Deux hommes et deux femmes se retrouvent dans un lieu non-identifié, à une heure pâle, pour se raconter des histoires. Entre réel et fictionnel, c’est une sorte d’« after » suspendue sur fond d’électro. On ne sait plus très bien ce qui s’est passé, si on existe encore, ni même qui on est. Un moment d’hébétude post- traumatique où l’on tâte son corps, où l’autre est une ombre, où l’on tente de se faire vivre encore un peu... Nothing Hurts, c’est l’histoire de jeunes qui s’injectent de la fiction comme une drogue pour pouvoir encore ressentir quelque chose. Écrit en 1999 par l’auteur allemand Falk Richter,Nothing Hurts traite de la porosité des sentiments à l’époque du virtuel : qu’est-ce qu’être proches ? A qui s’adressent les « je t’aime » ? Armel Roussel met en scène les quatre personnages dans un environnement brut, comme une proposition minimale proche d’une scénographie naturelle où il est possible d’« oublier » que l’on est au théâtre. A l’origine fruit d’un travail présenté dans le cadre du Conservatoire de Liège, le spectacle a été créé au GRÜ / Théâtre du Grütli (Genève-Suisse) en février 2010, et reprise auThéâtre LesTanneurs en petite salle. Cette reprise fait l’objet d’une nouvelle version dans la grande salle, envisagée dans sa longitudinalité.