«Je suis venu au monde très jeune dans un monde très vieux.» Ce soupir du compositeur Erik Satie, à la fois piquant et mélancolique, semble inspirer son œuvre, à l’instar de La Belle Excentrique, paradoxale «fantaisie sérieuse» qui donne son titre au récital de Patricia Petibon. Après avoir participé à la création d’Au monde de Philippe Boesmans, Patricia Petibon revient à la Monnaie pour une soirée oscillant entre sérieux et humour, gravité et fantaisie, la chanteuse s’inspirant notamment de la Belle Époque, de l’insouciance du Paris des «Années folles», et de l’amertume qui les a suivies. Dans ce programme éclectique, elle fait équipe avec Olivier Py qui troque volontiers son costume de metteur en scène pour celui de cabaretier. Originale, drôle, piquante... En définitive, la belle excentrique ne serait-elle pas Patricia Petibon elle-même ?