Loin de Linden
2016-08-19

- Dates
- 2016-08-19 — 2016-08-20
- Lieu
- Château du Karreveld
avenue Jean de la Hoese, 3 1080 Molenbeek-Saint-Jean
Molenbeek-Saint-Jean - Catégorie
- Théâtre
Eugénie est fille de garde-chasse. Et flamande. Sa famille est pauvre et nombreuse, on y met les enfants aux champs dès que possible et les heures de lecture se font en accompagnant les chèvres au pré. Elle vit avec une fratrie pleine de vie, avec la campagne comme terrain de jeu. Marie-Claire, elle, vient de l’aristocratie. À la maison, comme chez tous les gens bien éduqués, on parle français. Une bonne éducation qui est au centre de tout, car de même qu’on élève les garçons pour réussir, on apprend aux filles tout ce dont elles ont besoin pour trouver un mari. On se tient bien – toujours, partout –, on ne se laisse jamais aller, on étudie, on va à l’opéra, aux dîners mondains, etc. Les seuls moments enfantins sont ceux grappillés sur les genoux de la cuisinière, femme aimante faisant figure de maman parce que père et mère sont trop occupés pour passer du temps avec les gamins.
"Attention, c’est une pièce où l’on rit beaucoup de par l’interprétation des deux comédiennes. En premier : Véronique Dumont qui fait vivre son personnage avec une certaine douleur mais avec une franche partie de joie. Le ton qu’elle donne à Eugénie est d’une formidable vérité, sa gestuelle également, ses éclats de rires sonores, ses gestes de tous les jours où elle prépare deux tasses de café, sa façon de manger une petite tartine en la trempant dans sa tasse, et l’accent qu’elle prend mi flamand mi wallon. Elle est incroyable. On a envie de l’aimer !
Valérie Bauchau , c’est tout le contraire . Elle représente bien la haute société, le côté quelque peu bcbg. Elle est discrète et observatrice. Elle est belle à ravir. On a aussi envie de l’aimer.
Un duo féminin que l’on n’est pas prêt d’oublier."
Roger Simons - Les Feux de la Rampe - 10 février 2016
"Deux vieilles dames que tout oppose et qui ne se sont rencontrées qu’une fois dans leur vie, sont convoquées par leur petit-fils pour vider un vieux contentieux familial. Ca pourrait sentir le fond de grenier un peu poussiéreux ou se contenter d’une opposition binaire simpliste : la paysanne flamande contre la bourgeoise francophone. C’est tout le contraire qui se passe avec le beau texte de Véronika Mabardi, qui d’un mépris de classe qu’elle a vécu (largement inspiré de ses deux grand-mères) fait un dialogue fictif qui réconcilie ses deux moitiés d’orange. Avec une tendresse sans mièvrerie. Et un humour qui irrigue le texte, porté par deux formidables interprètes. Véronique Dumont, impayable drôlesse en "paysanne" du petit village de Linden, sans éducation mais non sans bon sens, une vraie servante de Molière ressuscitée, accent flamand eu prime. Et Valérie Bauchau fille de bourgeois ruiné par la crise de 1929 et qui a roulé sa bosse, sa morgue et son appétit sexuel d’Alexandrie aux Amériques : forte femme, maîtresse de son destin, en dépit des malheurs du temps : la morgue d’un Don Juan en jupons, la prétention d’une femme savante mais qui finit par s’attendrir en écoutant la ….femme de Sganarelle raconter sa vie. Ce n’est pas un mince éloge de pouvoir comparer ces deux "personnages" féminins belges du XXè siècle, très "typées", aux prototypes du prince inégalé du comique social français. La force comique est là qui permet de parcourir, de 1910 à 1960 un morceau d’histoire de Belgique…toujours pas réglé."
Christian Jade - RTBF
