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Emballez, c'est pesé

Bruxelles | Théâtre | Centre culturel Bruegel

Quanddu 6 January 2009 au 24 January 2009

Nombre de vote: 0
Janvier 2009
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Emballez, c'est pesé

Dix acteurs face au public sur une estrade. Ils vont s'affronter en vingt trois scènes très rythmées, des scènes à deux comédiens, reprenant le principe de la ronde de Schnitzler. La pièce traite de la peur de l'étranger, avec un humour décapant, qui ne fait pas dans la dentelle mais se révèle très efficace. Exemple, cette réplique du charcutier à son apprenti: "Tu incarnes la décadence, tu incarnes le cosmopolitisme dans un pays qui a fait du boudin tradition sa racine!" Une pièce alerte, impertinente et joyeuse.

Avec:
Julie Quiriny, Mélanie Robin,Florence Roux, Babetida Sadjo, Laura Vossen, voir cet artisteCarole Weyers, Abdel El Asri, Benoît Pauwels, Jean-François Rossion, Simon Wauters.

Assistante: Mélanie LAmon
Décors et costumes: Aurore Cecchinato.

Du mardi  au samedi à 20h30
Réservations: 02 503 42 68 ou info@ccbruegel.be
12€ / 8€ Art 27/Arsene 50/ 5€ Groupes scolaires / 6€ Carte Riverain

www.ccbruegel.be




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Il y a 5 avis sur " Emballez, c'est pesé"


Djalivotre score 36 22/01/2009 - 11h14 (id :838)

Chouette spectacle, très bien interprété. La mise en scène d'Yves Classens
est bien et les petites touches décalées sur les costumes très réussies.Je
me pose simplement la question quand à la portée du texte, à son caractère
novateur. Je n'ai pas été transporté, touché. Le message est clair,
limpide mais ne me donne pas vraiment à réfléchir, il nous conforte...Ma
déception tient plutôt au fond qu'à la forme. Et je suis sans doute à la
recherche de créations artistiques qui me bousculent plus.

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Gaetan Fvotre score 146 13/01/2009 - 22h14 (id :812)

C'est une très bonne pièce dans le sens où avec le thème abordé il est facile de tomber dans les clichés...Je parle du cliché de base (racisme primaire et autres vacuités d'esprit)
Ici, à l'instar de l'écriture, le jeu est bien ficelé. Les saynètes s'enchainent et le rythme est bien soutenu. Bravo à Yves Claessens pour la mise en scène. Faut dire qu'il connait bien les comédiens (tous des anciens du conservatoire)  On ne s'ennuie pas du tout. Le lieu est vraiment agréable, une salle pas trop grande. Ce qui permet d'être proche des comédiens. C'est d'autant plus agréable à suivre...


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ericbxlvotre score 22 10/01/2009 - 16h23 (id :798)

Dans la pièce « Emballez c’est pesé », jouée au Centre Culturel Bruegel, il y a du boudin et on tire sur les étrangers. Le thème du racisme est omniprésent, c’est en effet la peur de l’inconnu, de l’étrange,  d’une autre culture. J’aime quand ça bouge et ici j’ai été gâté, avec aussi un fil conducteur dans les costumes.  L’histoire de la pièce ne m’a pas emballé, par contre, le jeu des 10 acteurs est EXCEPTIONNEL, tous de même qualité, c’est très rare !  
La salle était comble !

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Marcvotre score 91 09/01/2009 - 11h44 (id :796)

Dans l'enceinte un peu glauque du Centre Culturel Bruegel se joue pour l'instant une pièce qui vaut vraiment le détour. "Emballez, c'est pesé", malgré un début un peu poussif et quelques petites facilités dans l'écriture, est en effet un spectacle réjouissant où une dizaine de jeunes comédiens occupent, deux par deux, le devant de la scène. A tour de rôle, ils incarnent des personnages gravitant autour d'une charcuterie, ultime rempart de la civilisation. On rit fréquemment aux dépends de ces personnages veules, grossiers et ordinairement racistes.
Sur ce thème des stéréotypes, l'auteur évite de plus l'écueil habituel : en faire une pièce "à thèse" trop moraliste ou consensuelle, comme on en voit (beaucoup) trop souvent. La mise en scène très juste d' Yves Claessens, en particulier les éclairages et les déplacements, parachève cette réussite.

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justanothermanvotre score 26 07/01/2009 - 10h04 (id :791)

Oeuvre traitant du racisme latent.'Le trottoir est la limite de la tolérance',nous devons nous reconnaître dans la petitesse des personnages incarnés dans la pièce.
La peur de l'autre,la quête d'un 'bonheur matériel' ,le sexe grossier, la manipulation...
Texte criant d'actualité .JM Piemme est notre Pierre Desproges!
Un jeu efficace et nerveux!
'Emballez,c'est pesé' :une réussite.
 Pensez à réserver :hier,salle comble!

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Tollé sur l’intolérance

"Une fois les êtres humains définis exclusivement par la bouffe et le sexe, on les plonge dans un univers traversé par deux données : la peur et l’argent." C’est ainsi que le metteur en scène Yves Claessens analyse les ingrédients d’ "Emballez, c’est pesé !". Dans ce cocktail explosif, Jean-Marie Piemme dénonce les préjugés, étale la bassesse humaine et stigmatise le rejet de l’autre. Sans leçon de morale et avec une ironie mordante, qui rend la pièce tonique et décapante. Dommage qu’elle ne s’appuie pas sur un scénario plus consistant.

Dès les premières scènes, on ressent l’âpreté des rapports humains. Une clocharde proteste violemment contre la concurrence des étrangers : l’aide alimentaire, c’est uniquement pour les "pure souche" ! Cependant la charcutière lui annonce qu’elle ne recevra plus les restes, parce qu’elle a osé en demander au charcutier d’en face, un Arabe ! La trahison se paie cash. Le charcutier, lui, est franchement ignoble. Il méprise, maltraite et exploite son apprenti, parce qu’il est juif. Mais son antisémitisme ne l’empêche pas de lui proposer une combine foireuse, pour torpiller le marchand de merguez. Ecoeurée par sa xénophobie et son avarice, sa soeur se résout à travailler dans un peep show. Elle aussi vendra sa viande. Le charcutier semble regretter cette initiative, mais sans scrupule il deviendra voyeur incestueux.

Même si elles mettent aux prises des individus moins antipathiques, la plupart des autres scènes sont marquées par la violence du plus fort, qui impose sa loi. Ces affrontements maintiennent une grande tension dramatique, mais leur brièveté nous empêche de cerner les personnages. Dans "Toréadors" ou "Dialogue d’un chien avec son maître sur la nécessité de mordre ses amis", Jean-Marie Piemme nous laissait le temps d’apprivoiser les héros, enthousiasmants par leurs coups de gueule et émouvants par leurs fêlures.

Le découpage en vingt-trois séquences , qui s’enchaînent comme dans "La Ronde" de Schnitzler, nuit également à la cohérence de l’intrigue. Mais par sa mise en scène souple et discrète, qui imprime à la représentation un rythme alerte, Yves Claessens compense intelligemment cette faiblesse. Il a même la coquetterie de glisser dans chaque costume une référence au damier rose et blanc de la charcuterie, sous forme de col, de noeud papillon, etc. L’unique élément de décor est un énorme cochon, qui trône au milieu de la scène. Pub pour le "boudin tradition", tirelire pour charcutier cupide ou symbole de la lubricité sommeillante, il contemple les différents combats de son regard hargneux.

Et ces duels sont menés avec beaucoup de punch par des comédiens remarquablement dirigés. Simon Wauters endosse le rôle de l’apprenti avec l’autorité insolente de Scapin. La froideur cynique, affichée par Benoît Pauwels, exprime efficacement le racisme buté du charcutier. Chéribibi, un travelo, incarné avec élégance par Jean-François Rossion, ouvre et ferme le spectacle. Ce personnage ambigu nous incite à remettre en question notre façon de regarder les autres... L’aveuglement, ça se soigne ?

Jean Campion



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