Lundi 26 septembre 2011, par Caroline Paillard

Bernard, Léonil et Jean-François…

C’est encore un peu éberluée que nous entamons la rédaction de cette critique. À croire qu’il faut avoir été martyrs pour faire preuve de grâce et de finesse théâtrales au point de réellement frôler la perfection ! Vous pourriez penser que j’exagère mais il n’en est rien. Il s’agit simplement d’un texte splendide interprété par deux acteurs de mérite. Rien de plus.

Certes, aller voir la pièce alors que vous vous souciez de l’univers littéraire français du 19e siècle comme d’une guigne, n’est pas conseillé. Il se pourrait très fortement que Gustave et Alexandre vous laisse indifférent. Si, par contre, vous affectionnez (ou du moins si vous n’y êtes pas fermé) les domaines d’étude que sont l’Histoire et la littérature, si vous appréciez les œuvres de Dumas (ou leurs adaptations), vous risquez probablement, vous aussi, de sortir du théâtre tout simplement ravis.

Narrant librement la veille de l’exil de Dumas à Bruxelles, l’auteur belge Jean-François Viot nous offre un Dumas succulent. Occupé, à la fois, à la rédaction de ses mémoires et de son livre de cuisine, ce bonhomme brillant – mais aussi coquin, capricieux et espiègle ! – est affublé d’un valet tout aussi cocasse que lui dont l’alternance entre admiration et sarcasme engendre de nombreuses joutes verbales plus que savoureuses.

Côté mise en scène, le décor est superbe, très bien travaillé au point que les touches de réalisme forcent naturellement le respect. L’aisance et l’aplomb des acteurs sont sidérants (les quelques fautes de diction n’entachent pas leur prestation, que du contraire ! Elles les rendent plus authentiques) et les clins d’œil à notre plat pays n’en sont que plus savoureux.

Voilà donc une pièce très réussie qui, si elle ne donne pas envie de lire ou de relire de Dumas à quiconque se trouve dans la salle, c’est promis, nous mangeons notre chapeau (ainsi que la plume !)

Carole Glaude

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