Les Mardis de l'art
2016-02-16

- Dates
- 2016-02-16 — 2016-02-16
- Lieu
- La Vénerie / Espace Delvaux
rue Gratès, 3 1170 Watermael-Boitsfort
Watermael-Boitsfort - Catégorie
- Cinéma
Le Cirque de Calder
Un film de Carlos Vilardebo (19' – 1961)
En 1929, Calder fait un cirque avec des bouts de ficelle, des fils de fer, des morceaux de tissus, des bouchons, des petits bois. Un cirque fait comme un jeu d’enfant, génial, bricolé, inventif, plein de poésie et de drôlerie. Il le range dans une valise qui est maintenant au Witney Museum à New York Il aurait voulu prévoir d’autres numéros, mais alors il aurait eu besoin de deux valises et il s’est arrêté. Parfois, devant ses amis, il ouvrait sa malle aux trésors et montrait les lions, les trapézistes, les lanceurs de couteaux, la danse du ventre. Le film capte une de ses représentations données dans le grenier de la maison de Calder et nous met sous le charme de sa voix à l’irrésistible accent américain qui commente et présente le spectacle comme Monsieur Loyal, tandis que son grand corps est agenouillé sur un coussin et ses énormes mains de sculpteur manipulent ses petits personnages, déploient les accessoires de chaque numéro avec une précision de dentellière. Sa femme, à la sono, met les disques de musique foraine qui accompagnent les dompteurs ou les équilibristes. Un film qui a simplement voulu capter un moment de magie, de poésie et d’humour et qui y est parfaitement arrivé.
Roland Roure, constructeur de machines ludiques
Un film de Deidi von Schaewen, François Vie (27’-1983)
On revient, avec Roland Roure, à l’esprit d’enfance. Mais que l’on ne se méprenne pas, il s’agit d’esprit de poésie, d’innocence au monde, bref de création. Nous sommes dans le monde de Prévert, de Chagall, d’Izis, dans celui du regard émerveillé, celui qui voit le roi nu et, avec humour et tendresse, remet en place les conventions. Roland Roure fait des sculptures-jouets sur des choses très simples : les landaus, les bateaux, les charrettes, les girouettes. Il n’y a pas de deuxième ou
troisième degré, mais une évidence immédiate et pleine de charme. Son univers s’impose. On l’écoute raconter ses souvenirs de petit garçon, on le voit travailler avec des matériaux pauvres - boîtes de conserves, ficelles, bouts de bois - comme les gamins zaïrois ou les galopins des quartiers pauvres, ceux qui fabriquent leurs jouets puisqu’on ne leur en offre pas. Ses créations sont filmées en mouvement, dans le sable ou un paysage qui ne les met pas en valeur. Mais elles sont là, face à un homme qui dit : "Je n’aime pas les belles matières".
