Désordre Public

Théâtre | Théâtre Le Public

Dates
Du 16 septembre au 5 novembre 2011
Horaires
Tableau des horaires

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+32 2 724 24 44

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Désordre Public

La célèbre auteure québécoise, Prix littéraire de langue française, nous conte une histoire de relation entre jeunes gens où l’on fait face à cette « étrange étrangeté » de l’autre et de soi-même. À travers une cinquantaine de séquences menées tambour battant, en « shortcuts » comme au cinéma, et convoquant une trentaine de personnages autour de son héros, la pièce propose une photographie de notre société occidentale. Elle porte un regard tendre et amusé sur la jeunesse et le sens de la vie, elle nous chuchote des secrets sur le théâtre et les artistes, elle dénonce avec force notre incapacité à aimer, elle ironise sur nos manques et nos faiblesses, elle nous parle de bonheur collectif et de compassion. Elle nous invite, avec légèreté ou profondeur, à plus d’empathie pour notre humanité... sans concessions.
Assistanat à la Mise en Scène : Alice LopezScénographie et costumes : Fabien TeignéLumière : Laurent KayeRégisseur : Kévin SageStagiaire régie : Simon Plume

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4 Messages

  • Désordre Public

    Le 18 septembre 2011 à 04:47 par deashelle

    Alors qu’il commence tout doucement à ne plus se sentir exister, il perçoit les bruits des autres, les bruits d’âme et du cœur des autres passagers de la vie. Est-il en train de devenir fou, schizophrène, à devoir ainsi être le témoin de leurs transports intérieurs ? Egoïste dans l’âme, il rejette cette nouvelle faculté, sous-entendant qu’il a déjà bien assez à faire avec ses 5 sens pour survivre. Mais il ne peut s’empêcher de parcourir ce chemin obligé de la compassion. On tombe donc avec lui dans la cour des miracles de notre société contemporaine, faite de solitude et de « foule sentimentale assoiffée d’idéal ». Il y a tous les paumés de la vie qui se trompent de reflet dans le miroir. Dans le kaléidoscope, on rencontre des personnages cocasses, dont l’enfant surdoué. Mais on se serait aisément passé des allusions à la politique belge puisque tout se passe au Québec, terre de rêve. Laissez-nous donc rêver ! … Extraits de tubes planétaires,on invite même des spectateurs à danser. Tout cela est très peace and love. Le matériau est donc souvent décousu, hétéroclite ou expérimental, mais la vie n’est-elle pas que chaos et expérience ?On retiendra le très beau monologue final de Max qui donne une profondeur humaine à la pièce. « Plus j’entends, plus je disparais. Je suis le réceptacle de tous leurs maux. On traîne tous les échos superposés de ce qui s’est dit. Je suis devenu les autres, (rires). Suis-je devenu un grand acteur, enfin ? Mais je n’ai plus de vanité. Personne ne fait le poids de centaines d’ êtres humains. Le monde m’envahit, j’entends tellement loin que je n’entends plus rien. Tout se superpose, tout s’empile pour me rendre sourd. Je ne peux plus rien dire, je n’ai plus de mots. Tous ces balbutiements… quelque chose dont je ne trouve pas le sens ! »

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  • Désordre Public

    Le 5 octobre 2011 à 03:37 par JosiCau

    Il y a de bonnes choses et d’autres moins bonnes. C’est assez décousu, chaotique et parfois énervant. La chanson d’introduction, avant le début de la pièce, répétition à souhait des mêmes paroles et mélodie lancinantes(pendant dix bonnes minutes), met les nerfs à contribution. Un personnage muse en bruit de fond, pendant que les autres parlent... Supportable pendant une minute, pas plus.
    Je n’ai pas beaucoup aimé cette pièce. Peut-être n’étais-je pas suffisamment réceptive ce soir-là.

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  • Désordre Public

    Le 11 octobre 2011 à 11:04 par chrisdut

    Je reviens juste du théâtre "Le Public" et voici mon avis à chaud. Super chouette, décoiffant. Un grand "patchwork" de scénettes diverses sur la vie qui nous entoure. Les gens que l’on croisent, proches ou inconnus. Leurs pensées nous sont dévoilées via Max qui devient leur réceptacle. Cette pièce nous perturbe, nous déstabilise car elle ne correspond pas à nos habitudes théâtrales. On tente de s’accrocher à du concret et finalement, on doit se laisser aller, prendre tout celà comme ça vient. On y rit, on y danse également. La troupe est super chouette et dynamique. Les changements de costumes sous nos yeux , des accessoires en permanence crée un doux délire qui nous emporte et nous bouleverse. Beau travail, très original. Courez-y !

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  • Désordre Public

    Le 19 octobre 2011 à 03:06 par Hedwig Cooremans

    J’ai été vraiment ravi de Désordre Public. J’avais lu le texte, comme j’ai le propos de traduire la pièce en néerlandais. (J’ai déjà traduit Des Fraises en Janvier ; j’aime bien De La Chenelière.) Voilà pourquoi j’ai profité de l’occasion d’assister.
    Je ne saurais jamais -même pas en mille ans- être capable d’élaborer une mise en scène pour une pièce de ce genre. Celle-ci m’a surprise ; quelle fantaisie, monsieur Max ! Je vous félicite. Et quelle facilité, quel naturel d’interprêtation de toute la troupe.
    En plus, on a bien ri.
    Un ami qui m’accompagnait avait la même opinion.

    Je vous remercie de tout coeur de cette belle soirée.

    HC

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Vendredi 7 octobre 2011, par Jean Campion

Dans la tête des autres

C’est "la fascination de l’autre" qui a poussé la comédienne québécoise Evelyne de La Chenelière à se lancer dans l’écriture théâtrale. A son actif, déjà une bonne dizaine de pièces, dont "Des Fraises en janvier", son plus gros succès. Créée en 2004 à Montréal, sous le titre "Aphrodite 04", "Désordre public" est l’aboutissement d’une expérience théâtrale originale. Durant un mois, au terme de chaque représentation, l’auteure acceptait de modifier son texte. Cette pièce sur la capacité de s’ouvrir aux autres séduit souvent par son humour ou l’émotion qui se dégage de certains monologues. Mais, malgré les ajustements, elle laisse une impression brouillonne et manque de punch.

Pourtant le spectacle démarre nerveusement. Une pantomime illustre la fièvre urbaine. Des gens courent de tous côtés, avant de s’entasser dans un autobus. Plongée dans sa lecture, une fille nous incite à "fixer les regards des autres pour mieux les pénétrer". Elle est interrompue brutalement par un homme excédé : il ne supporte pas qu’elle lise son "torchon" à haute voix. Or, les autres passagers le confirment, elle n’a pas ouvert la bouche. C’est ainsi que Max découvre qu’il entend les pensées des autres.

Cette faculté, qui menace son identité, l’angoisse. Il craint la schizophrénie et cherche du réconfort chez un ami féru de spiritualité chinoise ou chez sa mère, une vieille baba cool. En vain. Sa femme exaspérée lui confirme sèchement sa volonté de rompre. Rendue célèbre par un feuilleton télévisé, cette Ariane Letendre est une actrice sympathique, qui signe avec plaisir des autographes. Son ambition artistique ne la détourne pas des autres. Contrairement à Max, qui, selon elle, est un comédien condamné au chômage par son égocentrisme. Maintenant que les questions, les doutes, les rêves des autres l’envahissent, comment rester lui-même, pour... interpréter des rôles ?

Plusieurs personnages récurrents relaient Max, pour témoigner de leur difficulté à briser leur solitude. Crevant de jalousie devant son succès, la voisine d’Ariane Letendre prend sa place et n’hésite pas à enfiler sa chemise de nuit, à lire son courrier. Un surdoué de huit ans impressionne par ses jugements lucides sur le comportement des adultes. Une femme est tentée d’annuler son premier rendez-vous, pour continuer à être convoitée par quelqu’un. C’est grâce à des monologues prenants, interprétés avec sensibilité par Emilienne Tempels, Sophie Jonniaux et Mirabelle Santkin, que l’on perçoit les failles de ces électrons libres.

Certaines scènes joyeuses exaltent la convivialité. Ainsi des spectateurs sont invités à participer à une partie de tennis et plus tard à venir danser sur le plateau. La ferme où l’on dit merci aux lapins, avant de les tuer et la chanson "Let the sunshine in" nous replongent dans l’ambiance "peace and love". Malheureusement quelques séquences nébuleuses ou sans intérêt alourdissent le spectacle, gênent sa progression et incitent certains comédiens à forcer le trait. Jeu caricatural à l’opposé de celui d’Olivier Coyette, qui incarne Max avec sobriété et un certain détachement. "Désordre public" (un titre difficile à justifier !) propose de beaux moments de théâtre mais aussi des trous d’air. Davantage de rigueur aurait rendu cet éloge de l’empathie plus convaincant.

Théâtre Le Public