Vendredi 6 mai 2011, par Cindya Izza

Calme plat

Écrite par Shakespeare en 1611, « La Tempête » a inspiré une pléiade d’illustres artistes de toutes disciplines tels que Beethoven, Tchaïkovsky, Aimé Césaire ou encore Aldous Huxley. Gageons que cette adapation-ci ne restera pas dans les annales.

Il est toujours douloureux d’avoir à annoncer un mauvais bulletin. Malgré un grand nombre de bonnes idées potentielles et une louable volonté de se démarquer, cette « Tempête » souffre peut-être d’un trop-plein d’enthousiasme dans sa réalisation et tombe malheureusement à plat.

Un trop grand nombre d’éléments (pour ne pas dire d’artifices ) viennent, au mieux, alourdir l’ensemble, au pire, nuire franchement au déroulé de la pièce. Signalons avant toute chose les « effets spéciaux », trop nombreux, mal choisis, mal agencés ou mal coordonnés : projections d’animations sur un écran de fond dont on ne voit pas toujours bien la pertinence, musiques et bruitages trop nombreux, parasitant souvent le texte, au son parfois approximatif, marionnette géante qui aurait pu faire son effet mais qui pâtit d’une mauvaise manipulation, sans parler des fumigènes qui, à entendre divers témoignages, ont incommodés pas mal de personnes dans l’assistance.

A noter également : un problème manifeste de déplacements tout au long de la pièce. Les chorégraphies sont approximatives, les changements de décors trop longs et laborieux cassent un rythme déjà inconstant (ces énormes bâches de sol figurant le sable et l’herbe étaient-elle vraiment nécessaires ?) ; et à maintes reprises, les acteurs semblent ne pas savoir où se placer, voire passent carrément devant les projecteurs. Enfin, le texte souffre trop souvent d’excès de cabotinage.

En résumé, un spectacle surchargé et qui donne un sentiment de « pas encore au point ». La mention "2h15 sans entracte" figurant sur le programme n’a malheureusement pas empêché une bonne partie du public de s’enfuir discrètement avant la fin de la pièce.

C.I.