Richard Wagner, qui voyait en Beethoven un modèle, entretint toute sa vie des ambitions symphoniques. Dans ses jeunes années, il composa de nombreuses ouvertures, et même deux symphonies, et il ébaucha jusqu’à sa mort des oeuvres purement instrumentales. Bien que sa musique strictement orchestrale soit souvent restée à l’état de projet, ses drames musicaux comportent de superbes pages symphoniques, parfaitement mises en valeur quand elles sont jouées seules. Outre les célèbres « Vorspiele » qui résument l’essence du drame, on en trouve surtout des exemples dans Tannhäuser – avec sa longue scène de ballet ajoutée pour Paris – et le Ring – comme Siegfrieds Rheinfahrt, la marche funèbre et la scène finale de Götterdämmerung, sans oublier Siegfried Idyll, que Wagner composa sur des thèmes de Siegfried et offrit en guise de cadeau d’anniversaire à son épouse Cosima.