Mercredi 17 février 2010, par Edmond Morrel

Charles Dantzig, le Voltaire de notre siècle...

Trois remarquables essais sur la poésie ouvrent le dernier recueil de poèmes de Charles Dantzig. Un livre indispensable.

"La diva aux longs cils" est un livre essentiel. Pour ouvrir ce volumineux recueil de poèmes, Charles Dantzig a réuni trois brefs essais consacrés à l’art poétique, écrits respectivement en 2010, 2002 et 2003. Dans chacun le poète Dantzig essaie de définir la poésie. Il s’y interroge symboliquement ou effectivement comme dans l’essai daté de 2010 où Dantzig interviewe Dantzig dans un dialogue époustouflant.

"La diva aux longs cils" est un livre essentiel. Pour ouvrir ce volumineux recueil de poèmes, Charles Dantzig a réuni trois brefs essais consacrés à l’art poétique, écrits respectivement en 2010, 2002 et 2003. Dans chacun le poète Dantzig essaie de définir la poésie. Il s’y interroge symboliquement ou effectivement comme dans l’essai daté de 2010 où Dantzig interviewe Dantzig dans un dialogue époustouflant.

Mais à cette définition de la poésie, on ne sait si le poète, le traducteur, l’éditeur et l’encyclopédiste y sont parvenus. Il reste alors à lire la poésie elle-même et c’est un bonheur.

En tous cas, ces textes d’introduction sont un portail idéal pour entrer dans la sélection de poèmes choisis par Patrick McGuinness, poète anglais, né en Tunisie et traducteur de Mallarmé.

Dans le recueil, le lecteur vérifiera charmé la mise en oeuvre par le poète de ses tentatives d’élucidation de la poésie dont il dit qu’elle est "« la pensée d’à côté », dont il souligne l’importance de la mise en place graphique dans la page, avec des formulations magiques : « Autant la prose supporte le serré, le compact, le négligé, car c’est ainsi qu’elle est, un lad dans des culottes trop grandes et qui garde de la paille du box dans les cheveux, autant la poésie est un adolescent insolent et délicat qui a besoin d’un grand salon et d’air pur… »

On devine en refermant ce recueil et celui qu’il publie simultanément, une plaquette plus mince intitulée "Les nageurs" que ce Voltaire d’aujourd’hui est avant tout poète, même s’il essaie comme un gamin turbulent de se dissimuler derrière des dictionnaires, encyclopédies, romans, succès…

En 1996 Dantzig qui nie au poète sa faculté de pressentiment fermait son poème intitulé "Les Tours de Manhattan" par ces trois vers qui donnent le vertige :
« Cercueils debout pleins de vivants narguant la mort,
quilles que quelques uns voudraient voir renversées,
Tours de New York je vous salue » (258)

Lisez Dantzig. Il vous envoûtera de poésie.

Edmond Morrel

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