Les routes migratoires vers l’Europe se ferment les unes après les autres. Une seule route reste “ouverte” : la plus dangereuse, la plus longue, celle dite du Canal de Sicile, en Méditerranée. Les migrants embarquent sur des plages de Libye, parfois d’Égypte, espérant rejoindre l’Italie. Les embarcations fragiles ne tiennent pas la mer, ploient sous le nombre de passagers, se cassent par le milieu. Les migrants partent sans eau et sans nourriture avec quelques bidons d’essence et souvent un téléphone portable pour appeler les secours. Ils n’ont aucune chance d’atteindre Lampedusa par leurs propres moyens. L’opération militaire européenne Sophia, lancée en juin 2015, vise à surveiller et identifier les canots. Les navires engagés sauvent des vies, même si ce n’est pas leur mission première. Parallèlement, des ONG ont affrété́ leurs propres bateaux, dont l’unique mission est de secourir les naufragés. Les photographies présentées ont été prises par Edouard Elias et recueillies à bord d’un de ces navires, l’Aquarius, affrété par SOS Méditerranée en mars et avril 2016.