Cuisine et dépendances

Bruxelles | Théâtre | Théâtre Royal des Galeries

Dates
Du 14 septembre au 9 octobre 2022
Horaires
Tableau des horaires
Théâtre Royal des Galeries
Galerie du Roi, 32 1000 Bruxelles
Contact
http://www.trg.be
infos@trg.be
+32 2 512 04 07

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Cuisine et dépendances

Jacques et Martine, couple apparemment sans histoire, accueillent de vieux amis qu’ils n’ont pas revus depuis dix ans. Ils ont organisé un dîner en l’honneur du mari de Charlotte, devenu présentateur-vedette à la télévision. Parmi les invités figurent aussi Georges, le copain hébergé et Fred, l’envahissant frère de Martine. Au cours de la soirée, la tension monte, la présence de celui qui a réussi déchaîne admiration, envie, jalousie et agressivité.
Tout cela est vu de la cuisine, où les convives viennent tour à tour se livrer, se plaindre et s’expliquer. La maîtresse de maison, entre deux plats, est dans tous ses états pendant que les personnages dévoilent, petit à petit, leurs névroses respectives…
Dans cette comédie sociale pertinente, Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri partagent un même regard et une même envie de bousculer nos torpeurs, nos paresses et nos conformismes.

Distribution

Avec Bénédicte Chabot, Catherine Decrolier, David Leclercq, Frédéric Nyssen et Dominique Rongvaux.
Mise en scène : Patrice Mincke
Décor et costumes : Lionel Lesire

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Vendredi 30 septembre 2022, par Palmina Di Meo

Cuisine et dépendances

A la création de la pièce, il y a plus de 30 ans, Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri recevaient 4 Molières dont celui du meilleur spectacle comique. Mythique par ses dialogues incisifs, cette comédie de mœurs plait toujours au public. La nature humaine ne change pas et notre époque est plus que jamais attachée aux gloires éphémères. Télé réalité, vedettes de pacotille, bimbos siliconées, les médias nous renvoient sans cesse les images d’un monde superficiel où l’apparence joue un rôle prépondérant.

Jaoui et Bacri décortiquent avec férocité notre admiration teintée d’envie pour les personnages pâles au physique avantageux. Ils imaginent un diner organisé par le couple Jacques et Martine, la quarantaine, en l’honneur d’un ami perdu de vue depuis 10 ans et devenu présentateur-vedette à la télévision. Pour l’occasion, ils réunissent quelques copains parmi lesquels Georges, un copain qui squatte le canapé du salon de manière permanente - Fred, l’envahissant frère de Martine et Marylin un brin vulgaire mais aux formes pulpeuses, sa compagne - Charlotte la femme de la "star" télé qui feint un amour parfait avec son amant après avoir consacré sa jeunesse à la carrière de son mari.

Les auteurs, qui attachent une grande importance à la construction de leurs pièces, réussissent à entretenir le phantasme en occultant les personnages principaux (la vedette et Marylin) dont on ne cesse de parler. Car toute l’action se passe en coulisses - en l’occurrence la cuisine - où tout ce beau monde se croise et confie au passage ses frustrations. Apparaissent alors l’insatisfaction, les névroses, les magouilles et les mensonges de ces "paumés" des temps modernes.

Tout commence avec l’arrivée des invités invoquant un embouteillage pour excuser deux heures de retard, ce qui embarrasse Martine, la maîtresse de maison, qui a déjà dévoré une partie de zakouskis...

Patrick Mincke réussit une mise en scène sobre où les dialogues hybrides glanés dans ce va-et-vient entre la cuisine et les dépendances (salle à manger) devenues sulfureuses dressent progressivement le portrait d’une société où la liberté d’être soi est mise à l’épreuve par des conventions futiles.

Une belle brochette de comédiens rompus aux répliques caustiques du rire. Catherine Decrolier, Frédéric Nyssen, Dominique Rongvaux, Bénédicte Chabot et David Leclercq tiennent le public en haleine et donne à la pièce tout le relief qu’elle mérite.

Palmina Di Meo

Théâtre Royal des Galeries