Woyzeck
2015-03-19

- Dates
- 2015-03-19 — 2015-04-04
- Lieu
- Institution
- Fiche du lieu
- Catégorie
- Théâtre
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_ Pour écrire Woyzeck, Georg Büchner s’est inspiré d’un fait divers de 1821. Un soldat, perruquier et vagabond, est accusé du meurtre de son amante, veuve d’un chirurgien. Sous sa plume, l’histoire devient celle d’un jeune soldat qui tente tant bien que mal de survivre. Il vit avec Marie, une femme légère qui le trompe et qui a un fils qu’il prend pour sien. Pour subvenir à leurs besoins, il devient un objet d’expérience pour la science et se met au service du capitaine de la garnison. Humilié par l’un, rabaissé par l’autre, abusé dans ses sens, cet homme au coeur simple, confusément hanté par l’idée d’une bonté universelle, voudrait juste s’offrir le luxe de penser ; mais lorsqu’il soupçonne Marie de le tromper avec le tambour-major – le don Juan du régiment – sa douleur mûrit et l’idée de la tuer naît en lui. Voilà ce qui, en recollant les quarante-neuf morceaux ou fragments sans numérotation ni pagination que l’auteur a laissés, peut être résumé de l’histoire. Mais celle-ci peut tout aussi bien être contredite, adaptée, recomposée par chaque metteur en scène qui s’attaque à l’oeuvre – dont Bertolt Brecht qui fut le premier à la faire connaître au 20ème siècle. Chaque fragment peut tout aussi bien fonctionner de façon autonome, sans rapport de causalité, sans mise en perspective au regard d’une fable.
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_ Après Hamlet (dont on retrouve d’ailleurs des références évidentes dans Woyzeck), ce qui intéresse Michel Dezoteux, dans cette deuxième proposition sur le chemin théâtral de la folie, c’est de préserver cet état fragmentaire, cet inachèvement, cet aspect « art brut » de la pièce qui révèle les soubassements mystérieux de notre fragilité humaine. Woyzeck est une figure qui garde toute son opacité : rien n’est vraiment explicité de son cas. Le comportement de cet homme ordinaire n’est qu’une accumulation de fragments. Sa pensée va, sans cadre et sans limites, à travers le monde, toujours fébrile, toujours à fleur de peau, toujours taraudée par le doute. Monter la pièce aujourd’hui représente très certainement un défi, du fait de son caractère énigmatique, mais surtout parce qu’elle va en sens contraire d’un monde qui voudrait tout savoir, tout comprendre et tout expliquer. La pièce nous amène à l’inverse, là où il n’y a pas de sens, à creuser en vain dans « la blessure ouverte » comme le disait Heiner Müller, dans la béance et les abysses noirs de l’existence humaine.
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_ AVEC: Karim Barras, Azeddine Benamara, Eric Castex, Inès Dubuisson, Fanny Marcq, Denis Mpunga
_ CRÉATION LUMIÈRE: Eric Vanden Dunghen
_ CRÉATION COSTUMES: Odile Dubucq
_ MAQUILLAGE: Jean-Pierre Finotto
_ ASSISTANAT À LA MISE EN SCÈNE: Glenn Kerfriden
_ MISE EN SCÈNE: Michel Dezoteux.
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_ Un spectacle du Théâtre VARIA en collaboration avec le centre des Arts Scéniques (CAS)
