L’humour décapant de « Purgatoire » à la croisée de l’Enfer et du Paradis ! Efficacement servi par une brochette de comédiens talentueux, cette pièce propose d’égratigner les côtés obscurs de l’homme et les névroses du quotidien… Tout ce qu'on ne veut pas être mais qu'on est tous à un moment ou un autre, tout ce qu'on ne dit pas mais qu'on pense, tout ce qu'on prétend ne pas faire mais qu'on fait, tout ce que l'on affirme sans savoir... Au bout de dix chapitres aussi drôles que cyniques, jamais agressifs, qui abordent les grandes obsessions philosophiques de la naissance à la mort en passant par l’art et la politique, vous aurez aisément compris que le purgatoire, c’est quand on est vivant qu’il faut y penser ! Les séquences nous plongent dans des situations pour le moins originales comme la réunion des antipathiques anonymes coachée façon vipère en passant par celle d’un groupe d’anarchistes plus pointilleux sur les règlements que des fonctionnaires, le bureau de tabac tenu par une inconditionnelle de Mallarmé (et de Questions pour un champion !) sans oublier la fameuse scène de la maternité, avec la rencontre des nouveaux-nés dans leurs bancs de couveuses ! On rit à perdre son âme en suivant la trajectoire de ces personnages pleins de failles, terriblement humains. Fi des conventions : Dominique Bréda met de la joie à tous les étages, faisant de son Purgatoire un Eden tant on s'y bidonne. _ L'enfer n'a jamais été aussi drôle. Allez donc y purger vos peines ! Catherine Makereel, Le Soir