Les méandres obscurs Avec MCBTH, le metteur en scène Guy Cassiers prolonge son « anatomie du pouvoir ». Si Macbeth est l’une des pièces les plus sombres et les plus sanglantes de Shakespeare, le personnage est aussi l’un des plus poétiques, éloquents et imaginatifs qu’il n’ait jamais créé. Son introspection dramatique est une analyse acérée de la manière dont un être humain se perd dans les méandres les plus obscurs de sa personnalité et entraîne le monde entier dans l’anéantissement. MCBTH souhaite aller à l’essentiel de la pièce. En réduisant radicalement le nombre de personnages, Guy Cassiers se concentre sur celui de Macbeth et quelques proches. Ces dernières années, la musique et le chant ont joué un rôle toujours plus important dans les spectacles de Cassiers. Avec le compositeur Dominique Pauwels – qui a écrit la musique très encensée de Bloed & rozen. Het lied van Jeanne en Gilles (Sang & roses. Le chant de Jeanne et Gilles) – Cassiers franchit une nouvelle étape : la musique et le chant n’accompagnent plus seulement l’action dramatique, mais en font partie intégrante et deviennent des acteurs à part entière. Musique et chant représentent le décalage permanent entre réalité et hallucination. Les chanteurs rejoignent les comédiens, pour mettre à nu une dimension que la parole dissimule et refoule. Cassiers évoque également cette tension à travers l’usage du contraste entre la présence physique des acteurs et la matérialité du décor d’une part, face à l’immatérialité de la projection d’images d’autre part. Par le biais de l’interaction profonde entre parole, image et chant, MCBTH tend à dévoiler une part de la poésie cruelle dont la pièce est porteuse.