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Archives des arts de la scène
Site d’archive · Les informations sont conservées à leur date de publication.

Ars musica - City Sonic - Tranculture installations

2016-11-14

Affiche du spectacle
Dates
2016-11-14 — 2016-11-27
Lieu
Halles de Schaerbeek
rue Royale Sainte-Marie, 22b 1030 Schaerbeek
Schaerbeek
Catégorie
Spectacle
Let there be light - Olivier Gain
Plusieurs bougies sonorisées entourent une ampoule qui les surplombe. Différents événements séquencés dans le temps sont amenés à les perturber. Parmi ceux-ci on trouve tout d’abord l’ampoule que l’on voit posée au zénith. Quand celle-ci entame son cycle progressif d’allumage, les bougies suivent en chœur montant crescendo vers les aigus. L’ampoule électrique contrairement à une bougie, dispense une lumière continue, stable. Sa constance permet un court moment de mettre au diapason les bougies disposées à ses pieds. Les bougies quant à elles sont sujettes aux variations directes de leur milieu. Un simple changement de pression dans l’air (courant d’air) et celles-ci se mettent à vaciller.
Le timbre donné aux bougies a été retenu pour sa proximité avec celui de la voix humaine. L’idée est de produire l’effet d’une « chorale lumineuse » attendant la venue d’un événement cyclique d’une intensité supérieure. Il y a quelque chose de solennel et d’incantatoire dans leur comportement. Enfin, l’impact simultané de la lumière et de l’air sur le son ajoute au dispositif une dimension atmosphérique. Ce dernier qualificatif souligne que chaque milieu exerce une influence sur sa population, symbolisée ici par les bougies. En effet, tous les éléments constituant cette installation entrent en interaction les uns avec les autres dans un cycle perpétuel.

Flower Bed - Rodolphe Alexis
Un tapis de fleurs artificielles rejoue la partition musicale d’une prairie estivale riche en insectes…Semant la confusion sur l’origine et la nature des sons, les sources mélangent de véritables enregistrements acoustiques de l’entomofauna à des sons d’insectes virtuels électroniquement générés. Ces « fleurs haut parleurs » composées de petits transducteurs campés sur leurs tiges métalliques sont disposés de manière faussement désorganisée avec de maigres bouquets épars. L’auditeur peut en faire le tour et s’approcher de chaque « fleur haut-parleur » pour entendre le détail des voix isolées, ici les stridulations d’un orthoptère, là l’oscillation d’un générateur basse fréquence, sans toutefois parvenir à distinguer clairement ce qui est d’origine naturelle ou électronique.

Dream Away - Régis Contentin
Un haïku est un petit poème qui célèbre l’évanescence des choses de la vie. Il se compose traditionnellement de mores, un découpage des sons plus fin que les syllabes. Le digital permet de créer une synchronisation organique entre le son et l’image, donnant l’illusion que chaque sonorité porte en elle sa représentation, comme dans un haïku. Dream Away présente l’oscillation d’une ligne de lumière intelligente qui devient de plus en plus organique, jusqu’à l’apparition d’un être ou d’une chose fantastique. La musique de Paradise Now, elle, engendre des liaisons et des ruptures de rythmes inattendues qui provoquent autant d’événements étonnants. Les déflagrations visuelles et sonores suggèrent une évolution dont on attend le dénouement pour trouver le sens de la conformation synthétique.

Jacques Urbanska & Philippe Boisnard - Paysage de la catastrophe: Fukushima
Un paysage sans reste d’humanité se crée de manière continue. Il est un reflet poétique d’une terre dont nulle conscience n’est plus témoin. Il y a eu destruction. Cette terre, c’est Fukushima.
Ce paysage se modifie automatiquement par l’analyse des flux d’actualités en rapport avec la catastrophe nucléaire de Fukushima Daïchi mis en ligne sur le Web (les dénivelés et les textures de lettres sont issues de l’analyse automatisée de ce reste de la mémoire écrite). Par l’analyse des mots, la composition se fait en temps réel. Elle se donne comme une symphonie de la fin du monde.
Ce paysage est post-historique. Il n’écrit plus l’histoire. Il est le reflet d’un monde où l’homme a disparu, mais dont il ne reste plus que les traces sous la forme des archives. Une caméra automatique explore ce paysage : nous faisons face à sa solitude.
Pour cette première présentation, Philippe Boisnard s’associe à Jacques Urbanska pour générer le paysage médiatique de la catastrophe qui s’est produite en 2011. La son générée en temps réel est créée à partir des agencements audio réalisés par Philippe Franck.