Hamadi - Mohamed El Boubsi pour l’état civil - est le père. Soufian El Boubsi est le fils. Le premier est un enfant de l’exil. Il débarque en Belgique à sept ans dans les bagages de ses parents. Et se nourrit rapidement aux idéaux de démocratie, de liberté, de laïcité… Soufian, lui, est né en Belgique où il est chez lui avec ses attaches, ses repères et ses engagements. Le père et le fils sont tous deux intéressés par les grandes questions contemporaines du religieux, de la circulation des idées et des idéaux, du choix de la langue qu’on parle et du pays où l’on vit, du communautarisme, des droits de l’homme, de la politique comme questionnement permanent sur le vivre ensemble dans nos cités modernes. Au départ de leur propre expérience, ils ont décidé non pas de livrer leur histoire vraie mais d’écrire une vraie histoire, celle de deux personnages aux choix tranchés : le père, nourri aux Lumières, sera sans concession devant tous les fanatismes; le fils, lui, séduit par les replis identitaires, remettra en cause la pertinence des choix du père et optera pour la fidélité infaillible aux origines et pour la sécurité de la foi, des valeurs communautaires et des ancrages dits intangibles. Par leur universalité, les personnages de Sans ailes et sans racines nous rappellent ceux de En attendant Godot de Beckett. D’un Beckett nourri aux thématiques de la migration, de l’ailleurs, de l’Autre, de la liberté des moeurs, de la religion, des femmes, des rapports avec l’occident… _ De et avec Hamadi et Soufian El Boubsi - lumières : Michel Delvigne - une coproduction Charge du Rhinocéros/Théâtre de Namur-Centre Dramatique/Théâtre de l’Ancre - avec le soutien de la Cocof.