D. Bréda : Ce n’est jamais facile d’écrire. Il faut trier des idées, que l’on va abandonner le lendemain... Pour ce qui est de l’humour, je ne sais pas écrire autrement. Je suis obligé de passer par là pour atteindre le recul que permet la comédie. Tous les genres permettent évidemment la même chose : la comédie, l’épouvante... Le but est différent. Moi, j’ai besoin de prendre de la distance par la comédie sinon je trouve que l’on touche vite au sordide. Ce qui facilite les choses ici, c’est que Freddie Mercury a de l’humour, tout comme il y en a beaucoup dans Queen. Il est tellement extraverti, il montre tellement de choses dans tous les sens du terme qu’au final, cela fait beaucoup de matière à comédie.

Le texte a t-il été écrit sur le plateau ?

D. Bréda : Tout a été écrit à part. J’avais appréhendé Jean-François sur ce qui le touchait et ce qu’il aimait dans cette musique-là. J’aime inclure les comédiens pour qu’ils puissent s’approprier les mots. Il a essayé de se mettre à la place de Frédéric, le sosie qui veut ressembler à Freddie Mercury. Il y a donc quelque chose d’indirect. D’ailleurs, il voudrait se détacher de Mercury, redevenir lui-même.

On touche là au fond de la pièce ?

D. Bréda : Oui c’est cela. Pouvoir être soi, enlever les masques, les armures mais on vit dans un monde qui ne le permet pas toujours et qui nous enjoint à nous surprotéger. Ici, c’est une quête de soi, un combat de boxe. C’est quelqu’un qui se bat pour lui-même. Il y a quelque chose de réjouissant là-dedans.

Peut-on dire que c’est une pièce sur l’apparence ?

D. Bréda : Frédéric s’appuie plus sur la personnalité de Freddie Mercury que sur son apparence.
Sa ressemblance physique, il la subi. Mais il utilise la force de Freddie Mercury qui ne se laissait jamais faire dans aucune situation. Mercury était quelqu’un d’infiniment libre et ce qui fascine Frédéric, c’est cette liberté de pouvoir faire ce qu’il veut quand il veut, de dire ce qu’il veut. Cela donne envie. On a voulu se servir de l’archétype de cette surpuissance.

Propos recueillis par Palmina Di Meo.

TTO - Théâtre de la Toison d’Or


Galerie de la Toison d’Or, 396
1050 Ixelles