Quelques jours plus tard, au gré de recherches infructueuses pour retrouver quelque papier administratif, elle farfouille dans son sac, et voilà le bouquin qui jaillit. Curieuse, toute considération administrative oubliée, elle en parcourt les pages. “Amour, que j’aime à baiser les beaux yeux de ma maîtresse, et à tordre en ma bouche de ses cheveux l’or fin qui s’escarmouche dessus son front astré comme les cieux. J’ai vu pire comme sexto.” Ainsi écloront les Jungles, toiles musicales miniatures brillantes comme du papier aluminium, où la profondeur parfois désespérée de l’auteur trouve son miroir dans la voix mutine et les arrangements lumineux de Sabine Happard. Personnage d’une “caustique candeur, un poil mystérieux”, un piano, une voix, aucun tabou musical, une fausse simplicité touchant… C’est un monde, Happard!