Le XXe siècle aura produit son grand opéra surréaliste - ou plus exactement pataphysique : Le Grand Macabre de Ligeti, d'après Michel de Ghelderode. Sur la scène de cet « anti-antiopéra » (sic) s'agitent Spermando et Clitoridia, la nymphomane Mescalina, le chef de la police politique (une soprano coloratur ivre de ses vocalises), capturés dans un noir tourbillon de grinçantes parodies musicales : Monteverdi, Beethoven, Don Giovanni, Offenbach et... Ligeti, ainsi qu'un mémorable contrepoint de klaxons en guise d'ouverture. Tout cela pour ridiculiser « le maître absolu », comme l'appelait Lacan - Nekrotzar, Sa Majesté la Mort, même pas fichue de déclencher la moindre fin du monde. Ligeti, qui visait la brutalité de l'Ubu Roi de Jarry et l'onirisme de Charlie Chaplin, s'était acoquiné avec Roland Topor pour les décors de la création - la seule production qu'il aura jamais bénie. A l'initiative de La Monnaie, le _ gang des intrépides Catalans de la Fura dels Baus reprend le flambeau. _ _ La Monnaie _ 15:00