Mercredi 18 janvier 2012, par Samuël Bury

Des mottes, encore des mottes

Dans « Le signal », il en pleut, plic-ploc, du début à la fin. Un rappel à la terre sans doute et à toutes les métaphores qui y prennent racine. Peut-être même un fil conducteur un peu faible à ce spectacle qui aborde 5 histoires très singulières, 5 biographies qui ont en commun le décrochage par rapport aux lourds carcans sociétaux, 5 formes de marginalité très vivantes. On en retient de la puissance et du cri libérateur mais on capte aussi un penchant à la bordélo-comédie.

Si la mise en scène collective montre une face hétéroclite et improbable incitant clairement à la curiosité, l’autre amène à plus de décrochages. Celle qu’on apprécie, c’est par exemple la somme des objets d’apparence décoratifs et qui révèlent petit à petit leur fonction symbolique (les tabourets qui deviennent totem) ou dramatique (le piano et sa mise en abîme du récit). Celle qu’on déplore, c’est par exemple un magma incertain de scènes sans lien apparent qui suscite davantage d’inattention que de réelle implication de la part du public.

Mais le jeu est bon, sportif et délirant ; les 5 comédiens approchent tout autant l’individualité que la cohésion de groupe avec beaucoup de talent et surtout beaucoup de senti. Entre leur entrée et leurs sorties où ils se dissimulent sous un parka à capuche et des lampes frontales (comme des promeneurs de nuit incertains, errant dans le non sens), ils dévoilent des êtres à vif, abandonnant le temps d’une histoire les codes du langage lisse.
Cette pièce est poétique finalement. Mais on peut lui reprocher un manque de clarté dans son assemblage, comme si on avait voulu retirer une boule de l’Atomium par souci esthétique...