Circus ’68

Bruxelles | Théâtre | Théâtre de Poche

Dates
Du 12 mai au 16 juin 2018
Horaires
Tableau des horaires
Théâtre de Poche
Chemin du Gymnase, 1 A 1000 Bruxelles
Contact
http://www.poche.be
info@poche.be
02-649.17.27

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Circus ’68

Un cabaret burlesque et enragé sur le mythique printemps des barricades. Une mise en scène de Charlie Degotte pour deux acteurs protéiformes entourés d’un collectif de créateurs. Ils réinventent pour nous les pavés et la plage, les CRS et les manifs, les slogans d’anthologie et les lacrymos, la poésie des affiches en sérigraphie et l’accordéon des usines en grève.

Un spectacle-reportage à travers ce joli mois de mai 1968 qui fut à la fois, en France, le plus grand mouvement social de l’après-guerre, avec ses dix millions de grévistes, et le creuset de toutes les contestations de la fin du XXème siècle : féminisme, écologie, anticapitalisme, mouvement anti-guerre, critique de la famille patriarcale, éducation antiautoritaire, libération de la parole, autogestion...

Deux mois pour refaire le monde. Jusqu’à ce paradoxal premier bilan : les grévistes arracheront la semaine de 40 heures et de fortes augmentations salariales (+ 35% pour le SMIG), mais De Gaulle triomphera aux élections législatives du 30 juin.

Et pendant ce temps, en Belgique...

Distribution

De et avec : Claude Semal et François Sikivie | Mise en scène : Charlie Degotte

Avec la complicité d’un collectif de créateurs (dont Guillaume Istace à la création sonore)
Une coproduction du Théâtre de Poche et du Théâtre du Chien Ecrasé

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7 Messages

  • Circus ’68

    Le 12 mai à 12:28 par C. ThéO

    Mai (2018) comme si nous étions en Mai’68.
    Messieurs Claude & François (pas Claude François) nous font re.Vivre, re.Découvrir, ...
    tout ce que Mai’68 a apporté, affronté, gagné, perdu, prolongé, précédé, ...
    et ce avec des seconds rôles de 1er choix :
    ’la matraque, l’accordéon, les chaises, les brosses ramassette, ...’
    Autant de dérision que d’authenticité !!!
    Un sans faute pour toute l’équipe de cet incontestable spectacle, et aussi pour le Théâtre de Poche <3
    ps.
    dommage que le Public ne réagisse pas davantage, pê faudrait’il le chauffer 3 :)

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  • Circus ’68

    Le 12 mai à 14:24 par hello

    Le spectacle a lieu dans un petit chapiteau de cirque, à l’ambiance calfeutrée et proche des personnes.
    Sur scène deux chaises et deux comédiens, Claude Semal et François Sikivie, deux vrais artistes qui à partir de deux chaises et une belle créativité font un spectacle.
    A deux, ils nous racontent, ils nous expliquent, ils nous décrivent, ils nous jouent mai 68. Depuis le 1er pavé lancé en mars dans la vitrine de la Pan Am contre la guerre au Vietnam jusqu’au triomphe de De Gaulle aux législatives à la fin du mois de juin...et le départ en vacances... lls nous parlent de l’occupation de l’Université de Nanterre, du déplacement vers la Sorbonne, du mouvement qui prend de l’ampleur, de ces trois fleuves, le fleuve étudiant, le fleuve ouvrier et le fleuve paysan qui en se rejoignant ont fait mai 68...
    Spectacle simple, varié, intelligent et intéressant. Chaleureusement applaudi.
    Un vrai bon moment ! et pédagogique en plus.
    A allez voir !

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  • Circus ’68

    Le 1er juin à 19:07 par anouk

    J’y allais pas plus" inspirée" que cela par le thème/résumé et bien j’ai adoré ! on a passé un super moment, l’energie des comédiens est contagieuse, la mise en en scène, le travail corporel, les touches musicales, apportent un rythme entrainant sur un thème historiquement intéressant.

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Mardi 22 mai 2018, par Jean Campion

Un Spectacle-reportage pertinent et irrévérencieux

1968, les jeunes s’agitent. Un peu partout dans le monde, ils protestent contre la guerre menée par les Etats-Unis au Vietnam. En Belgique, les étudiants flamands, qui réclamaient "Leuven vlaams", obtiennent gain de cause. La France voit la crise étudiante déboucher sur le plus important mouvement social d’après-guerre. C’est ce printemps des barricades que Claude Semal et François Sikivie nous racontent dans un cabaret burlesque. Ils ne s’appuient pas sur leur vécu (l’un avait 14 ans et l’autre 9) mais sur une solide documentation, pour nous proposer un spectacle-reportage lucide et impertinent.

"Mai mai mai Paris mai...", la voix de Nougaro se mêle aux cris, aux éclats de grenade et aux commentaires des radios. Sanglés dans leurs costumes vieille France, monsieur François et monsieur Claude écoutent le montage, puis nous expliquent avec précision comment de Nanterre à la Sorbonne, la contestation a fait tache d’huile. Un feu de brousse que le premier ministre feint d’ignorer. Reçu par le shah, Georges Pompidou admire les beautés de l’Iran et... vend des armes. Tour à tour étudiants et CRS, les deux compères miment lancements de pavés et charges musclées. Une évocation dérisoire de la pagaille des barricades. Cependant la révolte étudiante sera bientôt épaulée par la jacquerie paysanne et la mobilisation ouvrière. Cette convergence de trois fleuves déchaînés paralyse tout le pays. Plus d’essence, ni de train, ni de métro. Dix millions de grévistes. En mai, fais ce qu’il te plaît. Des Français s’interrogent sur leur boulot et le sens de leur existence.

Pour retracer la sortie de crise, les comédiens se servent d’un humour plus débridé. Retour clownesque de Cohn-Bendit déguisé en étudiant espagnol. Escapade mystérieuse de de Gaulle à Baden-Baden, qui prend des allures de fuite à Varennes. Loufoque. Avec une grossièreté revigorante, le général Massu remonte les bretelles du chef de l’Etat, qui se ressaisit. Semal et Sikivie unissent leur voix, pour donner du poids à l’allocution radiodiffusée du 30 mai : "Je ne me retirerai pas..." Un électrochoc pour les gaullistes et le glas pour mai 68. L’UDR, parti du général, s’apprête à remporter triomphalement les élections législatives. Et les communistes renoncent à la grève, en espérant toucher les dividendes des avancées sociales. Les politiciens reprennent la main, l’essence revient dans les pompes et les Français partent en vacances.

Au début du spectacle, les auteurs s’engagent à respecter les faits. Ils tiennent parole, corrigeant même certaines erreurs répandues. Mais dans ce cabaret burlesque, ils nous amusent par des caricatures, suggèrent des réflexions et laissent percer leur sympathie. Ils reprennent avec ferveur des slogans provocants comme "Soyez réalistes, demandez l’impossible." et se montrent caustiques, en chantant les mérites de "La Matraque". L’image de de Gaulle est contrastée. "Premier You Tubeur de l’histoire, puisqu’il avait une télé pour lui tout seul", il apparaît comme un président hégémonique, qui nationalise à tout-va et s’oppose à "la chienlit". Dépassé un moment par les événements, il fait front, mais se sentant désavoué, il n’exploite pas sa victoire. A sa façon, il respecte la démocratie. Son référendum suicidaire de 1969 le confirmera. Pour tourner en ridicule les querelles entre gauchistes et communistes, les comédiens poussent les spectateurs à se battre à coups de slogans antagonistes. Une joyeuse pagaille ! Tout aussi désopilante, la scène où, dans la peau d’un psy délirant, François Sikivie rend fou son patient, en se laissant emporter par la cascade de mots déclenchée par "père".

"Circus 68" respecte la chronologie et nous donne une vision claire de cette France en ébullition. Sans tomber dans le didactisme. Grâce à la gouaille, à l’autodérision des comédiens et à l’inventivité du metteur en scène, Charlie Degotte. Dans ce petit chapiteau, le public complice s’amuse à voir des balayettes devenir des hélicoptères ou les sourcils broussailleux de Pompidou. En écoutant la chanson qui démystifie les "trente glorieuses", nous réalisons que le passage d’Yvette Horner à Bob Dylan reflète une évolution positive et dangereuse. Cà et là, on perçoit la nostalgie de rêves inaboutis, mais les auteurs ne dressent pas de bilan. Cette révolte inattendue, qui aurait pu dégénérer en guerre civile, a changé la vie des Français et a nourri la plupart des contestations d’aujourd’hui. Les fantômes de 68 nous rappellent que la démocratie se réinvente en permanence. C’est comme pour le vélo. Si on s’arrête de pédaler, on tombe.

Jean Campion

Théâtre de Poche


Chemin du Gymnase, 1 A
1000 Bruxelles