Il y a deux sortes de corps Le chorégraphe français Jérôme Bel a fait ses débuts en 1994 avec Nom donné par l’auteur, un spectacle fascinant, dadaïste, une « poésie d’objets » dans lequel deux acteurs observent le corps humain du même regard que celui avec lequel ils rangent sans cesse une série d’objets. Ensuite, Bel a reçu la demande de réaliser un deuxième spectacle pour « expliquer » le premier. Cela a donné Jérôme Bel (1995). Il y part de la question : qu’est la danse ? À quels codes minimaux un spectacle de danse doit-il répondre ? Il faut un corps. De la musique. Et de la lumière. Corps : il y a deux sortes de corps, l’homme et la femme et leur degré zéro, la nudité. Le degré zéro de la musique se situe dans la voix humaine : une femme fredonne toute la partition du Sacre du Printemps de Stravinsky durant le spectacle, tandis qu’une autre porte la lumière sous sa forme la plus élémentaire, une ampoule. Ce que les acteurs faisaient avec les objets dans Nom donné par l’auteur, à savoir tester toutes leurs possibilités d’usage et autres, les danseurs le font avec leur propre corps dans Jérôme Bel par Jérôme Bel. Dans le quotidien De Morgen, la critique de danse Myriam Van Imschoot qualifia Jérôme Bel de « croisement entre Woody Allen et Jan Fabre ». Vous auriez déjà dû réserver vos billets !