Cette soirée de répertoire réunit trois œuvres de jeunesse d’Anne Teresa De Keersmaeker. Le Quatrième quatuor à cordes de Béla Bartók fut la première partition de musique du début du XXe siècle que la chorégraphe se risqua à approcher, en 1986. Sa subtilité rythmique lui inspira un quatuor de femmes vigoureux, joueur et insolent. Avec la Grande fugue de Beethoven, la chorégraphe foulait en 1992 un nouveau territoire : celui d’une virtuosité à la fois masculine et aérienne, serrant au plus près le contrepoint musical. La soirée se clôture sur un « duo à trois » inspiré par la Nuit transfigurée de Schoenberg : le tourment amoureux s’y déploie dans un registre expressif que De Keersmaeker qualifie d’« effrontément romantique ». Arc-boutés à trois pages essentielles de l’histoire de la musique, trois moments-clés dans le parcours d’une chorégraphe, où négocient âprement l’écriture abstraite et le sens narratif.
Musique
Béla Bartók String Quartet No.4, Sz.91. (extrait de Bartók, Notes) Ludwig van Beethoven Große Fuge, op.133 Arnold Schoenberg Verklärte Nacht, op.4