Dans cette nouvelle production de théâtre musical, le metteur en scène Pierre Audi expose la Passion selon Saint Jean de Bach dans une scénographie toute en sobriété, basée sur les images du plasticien Wim Delvoye. L'intégrale des Passions de Bach fournit la matière narrative d'une réflexion contemporaine sur le rôle de la religion et sa revendication combattante de la vérité, sur l'identité et les conflits qu'elle suscite, et enfin sur la souffrance et la compassion. Dans son Via Crucis, l'iconoclaste Wim Delvoye examine tout au rayon X et réduit la vérité religieuse à un misérable amas d'ossements – ossements de simples souris. Dans le contexte actuel de polarisation, le compositeur israélo-palestinien Samir Odeh-Tamimi nous apporte les sonorités bienfaitrices de la réconciliation : sa musique réunit l'avant-garde occidentale et les chants Soufi séculaires comme dans une double hélice – l'ADN de la compassion ?